Une journée à Paris Est Ludique 2019

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Après notre première expérience de l’an passé, c’est avec un enthousiasme non dissimulé que nous avons pris le chemin de la pelouse de Reuilly cette année.

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Pas un nuage à l’horizon, 38°c… Cette année PEL, c’était pour les braves !
Après de longues années de tergiversations et de rendez-vous manqués, nous avions enfin réussi à nous organiser pour vivre notre premier Paris Est Ludique l’an passé. Désormais, il nous semblait impossible de rater une nouvelle édition de cet événement annuel. D’autant que c’est une occasion en or pour notre normand de la bande, de découvrir les joies de la civilisation !

C’est donc sous un soleil de plomb et une température ressentie de 87°c, que nous avons une fois encore arpenté les allées de cette si mal nommée « pelouse de Reuilly », afin d’y découvrir quelques perles ludiques et faire de chouettes rencontres.
Au fil de la journée et des opportunités, on a donc pu s’essayer à Abyss Conspiracy, Rescue Polar Bears, Phone Bomb, Fatal Rumble et Malhya.

Un programme relativement bien rempli qui ne souffre que de peu de regrets :
Comme ne pas avoir pu tester Crime Zoom, le d’ores et déjà très populaire jeu d’enquêtes de Stéphane Anquetil et Oliver Mootoo, ni Erune, le dungeon crawler assisté par I.A., d’Arkada Studio, qui me faisaient méchamment de l’œil.

Promis, l’année prochaine on essaiera de ne pas se coucher à 7h du mat’ le dimanche matin, pour essayer de se faire les deux jours du festival…

auton90.jpgParis est Ludique m’attirait depuis longtemps, mais par un étrange hasard, ce festival tombait toujours en même temps que Solidays. Entre les concerts et les jeux, mon cœur balançait à chaque fois du même côté, malgré des retours vraiment bons sur PEL. À ma grande joie, plus de coïncidence en 2019 et je peux enfin venir me balader dans les allées surchauffées du bois de Vincennes !

En plus de la curiosité, mon but premier est d’enfin rencontrer les auteurs et joueurs de j2s avec lesquels je discute depuis des années sur Twitter, et ça fait vraiment plaisir. Ce microcosme ludique est encore plus sympa en vrai, tout le monde est ici hyper souriant. Je profite même de la présence de Martin Vidberg, qui illustre de ses patates toute la comm du festival, pour avoir une dédicace.

Après quelques heures à me promener et discuter, je ne résiste pas à m’asseoir à une table avec Fylo et Nach, pour la découverte du proto de Malhya. Je repars deux heures plus tard content, cramé par le soleil, et convaincu. Je risque de tout faire pour revenir à PEL en 2020…

Abyss Conspiracy

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Seule la couleur la plus représentée marque des points. Et comme vous pouvez le constater, c’est une règle que j’ai parfaitement compris !
Abyss Conspiracy est la version « de poche », du célèbre jeu de Bruno Cathala et Charles Chevalier. Il en reprend la plupart des codes, pour les enrober dans un jeu plus simple et plus rapide à jouer.

Ici, l’idée va être de créer son conseil de seigneurs des profondeurs. A chaque tour, on pioche un à trois d’entre eux, et on en pose un devant soi, en pyramide inversée. Les cartes restantes sont alors défaussées, faces visibles, et classées par couleurs.
Piocher trois cartes permet donc d’avoir davantage de choix, mais offre aussi plus de possibilités aux adversaires, puisqu’ils pourront à tout moment s’emparer d’une des piles de défausse, et donc potentiellement de plusieurs cartes.
Ces seigneurs sont essentiellement surmontés de perles ou de clé, en sus d’un nombre de points de victoire (seul le plus haut de chaque couleur compte), qui permettront l’acquisition de lieux ou feront marquer 5 PV supplémentaires au plus « perlé » des joueurs.

