Far Cry 6, la révolution n’aura lieu que sur Yara

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Ubisoft nous promet une révolution pour Far Cry 6 mais on parle bien du scénario. Car Far Cry reste Far Cry pour le meilleur comme pour le pire.

Bis repetita

Tout comme Ubisoft, je sais que je me répète à chaque Far Cry mais déjà cette année je ne vous fait pas le coup de reprendre mon test de Far Cry 5 pour ce nouvel opus.

Petit rappel des faits donc :

  • Far Cry est un jeu de tir à la première personne réussi et développé par Crytek qui fera par la suite Crysis.
  • Far Cry 2 est confié à un autre studio qui met véritablement en place toute l’essence d’un F.C.
  • Far Cry 3 reprend le travail de son ainé et gomme la plupart de ses défauts
  • Far Cry 3, Blood dragon est le premier skin reprenant les mécaniques du 3 dans une apparence retro/futuriste aussi délirante que réussie
  • Far Cry 4 est Far Cry 3 déguisé au Nepal
  • Far Cry Primal est Far Cry 3 déguisé à la préhistoire
  • Far Cry 5 est Far Cry 3 déguisé au Montana (avec quelques évolutions des mécaniques du jeu)
  • Far Cry New Dawn est Far Cry 5 déguisé en RPG post-apo
  • On peut même citer les DLC de Far Cry 5 déguisés au Vietnam, sur Mars et en monde zombies
  • Far Cry 6 est donc Far Cry 5 déguisé à Cuba
L’histoire est morcelée par région comme dans le 5. Mais fini la connerie des boss qui se déclenchent tout seul.

Donc ce dernier opus nous emmène sur l’ile de Yara, sombre copie d’un Cuba mêlant despote cruel, jungle luxuriante et plage paradisiaque. Si la map est grande, disons-le directement, elle ne m’a pas vraiment convaincue. Déjà je n’ai ressenti aucune excitation liée au retour aux sources de la série en revenant dans la jungle. C’était plutôt du déjà vu. Et si le premier opus était une claque à l’époque ou que le 3 était une franche réussite, l’environnement de Yara m’a laissé de marbre. Parfois joli, il est aussi parfois très banal voir dénué d’intérêt pour certaines zones.

Le jeu alterne entre le vraiment joli et des zones plus banales

Guérillero un jour, guérillero toujours

L’histoire quant à elle oscille entre le bon et le moins bon. Déjà l’intro prend un ton assez grave, le héros (ou l’héroïne, Ubi nous laissant le choix), perd deux de ses meilleurs amis. Alors qu’il était déjà orphelin, ça fait un peu beaucoup. Du coup il décide de rejoindre Libertad, le mouvement révolutionnaire. Si j’ai pas forcément accroché plus que ça, au moins le jeu commence « bien » dans un cadre sérieux avec un ennemi tout de suite charismatique (Giancarlo Esposito alias le méchant de Breaking bad entre autre). Alors que par la suite le jeu va se chercher entre humour décalé, principalement avec les amigos (nos compagnons d’aventure) et leurs missions dédiées où l’on va par exemple suivre un coq qui ravage des bâtiments administratifs et le sérieux de la situation, l’oppression du régime, les gens qui disparaissent ou qui sont torturés, les camps de travail forcé et j’en passe. Au final, à vouloir garder le cul entre deux chaises Far Cry fini par se vautrer.

Un méchant charismatique bien tristement utilisé

D’ailleurs plus on avance dans l’histoire et plus l’incompréhension est grande, en tout cas pour moi. La progression se fait en 3 grandes zones, avec chacune son arc narratif. Déjà la qualité m’a semblé inégale mais disons que c’est une convenance personnelle. Ensuite on se retrouve à devoir convaincre les leaders de chaque région de rejoindre le mouvement. Au passage, Ubisoft ne révolutionne rien et l’on fera le larbin de A à Z dans des missions assez creuses au niveau scénaristique. Mais bon bref. Plus l’on avance et plus le gouvernement en place renforce sa présence militaire (le niveau des ennemis dans les régions, ce qui permet de faire l’histoire dans n’importe quel ordre et de toujours avoir du répondant en face). Chaque progression majeure dans une région est rythmée par une petite cinématique (qui ont d’ailleurs une bien piètre qualité avec une chute d’images/seconde très notable) où l’on va suivre Anton Castillo, le dictateur de l’ile. Et plus l’histoire avance, plus il se révèle cruel, plus on apprend qu’on ne monte pas une révolution sans risque et plus le ton est grave et sérieux. Alors pourquoi derrière nous faire des missions aussi stupides ou des personnages haut en couleur qui fabriquent des armes loufoques. J’aurai vraiment préféré qu’Ubi s’en tienne à un jeu plus mature, plus sérieux.

De tous les trucs débiles, les combats de coqs sont les seuls qui m’ont fait marrer.

Dernier point négatif mais pas des moindres l’i.a. et certains respawn d’ennemis qui sont complètement abusés. Pas grand chose à dire sur la première puisque elle est inexistante. N’attendez pas d’éclat de ce côté, à part essayer de vous contourner les ennemis servent plus de chair à canon qu’autre chose. Pour le second point c’est encore plus problématique puisque certaines zones vont simplement se re-remplir d’ennemis avant que vous ayez fini de la nettoyer. Je pense particulièrement à une base aérienne (non capturable dans le jeu) que j’ai essayé de vider de ses ennemis discrètement. À chaque fois que je me déplaçais trop loin dans la zone, les ennemis tués précédemment réapparaissaient. On note également quelques apparitions tardives ou certains spawns scriptés qui font juste peine à voir en 2021.

