Gears of War: E-Day, le jour d’après

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Plutôt que de faire une suite à Gears 5, The Coallition a préféré revenir sur la genèse de la série et ce qui a amené Marcus a tronçonner du locust…

Emergence Day

Avec Gears of War 4 et Gears 5 (sans le « of War »), The Coallition avait entamé une nouvelle trilogie dans la célèbre saga ; une nouveau cycle d’abord centré sur JD, le fils de Marcus, puis sur Kait Diaz pour apporter une touche féminine au milieu de tout ce sang et ces viscères. Si le premier (enfin le 4) était plutôt sympatoche, j’ai beaucoup plus aimé le 5 qui finissait d’ailleurs sur un choix cornélien dont j’attendais beaucoup pour le futur Gears 6. A priori, je risque de l’attendre encore longtemps et je trouve ça bien dommage (mais bon, a priori je dois être le seul)…

L’escouade Bravo avec ses deux petits nouveaux qui vont forcément mourir un jour vu qu’ils n’existent pas dans les autres jeux.

Retour donc aux origines de la saga, avec E-Day (l’Emergence Day), préquelle du tout premier Gears of War sorti en 2014, qui s’attarde sur l’arrivée des locustes en surface et le massacre perpétué sur les humains qui en a découlé. La guerre est finie, Marcus et Dom sirotent une bière en souvenir du bon vieux temps et célébrant surtout la mémoire de Carlos, le frère de Dom, décédé au combat. Non loin de là, accoudée au bar, Mags Carter broie du noir, et Lucas Reyes se fait envoyer paître lorsqu’il vient faire sa groupie auprès de Marcus. Ces 4 personnages constitueront le quatuor de l’escouade Bravo, jouable en coop à 4 pour la toute première fois dans l’histoire de la série. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que si Mags Carter est plutôt réussie dans le genre lesbienne qui ne supporte pas l’autorité, le soin apporté à Lucas Reyes est tout autre tant son charisme est inexistant et son histoire sans intérêt. Même les trois autres gears ne vont avoir de cesse de lui manquer de respect tout au long de l’aventure, c’est dire. Bon courage à celui qui le jouera dans les parties à 4 joueurs, donc.

On débute avec une pauvre barre de fer, mais rassurez-vous ça ne va pas durer bien longtemps…

Bref, l’histoire débute en simples civils dans une ville qui ne sait pas trop ce qui lui arrive, lorsque de gigantesques crevasses se forment à sa surface. L’escouade part donc en touristes, avec leur bite et leur couteau (enfin sauf Mags du coup), et vont alors faire la connaissance avec les locustes, à commencer par les petites larves dont on tatannera la gueule à coups de barre de fer. Mais très vite on va trouver des armes à feu, et très vite on va rencontrer des locustes un poil plus gros, voire beaucoup plus gros. C’est parti pour une guerre comme jamais l’humanité n’en a connu, contre un ennemi avide de mort et de destruction, dont elle ne sait absolument rien. Si votre truc c’est le mou et chiant et le gameplay tout en subtilité, vous pouvez cliquer sur la petite croix tout en haut à droite de votre navigateur : C’est pas le propos du jour…

Quand on arrive en ville

Le jeu ne lésine pas sur le sang et les effets gores.

Cette chute de l’humanité s’accompagne d’une évolution assez réaliste de la ville de Kalona qui s’enfonce chaque heure un peu plus dans le chaos, et rarement il m’aura été donné de voir les conséquences d’une guerre autour du héros (en l’occurrence l’héroïne) que j’incarne. Les bâtiments sont en ruines, les corps humains comme locustes jonchent le sol, les crevasses, carcasses de voitures et corps calcinés ou sanguinolents se multiplient. L’horreur de la guerre dans toute sa « splendeur » y est parfaitement retranscrite ici. Le bémol toutefois, c’est que pour assister à cette transformation, le jeu use et abuse d’allers et retours dans les mêmes lieux visités plus que de raison et provoque parfois un peu de lassitude (« sérieux, on retourne encore sur ce pont ? »). Je suis également moins fan de ce cul entre deux chaises que le jeu adopte lorsqu’il s’agit des niveaux arpentés, tantôt couloirs plus ou moins exigus, tantôt open world avec quêtes annexes et collectibles à dénicher.

