Paris 13.11.2015

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Vous l’avez tous vu, peut-être même vécu, hier la France a subi la pire attaque terroriste de son histoire ; la plus terrifiante également. J’ai un […]

Vous l’avez tous vu, peut-être même vécu, hier la France a subi la pire attaque terroriste de son histoire ; la plus terrifiante également.

J’ai un peu honte de le dire, mais jusqu’ici le terrorisme me paraissait lointain. Non pas que les différents crimes perpétués à travers le monde ne m’aient pas bouleversé, je ne suis pas non plus sans cœur, mais ça arrivait systématiquement aux autres : Irakiens, syriens, nigérians, turques, russes ou américains, pour ne citer qu’eux. Même en France, les attentats ciblaient généralement une certaines catégories de personnes à laquelle je n’appartiens pas (juifs, militaires, policiers essentiellement…). En remontant plus loin dans mon passé, j’ai pourtant connu l’attentat de Saint-Michel en 95, qui touchait également tout le monde sans distinction de race ou de religion, mais j’habitais alors la banlieue, je me sentais donc moins concerné.Et puis j’étais jeune et insouciant moins sensibilisé à tout cela aussi. Sans parler des victimes, bien moins nombreuses… Du coup, je ne l’ai pas vécu aussi durement qu’hier soir. Car hier soir, ça touchait tout le monde, n’importe qui au hasard, dans cette ville où je vis, ces quartiers où je vais. J’aurai pu être ce soir-là au Bataclan ou en terrasse de café. Mes amis, ma famille, des connaissances auraient pu s’y trouver (heureusement, tout le monde est sauf dans mon entourage). D’ailleurs, si j’habite à quelques encablures des zones touchées, je connais surtout énormément de monde qui vivent en plein cœur de cette « No-Go Zone » d’un soir, pour paraphraser Fox News. Tsokoa et Toma, de Polygamer, font partie de ceux-là. Un de mes amis à même prit une photo, montrant des bagnoles de flics, gyrophares allumés, « stationnées » pêle-mêle sous sa fenêtre.

Les réseaux sociaux et la surmédiatisation, à la télé et sur Internet, font aussi qu’aujourd’hui on vit ces événements intensément, presque en direct. Facebook t’exhorte à prévenir tes proches que tu es en vie. Twitter est devenu une tribune pour toutes celles et ceux qui recherchent une personne disparue, quand il ne nous faisait pas vivre l’événement de l’intérieur (je pense à un tweet notamment, d’une personne blessée, supposée coincée au 1er étage du Bataclan). C’est à la fois beau et lugubre. Tout ça, c’est nouveau pour moi… pour nous. Tout comme c’est la première fois de ma vie, en 40 ans, qu’on me déconseille de sortir de chez moi pour des raisons extra-météorologiques. Rendez-vous compte : En plein Paris, dans un quartier calme, un vendredi soir, on me déconseille de sortir de chez moi… Jamais je n’aurai pu l’imaginer.

Alors aujourd’hui, je n’ai pas envie de brandir un hashtag #JeSuisParis, #Pray4Paris ou tout autre slogan de soutien et d’espoir. J’ai d’avantage envie de brandir un bon gros #BandeDeFilsDePute au nez et à la barbe de tous ces barbares qui massacrent des populations innocentes et de tous ces connards qui, de près ou de loin, ferment les yeux devant ces exactions, voire les encouragent… même indirectement. Sans parler de tous ces fumiers qui profitent de la détresse des gens pour vomir leur xénophobie nauséabonde, nous renvoyant à une autre sombre époque de notre Histoire contemporaine. Ça ne changera rien, je vous l’accorde. Mais c’est tout ce qui me vient à l’esprit en ce moment.

Les jours qui viennent ne sont pas vraiment porteurs d’espoir en plus : Les récupérations politiques vont se multiplier, tout comme les amalgames et avec eux, les idéologies racistes. Et puis, n’oublions pas que la COP21 approche, si tant est qu’elle soit maintenue, et avec elle cette tentation de vouloir marquer le coup pour des groupes armés, déterminés et aveuglés par les conneries qu’on a bourré dans leurs crânes décérébrés. Ensuite ce sera Noël et les fêtes de fin d’année. Les centres commerciaux bondés, les gares noires de monde. J’espère que tout se passera bien.

Ce monde marche sur la tête. D’un côté, une partie nous pousse à l’extinction climatologique, au nom du pognon, du pouvoir, ou tout simplement du confort (et j’en fais certainement un peu partie d’ailleurs). De l’autre, des fanatiques nous assassinent au nom d’une religion dont ils osent se réclamer, tout en bafouant pourtant l’intégralité des valeurs qu’elle prône.

Allez tous vous faire bien enculer !

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