Pas désagréable à jouer, je ne suis toutefois pas convaincu de son intérêt sur une durée excédant la dizaine de parties : Il n’a rien de très original et je trouve qu’il perd beaucoup du charme de son aîné, avec l’absence des pouvoirs des seigneurs et leur catégorisation (militaires, diplomates, marchands, …). Leur couleur ne sert en effet qu’à scorer, via la plus grande coalition de votre plateau (à savoir des cartes de même couleur, adjacentes). Et encore, seule la plus représentée marque des points, et non un ensemble de chaque, comme dans Grand Austria Hotel par exemple. Tout repose alors sur la prise de risque lors de la pioche et non sur une tactique définie au préalable : Si on pioche des rouges durant les premiers tours, on essaye de scorer avec les rouges, et pas l’inverse (à savoir : Je veux jouer militaire, donc je vais aller chercher les rouges).

Rescue Polar Bears

whatsapp_image_2019-06-30_at_16.18.13.jpgRescue Polar Bears est un jeu coréen , jouable de 1 à 4 joueurs en coopération, dont le thème résonnait plutôt bien avec la chaleur de ce samedi à PEL. En effet, ici le réchauffement climatique fait fondre irrémédiablement la banquise et met en péril la vie des ours polaires qui y vivent. On incarne donc un scientifique, ou plutôt son navire, et notre but sera de les sauver… ou presque.

Oui presque, car si on perd la partie au moment où un ours se noie, pour gagner il ne sera pas nécessaire de tous les rapatrier à la base, mais de récolter les 20 données scientifiques disséminées sur la map. Les sauver ne sert donc juste qu’à repousser l’échéance pour parvenir à nos fins. C’est d’autant plus vrai que ces bestioles se reproduisent plus que des lapins, et qu’ils vont vite pulluler sur les quelques glaçons qui n’ont pas encore fondu.

L’intérêt, c’est l’asymétrie des 4 bateaux scientifiques, qu’on pourra même upgrader en cours de partie. certains iront plus vite, d’autres auront une plus grande capacité de stockage, d’autres encore pourront augmenter leur nombre de points d’action (3 de base). Difficile toutefois d’émettre un avis, car on s’est complètement planté sur un élément de la règle, qui nous a rendu la partie particulièrement facile. Toujours est-il que, malgré le très joli matos (les bateaux en 3D, les ours polaires tout mimi), je n’ai pas été spécialement passionné par le jeu et ses mécaniques. Maintenant, encore une fois, difficile de juger sans avoir ressenti la pression inhérente à la difficulté des jeux coop, à cause de notre mauvaise interprétation des règles.

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Phone Bomb

whatsapp_image_2019-06-30_at_16.15.53.jpgPhone Bomb est le prochain jeu de David Cicurel, à qui on doit l’excellent Chronicles of Crime. Le principe y est simple : Coopérer entre joueurs pour désamorcer une bombe avant qu’elle n’explose, un peu à la manière d’un Keep Talking and Nobody Explodes sur PC (entre autres). Toutefois ici, pas de mécanismes tortueux comme dans ce dernier, juste quelques fils à couper, mais à couper vite… très vite.

En sus de quelques cartes qu’on associe deux par deux pour illustrer la couleur du fil qu’on souhaite couper, la montre qui va nous faire gagner du temps et quelques autres icônes aux propriétés diverses, le jeu s’accompagne d’une application sur smartphone et tablette illustrant cette fameuse bombe.

Le jeu arrive déjà à nous mettre sous pression avec un principe aussi simple que des fils à couper (dont certains feront exploser la bombe). Mais c’est surtout en offrant ce petit côté « pute » qu’on affectionne tant à la rédac’, en nous permettant de s’exfiltrer au dernier moment pour laisser nos ex-coéquipiers exploser seuls, ou au contraire en tirant toute la couverture médiatique sur nous en cas de réussite, que Phone Bomb m’a séduit. Le jeu n’est pas encore finalisé, et d’autres modes de difficulté devraient s’ajouter d’ici la sortie. Mais en l’état, c’est déjà mon coup de coeur de la journée et a de grandes chances de devenir notre party game de prédilection à sa sortie.

Fatal Rumble

20190630_160322.jpgFatal Rumble est le prochain jeu du créateur d’Outlaws, Jérémy Pinget. C’est un jeu d’affrontement en arène, jusqu’à quatre joueurs, dont la particularité est de proposer de superbes environnements en 3D.

