Epic Seven, le gacha qui vous fait perdre la boule

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Incarnez un héritier divin et affrontez des hordes de démons pour empêcher le monde de disparaître, dans ce superbe gacha game coréen.

Si on excepte SmallWorld et Ticket to Ride, auxquels je joue exclusivement entre amis (enfin amis… j’me comprends), les jeux mobiles qui ont su me garder rivé à mon téléphone sont rares, très rares. Car si je joue beaucoup avec mon smartphone, je consomme généralement les jeux comme des mouchoirs en papier et les désinstalle presque aussi vite que je ne les ai installé. Dans le lot, seuls deux d’entre eux ont pris racine sur ma micro-SD (Pour les fanboys Apple, sachez qu’une micro-SD  est une mini carte flash servant à accroître l’espace de stockage de son téléphone) : Shadowverse, un TCG (Trading Card Game) dont j’ai déjà parlé ici, et donc Epic Seven, qui nous intéresse aujourd’hui.

Epic Seven est ce qu’on appelle un gacha game, un terme issu des vieilles machines à pièces de notre enfance (enfin, de la mienne), qui nous lâchait de petites boules rondes dans lesquelles on trouvait un jouet aléatoire à collectionner, façon Kinder Surprise sans le chocolat. C’est un genre qui pullule sur smartphones, puisque l’aspect aléatoire du tirage façon loot box, pousse de nombreux joueurs à y dépenser des fortunes, pour obtenir le personnage pété figurant tout en haut de la tier list, sans trop avoir à compter sur la patience et la chance. Il relate l’histoire d’un héritier divin, se réveillant d’un profond sommeil pour combattre un démon séculaire venu réduire l’humanité à néant. Bon, l’histoire en-elle même n’a pas beaucoup d’intérêt, d’autant que les personnages qui l’illustrent ne sont même pas ceux que vous ferez combattre, gacha game oblige. M’enfin, elle est en français, elle distille un peu d’humour et de naïveté,  ça fait parfaitement son office. On n’est de toute façon pas là pour ça.

Le taux de drop des héros 4 et surtout 5 étoiles est loin d’être ouf. Armez-vous de patience pour tirer les meilleurs personnages…

 

Les modes de jeux sont aussi nombreux que nécessaires, pour bien équiper ses héros en armes, armures et compétences en tous genres.

Le jeu se déroule donc en scrolling horizontal, où votre équipe de quatre héros maximum, va combattre tour à tour, péons et boss, en vue de gagner de l’équipement, des ressources, de l’or, de l’XP et, bien entendu, les fameuses gemmes qui vous permettront d’invoquer de nouveaux héros. Clairement, le jeu n’invente rien et ne fait que reprendre ce qu’on a déjà vu dans d’autres titres du genre (Summoners War, King’s Raid, etc.). Il se compose d’un mode aventure, scénarisé donc, et de nombreux modes de jeu annexes : L’arène (pour le PvP), la Chasse et l’Autel des Esprits (pour le craft et les compétences), les labyrinthes et autres activités réservées au end game, qui vous demanderont de composer une équipe de héros complémentaires et de haut niveau. En outre, les développeurs proposent régulièrement (toutes les deux ou trois semaines), une mini-aventure événementielle qui, sur le fond n’apporte pas grand chose de neuf, mais sur la forme amène un petit vent de fraîcheur.

Chaque héros possède trois pouvoirs qu’il est possible d’améliorer moyennant quelques catalyseurs plus ou moins rares.

En théorie, Epic Seven n’apporte pas grand chose de plus à un genre très embouteillé. Toutefois, à mon sens il a su tirer son épingle du jeu, grâce notamment à sa réalisation graphique plutôt plaisante (pour qui n’est pas réfractaire au style manga/manhwa) et à un gameplay particulièrement bien pensé. Celui-ci est basé sur des affrontements entre personnages, régis par les sempiternels éléments (Feu, Terre, Eau, Lumière et Obscurité), dans une sorte de chifumi tout ce qu’il y a de plus classique. Chacun des héros dispose de trois pouvoirs qui lui sont propres. Le premier, représente l’attaque de base. Le second varie, entre attaque moyenne, multi-cibles et pouvoirs passifs. Le troisième est dernier représente l’attaque ultime, et s’accompagne régulièrement d’une courte séquence animée plus ou moins réussie selon les personnages (plutôt plus que moins d’ailleurs). Bien sûr, si l’attaque de base est toujours disponible, les deux autres sont généralement soumises à des cooldowns plus ou moins longs dont la gestion seront souvent la clé de votre réussite.

Nombreux sont les combattants qui infligent des malus aux adversaires. Essayez de construire une équipe cohérente autour de ceux-ci.

Mais la réussite de ce gameplay tient surtout dans la complémentarité et l’infinité de possibilités tactiques qui découle de ces personnages et de leurs pouvoirs uniques. Car outre les dégâts qu’ils infligent, on trouve aussi toutes sortes de bonus/malus venant affliger les équipiers ou adversaires, qui vont à eux seuls véritablement influencer l’issu de l’affrontement. Ajoutez à cela les bonus d’équipement et de compétences, et vous obtenez un jeu particulièrement riche, qui demandera de nombreuses heures avant de pouvoir en mesurer les subtilités. Et c’est sans doute là que le bas blesse d’ailleurs. Car si au départ vous composerez votre équipe à l’affect, en fonction de l’esthétisme du personnage ou de la coolitude de son pouvoir ultime, vous vous rendrez compte sans doute un peu tard que vous avez peut-être misé sur le mauvais cheval.