C’est pas tout à fait la même chose mais ça me fait également penser à la dernière mission, tellement scriptée qu’elle en est complètement gâchée. Je vais pas pouvoir m’expliquer sans la spoiler donc j’en resterai là mais qu’est ce que je l’ai trouvée pénible. Dommage à un moment où j’étais enfin rentré dans le jeu et que j’en profitais pleinement. C’est un peu ça Far Cry 6, des montagnes russes, à un moment au sommet et tout du suite après dans le creux.

Far Cry reste Far Cry

Bon maintenant que je me suis bien lâché sur tout ce qui m’a déplu ou qu’en tout cas j’ai appuyé sur tous les points négatifs croisés, parlons rapidement du plus important pour la plupart des joueurs. Far Cry est-il fidèle à lui même ?

Certaines zones se jouent à la 3e personne. Etonnant pour un Far Cry

De ce côté aucun soucis à vous faire. Far Cry 6 est bien un représentant de la série et on retrouve absolument tout ce qui fait l’essence de la saga. Une ile vaste à explorer (la région d’El este est la plus réussie selon moi). Des points de contrôle à capturer. Des cargaisons ennemis à voler. Des lieux de chasse et de pêche pour les amis de la nature… Tout y est. Vous aurez même le droit à la mission sans votre inventaire, la mission bourrée, la mission droguée, la mission escalade de la plus haute tour, la mission où vous vous êtes fait capturer, la mission où l’on crame un champ le tout en musique… bref tous les classiques sont là. Ubi reprend même le système de progression avec le principe de Cartel à démanteler (utilisé dans F.C.5 mais aussi dans les derniers Ghost).

Côté sensation, c’est la même. Après une mise en route un peu lente de mon côté, je suis redevenu le maitre de l’ile et j’ai pris plaisir à faire du wingsuit dès que je le pouvais pour passer d’un objectif à l’autre. Armé de mon arc, j’étai un véritable ninja et aucun ennemi ne pouvait m’arrêter. Les sensations de tirs sont tou aussi bonne et on regrettera du coup que la variété des armes ne serve pas à grand chose tant on peut garder la même arme tout le jeu. L’inventaire réduit à 3 armes principales est aussi dommage surtout qu’on peut changer en mettant juste pause. Pourquoi nous priver d’une arme ou deux supplémentaires dans notre sélection rapide pour pouvoir plus facilement alterner les styles.

Enfin l’arbre d’évolution n’existe plus, notre héros étant un ancien militaire, Ubi part du principe que l’on n’a pas besoin d’évoluer et toutes les capacités habituelles (élimination par au dessus, par en dessous, enchainées, multiples…) sont disponibles dès le début. Un peu surprenant mais pas désagréable du tout. Notre « évolution » se fera surtout en découvrant des ensemble de vêtements qui auront des capacités, un peu à la rpg. Sachant que l’on peut changer son style visuel tout en profitant des capacités d’autres fringues. Si je suis pas fan de l’idée le fait de rendre ça plus souple évite à Ubi de déplaire aux joueurs en les forçant à s’habiller en fonction de leur style de jeu.

Au final que l’on préfère décocher des flèches dans la nuit sans jamais se faire repérer ou que l’on soit amateur des explosions, des lance-roquettes et autres joyeusetés pour foutre le bordel, Far Cry le permet avec des sensations aussi agréables dans un cas que de l’autre. Et c’est surement ce qui fait encore et encore son succès d’un épisode à l’autre.

Coop et contenu au rendez-vous

Je ne peux pas conclure mon test sans évoquer la coop possible sur la totalité du mode histoire. Ce qui rajoute un vrai plus quand on a un ami qui a la même approche que nous dans son style de jeu. On pourra également profiter des missions spéciales disponibles dans les camps de base pour gonfler la durée de vie du titre. Ces opérations consistent à aller dans des zones spéciales, fermées, pour voler des armes à nos ennemis. Au final on y gagne de l’argent in-game permettant de débloquer du contenu. Et bien sûr Far Cry met encore le paquet sur le contenu post-lancement. Déjà pour la première fois (si je ne dis pas de bêtise) un late-game est mis en place puisqu’une fois fini, les forces de Castillo vont reprendre le contrôle de régions, vous obligeant ainsi à poursuivre la guérilla pour garder le contrôle de Yara. Un petit plus bien venu qui évite de se retrouver sans rien à faire une fois le jeu terminé. Et si vous avez peur de vous ennuyer justement une fois à la fin, je vous laisse tout simplement regarder la vidéo sur le contenu à venir :

En conclusion

Far Cry 6 n’est ni le pire ni le meilleur de la série. Plutôt un épisode de plus qui bénéficie de la next-gen pour se vanter d’une map très grande et plutôt jolie. Si les sensations du FPS d’Ubisoft sont toujours aussi bonnes, on notera quand même une histoire inégale selon les régions et un ton qui ne colle pas toujours en oscillant entre une sombre histoire de révolution et un humour décalé. En gros un Far Cry avec les qualités de la série mais aussi ses défauts.

 

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