Le principe est donc de se foutre joyeusement sur la gueule, dans une ambiance piraterie, western, etc. Le jeu de base proposera autant d’arènes que de personnages, en reprenant le thème qui leur correspond ; un peu à l’instar d’un jeu de baston sur consoles. Chacun de ces personnages dispose également d’un deck qui lui est propre. Seulement une fois dans l’arène, toutes les cartes des joueurs présents sont mélangées et une draft a lieu pour se les partager. A vous de voir alors, si vous préférez profiter des avantages de vos propres cartes ou empêcher l’adversaire de récupérer une des siennes. A cela s’ajoute trois jetons, qu’on associera à la carte jouée : Un pour un déplacement supplémentaire (le 1er est gratuit), un pour se soigner et enfin un dernier pour activer le pouvoir de la carte.

Le jeu est plutôt plaisant à jouer. On monte sur les tables pour récupérer de précieux items, on cherche les meilleures combinaisons pour toucher un maximum d’adversaires, et on tente de récupérer un paquet de pognon pour acheter des bonus salvateurs ou des points de victoire (1 point de vie ôté = 1 or gagné). Tout ça dans une bonne humeur ambiante, sur un joli plateau, avec de jolies figurines.

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Toutefois, il manque à mon sens de profondeur tactique pour s’illustrer sur la durée. J’aurai aimé des avantages de terrain ou un environnement évolutif (renverser une table pour se cacher derrière, par exemple). Il reste cependant pas mal de temps au jeu pour évoluer et se dévoiler, le lancement de la campagne Kickstarter n’étant pas prévu avant début 2020. De plus, les personnages auront des caractéristiques uniques qui n’étaient pas implémentées dans ce prototype format « démo de salon ». Il faut également voir ce qu’apportent les autres arènes au jeu (en dehors de l’aspect visuel).
Bref, Fatal Rumble est un jeu que je vais sûrement surveiller de près, mais qui ne m’a pas encore totalement convaincu pour le moment.

Malhya

whatsapp_image_2019-06-30_at_16.17.49.jpgMalhya est le premier jeu de 4Univers, une jeune équipe française, mélangeant le land crawler, le dungeon crawler et le Livre dont vous êtes le héros (avec même un peu d’escape game).

Dans la démo à laquelle nous avons pu jouer, seule la partie dungeon crawler nous était présentée. On y incarnait 4 héros infiltrant la forteresse d’un puissant mage du temps, dans le but de mettre fin au sien. Une fois n’est pas coutume, c’est en mode infiltration qu’on pénètre dans ce château. Le choix nous est alors donné de se cacher dans une charrette, d’escalader la façade ou de passer par les égouts.
Les égouts ? Dans un jeu heroic-fantasy ? Qu’est-ce qui pourrait mal se passer ?
Nous sommes donc descendus sans hésitation, faire trempette dans les eaux usées de ce David Copperfield du pauvre !

thumbnail_2_.jpgLà, on découvre les particularités de ce mode infiltration, qui nous oblige à bien optimiser nos mouvements et à se coordonner entre nous, afin d’occire les gardes adverses sans se faire repérer. Inutile de dire que ce fut une formalité !
Ce qui le fut moins, c’est l’escape game qui s’en suivi, puisque nous nous sommes retrouvés enfermés dans une salle dans laquelle l’eau montait inexorablement. Autant dire que pour des spécialistes de la discipline comme nous, ce fut un bien beau camouflet de se foirer sur cette phase. Pas grave, on range les ballerines et on passe en mode berserk, rossant le soit-disant « puissant » mage du temps, en deux temps trois mouvements. Enfin, le pensions-nous…

Le jeu est très agréable à jouer, de par son mélange des genres. Les différents personnages et leurs caractéristiques propres, promettent également de belles tactiques à fomenter, tant en infiltration qu’en combat. Y inclure un peu de réflexion et d’observation, comme ce fut le cas avec l’escape game de cette démo, est aussi une excellente idée pour varier l’expérience. Il a donc toute mon attention, même si j’aurais préféré un thème un peu plus original que la sempiternelle heroic-fantasy.
Une belle découverte et un très bon moment, en tout cas.

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