Elysium, Gagnez 10 euros avec Polygamer !

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Riches vs Pauvres

007-406.jpgPourquoi ne pas aller voir Elysium ? Pour de nombreuses raisons.

Bon, autant vous prévenir, il risque d’y avoir un peu de spoil dans cet article. Pas des gros trucs énormes (en même temps y a zéro suspense et vous avez vu le film si vous avez vu la bande annonce), mais quelques détails par-ci, par-là.

La première, c’est parce que Neil Blomkamp est quand même un putain de charlatan. Overhypé à mort, il n’a à son actif que District 9, un film de science-fiction qui se la pète dénonciateur de l’Apartheid, 20 ans après tout le monde, sur fond de reboot de La Méthamorphose de Franz Kafka. Bon, le film était incohérent au possible (des aliens aux armes surpuissantes qui se laissent roulé dans la fange par la pauvre petite technologie ridicule des hommes), et sans grand intérêt scénaristique. Quitte à dénoncer le racisme et les inégalités sociales, je préfère encore de loin un bon vieux drame bien ficelé, qu’un film de SF. Non pas que tu ne puisses pas faire de critiques sociales dans un film de SF, mais ça doit rester subtil, et non pas s’afficher en lettre de néons rouges tout du long. Enfin bref, je ne vais pas refaire la critique de District 9, et on pouvait encore trouver l’excuse de l’inexpérience pour lui laisser le bénéfice du doute. Mais là, c’en est trop.

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Elysium, c’est un mélange entre Halo…

Elysium c’est l’histoire tellement éculée des riches qui vivent dans leur citadelle dorée, en l’occurrence ici une station orbitale, pendant que les pauvres crèvent comme des rats sur une Terre dévastée et vidée de ses ressources naturelles. Bien sûr, au milieu, le jeune et beau héros (Matt Damon) vit sur Terre et rêve d’aller sur Elysium. Et comme c’est un gentil repenti maltraité par ses méchants employés, il va se rebeller et foutre le boxon sur la station orbitale. Mon dieu comme c’est original. Ça l’est tellement que j’aurai pu vous proposer un copié collé de ma critique de Deponia, tant l’histoire est la même (jusqu’au nom de la cité pour riches : Elysium), l’humour en moins. Et non content de nous pondre un scénario d’un classicisme absolu (du début à la fin), il faut en plus qu’il nous le bourre d’incohérences plus grosses les unes que les autres.

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… Et la Citadelle de Mass Effect.

Absurde au possible

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Matt Damon a des pec’ et des abdo en béton, et se sent obligé de nous le montrer. Connard !
L’univers en lui-même est incohérent, mais passons, c’est un peu le propre de la Science-Fiction. Mais surtout, on se retrouve avec une station orbitale, à mi-chemin entre Halo (pour la forme) et Mass Effect (pour les similitudes avec La Citadelle), ultra hi-tech, où toutes les maladies sont soignées en un instant, où les services et la sécurité sont assurées par des robots ultra-sophistiqués, mais question défenses, Zéro ! Résultat, c’est censé être une citadelle imprenable , elle se révèle plus trouée qu’un morceau de gruyère. C’est assez hallucinant de conneries. Pas même un petit canon pour les empêcher de venir foutre le bronx, ni même un agent de la sécurité qui passait par là en rentrant chez lui. Rien, nada ! Les mecs débarquent sur la station en sifflotant sans personne pour les arraisonner, puis se baladent dans les coursives comme s’ils connaissaient les lieux, et ne croisent à aucun moment un pèlerin pour les arrêter.

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Comme dans District 9, y a des grosses armes de ouf’, mais personne ne les utilise.
Forcément, la seule personne qui pouvait arrêter la navette, c’était un psychopathe sur Terre qui envoie des missiles dans l’espace avec son super lance-roquette. Oui, dans ce putain de film, on essaie de nous faire croire que la sécurité de la cité la plus riche et la plus évoluée technologiquement que l’homme n’ait jamais conçu, tient exclusivement dans le lance-roquette d’un taré psychopathe. Pas une base militaire de ouf, avec des putains de missiles ou des vaisseaux intercepteur… à l’image de ce qui peut se faire de nos jours par exemple. Pas même une petite antenne officielle genre Office de Tourisme de l’armée. Nada ! De qui se moque-t-on ?

Parkinson-cam

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Elle vieilli bien quand même, Jodie Foster.
Alors vous me direz : « C’est un film de Science-Fiction, couplé à un film d’action. Faut pas en demander trop non plus ! » C’est pas faux. Sauf que là aussi, c’est du n’importe quoi. Car sachez-le, l’ensemble du film est tourné caméra à l’épaule. Pourquoi ? Allez savoir. D’habitude c’est parce que c’est la retranscription d’un ou plusieurs personnages ayant évolué dans le film (Cloverfield, REC, Blair Witch’s Project, Diary of the Dead, …). Mais là non. Il n’y a pas de protagoniste derrière la caméra. Donc pourquoi ? Ça n’apporte absolument rien, et même pire, ça rend le film incompréhensible. Non pas que ça soit compliqué à comprendre vu la médiocrité du scénario, mais parce qu’on ne comprend rien à ce qui se passe à l’image. C’est surtout flagrant lors des scènes d’action justement, où ça bouge tellement, avec tant de successions de plans en moins de trois secondes, que ça te donne juste le vertige. La scène contre le boss final en particulier, est sans doute la scène la plus illisible de l’histoire du cinéma. Les deux protagonistes auraient pu se déguiser en Candy et Wonder Woman, et se mettre à faire du hula-hoop au beau milieu de la scène que je mets au défi quiconque de s’en rendre compte.

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Pas une critique de film sans une dédicace à K.mi, avec la très jolie Alice Braga pour l’occasion.
Voilà, je passe vite fait sur le casting, pas mauvais, mais loin d’être transcendant. Matt Damon, je le préfère dans des rôles moins musclés ; il est bien plus à son avantage. Jodie Foster nous ressort ses habits d’intello élitiste froide qui parle le français couramment (non mais sérieux, ça sert à quoi de savoir qu’elle parle français dans le film ?), Sharlto Copley, en plus d’avoir un prénom à coucher dehors, aurait très bien pu jouer dans un film avec Dolph Lundgren tellement y a pas grand-chose à tirer de sa prestation testostéronnée et Alice Braga, qui vient apporter la touche « romance » nécessaire à tout blockbuster, est dans les souliers qu’on lui a bien demandé d’enfiler : Un joli brin de minette qui ne sert pas à grand-chose. Bref, rien à retenir de bon dans ce film, si ce n’est peut-être une photographie plutôt agréable, à défaut d’être originale (enfin quand on peut distinguer ce qu’il se passe à l’image). N’allez donc pas le voir, ça vous évitera des frais. Et dans le cas où vous refuseriez de suivre mon avis, je me décharge de toutes responsabilités. Faudra pas venir pleurer dans les commentaires qu’on ne vous avait pas prévenu !

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