Le Far West – The Game

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On va encore nous dire que nous sommes méchants avec The Game, mais c’est tellement mérité…

Il y a sans doute une part de masochisme chez nous. Non pas pour le plaisir de l’enfermement, ça on le sait depuis longtemps, mais plutôt pour l’étrange idée de retourner chez The Game alors qu’on n’aime pas leurs créations. Cette enseigne est étonnamment surcotée depuis 7 ou 8 ans, elle produit des aventures qui auraient pu être incroyables en 2014 ou 2015, mais qui ne tiennent absolument pas la comparaison avec les salles qui ouvrent depuis des années à Paris. Mais on y retourne quand même, déjà parce qu’il ne nous reste plus grand-chose à jouer de bien dans la région parisienne, et aussi parce qu’on a eu une belle surprise avec leur Mission secrète, à laquelle on ne s’attendait pas.

Le Far West

Nous partons à Molly Town, en pleine ruée vers l’or, pour comprendre ce qui a pu arriver à un chercheur récemment disparu.

Marion, alias Le Mulot, nous accueille à l’entrée de la ville et nous explique qu’elle est la tenancière du Saloon. Elle nous raconte l’histoire de Molly Town dans une introduction aussi longue et interminable que le dîner de Django Unchained. Mais cela passerait encore si l’enseigne n’avait pas une fois de plus fait dans la radinerie et si elle payait des costumes à ses GM. La pauvre Marion fait ce qu’elle peut dans son tee-shirt rouge The Game pour être crédible, mais il est difficile de s’immerger et de se croire au Far West et non à Paris en 2026. Après tout ce n’est que l’introduction, on pense encore à ce moment que l’aventure va nous plaire.

La suite n’est malheureusement pas vraiment mieux. Si les décors sont plutôt jolis, sans être au niveau d’excellence de ce que l’on pouvait déjà rencontrer en 2021 quand le Far West a ouvert, l’espace de jeu est petit et le reste n’a pas beaucoup d’intérêt. Les énigmes alternent du bon et du moins bon, je me laisse porter pendant les dix ou vingt premières minutes, jusqu’à un élément qui me fait hurler mentalement et repenser immédiatement au pire de The Game, le Braquage du casino en 2016. Cette enseigne a une étonnante capacité à détruire ses aventures pour des économies incompréhensibles. Toutes les salles ne misent pas sur les interactions des GM et leurs compétences de comédiennes et comédiens, mais dans ce cas pourquoi concevoir des scénarios avec des voix enregistrées et refuser de payer des acteurs voix ? Car comme dans le Braquage, on retrouve dans le Far West une voix de Cow Boy sans doute enregistrée par tonton Robert qui a toujours cru être bon en imitations. C’est absolument dramatique et ça n’a aucun sens pour cette enseigne qui est la plus grande de Paris. À compter de cette séquence, je sors totalement du jeu et je subis presque la suite, jusqu’au final très décevant.

On ressort sonnés d’un tel niveau, je n’arrive pas à comprendre comment les joueuses et joueurs peuvent noter 5 étoiles ce Far West. Si vous donnez 5 étoiles à ça, comment notez-vous Le Grand Hôtel de Paris, les salles du Donjon, les Deep Inside, le Fléau du Druide, ou même les références plus anciennes comme One Hour ou la Lock Academy ? C’est sincèrement une incompréhension. Je vais conclure ce bulletin par « Se contente du strict minimum pour avoir la moyenne, mais pourrait tellement mieux faire ».

L’avis de Fylodindon

Après quelques épisodes malheureux et notamment la désastreuse Station Spatiale, nous avions décidé de ne plus faire les salles de The Game… Jusqu’à ce qu’on se laisse convaincre, à raison d’ailleurs, par la Mission Secrète. Aveuglés par ce succès, on ne s’est pas assez méfiés en rempilant pour ce Far West, et on l’a très vite regretté.

Une salle sur ce thème, c’est plutôt facile à mettre en ambiance. Un chapeau de cowboy et un pistolet 6 coups, ça fait la blague. Pourtant notre GM va nous briefer avec un beau sweat-shirt rouge floqué du nom de l’enseigne et nous servir le brief le plus long de l’histoire. Déjà qu’on n’écoute jamais les briefs, alors là j’étais à deux doigts de m’endormir. Le pire c’est que lorsqu’on lui fait remarquer, elle nous rétorque que ce sont les proprio qui ne veulent pas qu’ils se déguisent… Sérieux ? Y a 45 chapeaux qui traînent dans ta salle. T’en récupères un et le tour est joué.

Bref, on fait notre deuil de la mise en ambiance et on entre dans le saloon, point de départ de notre expédition. Ici le décor est plutôt joli, sans être non plus inoubliable, mais les énigmes ne sont pas des plus passionnantes. Mais après tout, c’est juste la mise en bouche et la salle est bien notée par la communauté, je reste donc confiant pour une suite que j’espère monter crescendo. On avance donc à bon rythme et on atteint le point où on quitte le saloon, en route pour de meilleures aventures. Et là, c’est la douche froide…

En effet, ce saloon que je trouvais plutôt moyen, s’avère en vérité le seul moment potable de cet escape, tant la suite m’a désespéré. Entre les voix enregistrées dignes des pires soap de la TNT, des décors très moyens et des énigmes tirées par les cheveux, je me rappelle alors pourquoi on ne voulait plus faire des salles de The Game.

Le reste, je vais le vivre en mode automatique, tant je m’ennuie. J’y mets aussi sans doute de la mauvaise volonté, je le reconnais, mais proposer une blague pareille en 2026, ce n’est pas acceptable quand on est une enseigne comme The Game. Les décors sont bof, les énigmes sont vues et revues quand elles ne sont pas pénibles, les voix sont risibles, les GM se contentent du strict minimum. Quand on voit ce qui se fait ailleurs, comment on peut encore choisir sciemment de s’infliger ça ? Bref, cette fois c’est sûr, je ne mettrais plus les pieds chez eux. Et je ne saurais que vous conseiller d’en faire de même…

Le site de The Game

Nous avons payé pour cette aventure, oui, je sais, ça fait mal.

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