Très vite, on se retrouve à déambuler dans une ville en ruines, à feu et à sang.

J’ai trouvé les « couloirs » beaucoup plus réussis, car ils vont à l’essentiel et ne s’éparpillent pas trop dans la narration et le level design, là où les séquences en open world avaient tendance à nous perdre pour aller chercher une énième boite d’accessoires planquée je ne sais où dans le décor. Dans l’urgence de la guerre et de la survie qui anime l’escouade à ces moments-là, ce n’est pas forcément le plus cohérent de perdre son temps à chercher du loot. Car le loot, c’est l’autre nouveauté de ce jeu. Bien évidemment, on retrouve toutes les armes iconiques de la série qu’on peut modder à l’envi sitôt les accessoires trouvés et débloqués. Mais là encore, je ne suis pas convaincu, même si c’est appréciable de monter une lunette x3 sur son flingue ou d’avoir un boost de santé à chaque rechargement parfait. Dans n’importe quel autre jeu, j’aurai trouvé ça cool. Mais là clairement, ce n’est pas l’essence de la série et lui fait perdre en rythme, entre les phases de fouille et les pauses « modding ».

Du vieux avec du neuf

Le grand méchant de l’histoire est vraiment très méchant mais n’a pas l’envergure de Raam qui reste le boss ultime.

Graphiquement par contre, la série Gears of War a toujours été une vitrine technologique pour Xbox et ce n’est pas E-Day qui dérogera à la règle. Le jeu est absolument magnifique, un peu moins gris que les premiers jeux de la série, mais un poil plus gris que Gears 5 qui avait amené de la couleur en plus de la touche féminine. On retrouve la Gear’s Touch, à savoir des hommes (et femmes) gaulés comme des trolls, qui en plus portent des armures qui doivent peser une tonne chacune ; du coup forcément les déplacements sont lourds mais impactant (même si la fameuse CNN Cam a curieusement disparu). Entre ces soldats suréquipés et l’architecture gothique de certains édifices, l’univers de Gears of War n’est pas sans rappeler celui de Warhammer 40k (mais bon, je ne vous apprends sûrement rien). Toutefois, là où Space Marine 2 amenait des hordes sauvages Left4Deadiennes à dérouiller au corps à corps pour appuyer sa brutalité, cet E-Day se contente de faire ce que la saga a toujours fait, ni plus ni moins, et se paie même le luxe de faire moins bien et moins inspiré que Gears 5, que ce soit dans le bestiaire ou les mécaniques de gameplay.

Le Lanzor est probablement l’arme la plus classe de l’histoire du jeu vidéo…

En effet, on retrouve le gameplay classique du cover shooter des premiers volets, avec ce petit plaisir coupable de tronçonner des ennemis un peu trop passifs à la tronçonneuse. Alors c’est toujours aussi jouissif (et d’ailleurs on se gardera bien de ne pas garder un Lanzor dans son arsenal tout du long de l’aventure rien que pour ça), mais ça manque un peu de variété et c’est clairement une regression un peu incompréhensible en terme de comportement ennemis comparés à Gears 5. A leurs débuts, The Coallition avait été très sage avec les remake et le 4ème épisode, mais ils sont allés bousculer les codes de la série sur le 5ème… pour finalement revenir ici à un épisode plus-traditionnel-tu-meurs. C’est bien dommage. D’ailleurs le jeu n’est pas vraiment développé par The Coallition, ou du moins pas tout seuls, puisque People Can Fly (Gears of War Judgment) a filé un coup de main, pour un jeu estimé à plusieurs centaines de millions de dollars de coût de développement. Avec tout juste 500k unités vendues, Gears of War E-Day est un four monumental et paye le prix d’un retour à l’exclusivité voulu par la nouvelle direction de Xbox et l’exode massif des joueurs suite aux abus de la marque (hausse de prix, changement de formule du Gamepass et bien sûr, licenciements en masse). Bref, j’ai passé un très bon moment car ça reste une licence que j’affectionne particulièrement et parce qu’en coop c’est toujours cool, mais rendez-moi Gears 6 et Kait Diaz !

 

Testé sur PC parce que moi aussi j’ai fini par lâcher Xbox, avec un mois de Gamepass à 12 balles… tu m’étonnes que le jeu se vend pas.

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