Car si vous voulez passer le palier du simple amusement dans Epic Seven, et vous attaquer aux plus hauts défis, il va falloir investir de nombreuses, très nombreuses heures, pour monter votre team en niveaux. Pour exemple, après plus d’une centaine d’heures passées (c’est difficile de quantifier, mais on doit être dans ces eaux-là), je ne dispose que de six personnages niveau 60 (le niveau ultime). Et encore, ils n’ont pas tous atteint les 6 étoiles en ascendance astrologique, n’ont pas toutes leurs compétences au max de leur capacité et ne sont pas non plus équipés avec armes et armures au max. C’est dire comme le jeu est exigeant. Alors certes, je me suis un peu éparpillé au début alors qu’il est sans doute préférable pour un néophyte de se focaliser exclusivement sur cinq, six héros max, pour éviter de perdre du temps. Mais tout de même.

Pour monter un héros au max, il faut s’armer de patience et passer par de (trop) nombreuses étapes. D’abord, il faut le monter en XP, jusqu’au niveau 60. S’il s’agit d’un héros 5 étoiles, il suffira de le monter au niveau 50, puis de « sacrifier » cinq autres héros 5 étoiles, pour le passer en 6 étoiles et pouvoir atteindre le niveau 60. Mais s’il s’agit d’un héros 3 étoiles, il faudra le surclasser à chaque pallier : de 3 à 4 étoiles, de 4 à 5 étoiles et de 5 à 6 étoiles. Mais ça, c’est la phase la plus simple. Car outre le niveau d’XP, il sera également nécessaire d’éveiller vos héros via leur signe du zodiac, en dépensant gemmes et catalyseurs plus ou moins rares, pour accroître leur statistiques. Enfin, il faut également améliorer les trois compétences du héros, là encore en dépensant de l’or et (beaucoup) de catalyseurs. Il est même possible d’appliquer un buff à certains héros trois étoiles via leur « évolution », moyennant des objectifs longs et fastidieux à atteindre. Une fois ceci fait, il faudra encore dépenser de nombreuses gemmes pour rendre votre personnage plus fort. Bref, augmenter votre héros est déjà très long et très compliqué. Mais à cela s’ajoute encore l’équipement (à gagner ou à crafter), qu’il sera nécessaire d’améliorer et de combiner en sets (attaque, défense, vie, critique, vol de vie, etc.) ainsi qu’un artefact (là encore, classé de deux à cinq étoiles), conférant un bonus conséquent à son porteur. Multipliez ça par 4 pour composer votre équipe (en partant du principe que vous vous concentrez sur quatre héros seulement), et vous êtes sûr d’être occupé pour les quelques mois à venir, même en jouant régulièrement.

Plus de 30 balles pour un pauvre costume… 30 balles !!!!

C’est d’autant plus long et compliqué que, même en payant, vous n’avancerez pas beaucoup plus vite. En effet, je n’ai tout simplement jamais vu de pack payants aussi chers et inintéressants que dans ce jeu. Par exemple, pour obtenir 1.000 pieraciels (les gemmes qui servent de monnaie), vous allez devoir débourser près de 40 euros. Ces 1.000 pieraciels vous permettront alors d’invoquer… 10 héros, de façon totalement aléatoire, sans certitude de gagner un héros 4 ou 5 étoiles comme ça peut être le cas dans d’autres jeux. En comparaison, il vous faudra globalement une semaine, voire moins,  pour obtenir la même chose gratuitement. 40 euros pour une semaine de jeu, je trouve ça hors de prix. Mais bon, tant qu’il y a des gogos pour sortir la carte bleue après tout… Le problème c’est que pour pouvoir tout de même vendre des packs (et j’imagine qu’ils en vendent), les développeurs ont multipliés les éléments nécessaires à la progression de vos personnages : Les invocations normales, lunaires pour les héros de lumière et d’obscurité, ou encore mystiques pour des personnages exclusifs, triés sur le volet. Des catalyseurs pour augmenter leurs compétences, des éléments de craft pour fabriquer armes et armures, des items pour améliorer cet arsenal, etc.

En conclusion, Epic Seven est un jeu exigeant et addictif, qui m’a d’abord conquit par son graphisme léché, le design de ses héros et leurs impressionnants coups spéciaux. Puis, à force de temps et d’investissement, j’ai découvert sa richesse tactique et ce plaisir lié à la construction d’équipe, qui se rapproche un peu de celui de créer son propre deck dans un TCG. Alors certes, il gagnerait à être plus accessible. Il gagnerait à être plus équilibré aussi (certains héros sont tellement useless comparés à d’autres, complètement pétés). Et surtout, il gagnerait à être un peu plus généreux en loot et héros puissants. Toutefois, il se dégage une certaine aura de ce jeu, que je n’ai jamais retrouvé dans aucun autre gacha game, qui m’ont tous ennuyés après une simple poignée d’heures (voire de minutes pour certains).

 

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