Saros, détrônez le roi !

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Housemarque prend le pouvoir chez Sony. En l’absence d’une grosse sortie de Naughty Dog, le studio finlandais semble le meilleur représentant de la firme avec Returnal et maintenant Saros. Mais ce dernier peut-il détrôner le roi ?

Je vais pas y aller par quatre chemins, Returnal est pour moi le meilleur jeu de la génération. On ne parle pas ici de GOTY ou de débats stériles sur quel jeu peut justifier d’avoir un trophée. Non, simplement le meilleur jeu de la PlayStation 5. Un point c’est tout.  C’est subjectif et je ne vais même pas argumenter ici mais imaginez ma réaction quand Sony a annoncé Saros. En dehors du fait que j’étais perdu à savoir s’il s’agissait d’une suite ou non, tant les jeux se ressemblent, Housemarque n’allait pas frapper 1 fois mais 2 sur la même génération de console.

C’est parti !

Bienvenue à Carcosa

Comme toute planète extra-terrestre, Carcosa, inspirée de nouvelles de science-fiction, vous montrera vite à quel point elle sait être accueillante. Vous êtes Arjun Devraj de Soltari, une entreprise qui a l’air de se soucier énormément de ses employés au point qu’elle envoie 4 expéditions différentes, nommées Echelon, sur Carcosa afin de s’installer, de coloniser puis d’exploiter une richesse rare de la planète, la lucénite. Bien entendu le fait d’avoir perdu tout contact avec les trois premières n’est pas plus inquiétant que cela et la force spéciale déployée lors d’Echelon 4, nous, devra chercher des traces des précédents colons tout en continuant surtout de protéger les acquis de la compagnie.

C’est dans ce contexte qu’Arjun se lance dans un cycle afin de progresser sur Carcosa. Pour une raison mystérieuse, il réapparait toujours dans la base au lieu de mourir et l’ordinateur central, Premier, sera capable de transformer les ressources récupérées afin d’améliorer tout le matériel à sa disposition. Ordinateur/protagoniste qui joue un rôle très réussi dans le jeu au passage.

Contrairement à son ainé, Saros se base sur un gameplay autour d’un bouclier. Il vous protègera de la plupart des projectiles mais vous devrez même les absorber afin de recharger l’énergie de celui-ci. Une fois l’énergie récupérée, Arjun pourra se servir d’armes carcosiennes très puissantes pour s’aider dans son aventure. Pour le reste, on découvrira un arsenal au fur et à mesure de notre progression et leur utilisation avec un tir principal et un tir secondaire est très proche de Returnal. Ajoutez à ça du Dash dans tous les sens et des ennemis envoyant toujours plus de projectiles et vous obtenez une bonne idée de ce qu’est Saros.

Pas facile de prendre les captures en jouant

Un Gameplay approfondi

Housemarque avait expliqué vouloir approfondir le gameplay de Returnal tout en laissant leur jeu tel qu’il était. Leur acquisition par Sony leur a ainsi permis (c’est eux qui le disent, pas moi) de bénéficier de plusieurs dizaines de millions de dollars afin de créer une nouvelle ip tout en prolongeant leur aventure dans le développement du gameplay de Returnal.

La principale nouveauté est le bouclier. Comme indiqué plus haut, il joue un rôle essentiel dans notre façon de progresser. Au début je l’ai tout naturellement zappé, retrouvant les sensations de Returnal (il y a d’ailleurs un succès pour faire un biome entier sans l’utiliser) mais très vite on se rend compte qu’il est un élément central du jeu. Pour faire simple, on absorbe les projectiles bleus (qui remplissent l’énergie du bouclier) on dash à travers les jaunes et on évite les rouges (ou on les contre, plus tard dans le jeu).

Saut… dash… bouclier

En résulte un jeu ultra nerveux où l’on saute et dash dans tous les sens pour tenter de survivre à des projectiles en pagaille. Et en vrai, plus il y en a et plus le plaisir de sortir d’une salle est grand. Le jeu est rapide, nerveux et ultra précis et malgré l’environnement extra-terrestre tortueux, il est très rare de tomber dans le vide en plein combat, prouvant un peu la réussite des développeurs sur la lisibilité des combats.

Le game-design accompagne cette réussite avec des passages nombreux sur différents niveaux, des raccourcis, des secrets et des collectibles à trouver un peu partout tout en gardant une lisibilité exemplaire. D’ailleurs je trouve que la map 3D du jeu est incroyable de précision. En un coup d’œil on peut repérer son chemin ou un ennemi restant alors qu’on est concentré sur nos pirouettes en pleine action.

Si vous lancez un combat là dedans, j’arrête tout !

Autre modification importante de gameplay, Premier, l’ordinateur et fidèle représentant de l’entreprise Soltari, qui, entre chaque cycle, va vous permettre de modifier votre combinaison. En échange de la précieuse Lucénite qu’il a tant l’air de convoiter, il débloquera tout un tas d’améliorations. L’idée est simple, à travers un arbre de compétence, Saros vous permet de monter en niveau pour pallier le fait que vous n’ayez pas à recommencer le jeu du début à chaque cycle. Et donc, pour contrer le fait que vous soyez trop faible, cet arbre vous permet de recommencer plus fort à chaque tentative.

On note enfin que Saros reprend les mêmes efforts que Returnal sur la prise en charge de la DualSense. Une maniabilité parfaite qui joue sur les capacités de la manettes. Et ça fait tellement plaisir de ressentir de nouveau cette optimisation. Le simple fait d’utiliser la même gâchette (gauche) pour viser avec deux tirs différents selon la pression exercée est vraiment plus qu’un détail. Je ne comprendrai jamais la sous utilisation de la manette quand on voit le résultat que des choses si simples (mais bien pensées) peuvent apporter au jeu. Tout le travail sonore dessus est également merveilleux.

Une histoire de cycles

Comme évoqué précédemment, Saros se distingue de Returnal en atténuant le côté Rogue. Même si le genre est très largement à la mode et c’est un peu démocratisé, Housemarque n’avait pas l’air d’avoir envie des mêmes polémiques que sur leur premier bébé. Ainsi, pas de polémique sur le fait que l’on ne puisse pas sauvegarder ou que le jeu nous oblige à tout recommencer en boucle. Cette fois, en dehors des boss, on peut suspendre un cycle et le reprendre là où on s’est arrêté (comme ce qui a été ajouté par la suite à Returnal). Et une fois un boss vaincu, il est toujours possible d’y retourner mais cela n’est absolument pas nécessaire. Premier peut activer des portails de teleportation que vous aurez la chance de trouver après chaque boss. Conclusion quand vous avez passé le biome, place au suivant.

Pour les non fans des rogues, c’est sûrement une excellente idée. Même moi j’ai su apprécier dans certains cas (une mort idiote par exemple) de ne pas tout recommencer mais ce fonctionnement bizarrement augmente à mes yeux la répétitivité. C’est une chose de refaire le jeu en enchaînant des biomes variés, s’en est une autre de refaire le même biome en boucle lorsque vous bloquez. Autre petit malus apporté par ce nouveau système, l’arbre de compétence est limité par biome. Pour agrandir l’arbre il vous faudra à un moment battre le boss suivant. Or, quand on bloque (longtemps) sur le même biome, on finit par débloquer tout l’arbre de compétence disponible. Et on se retrouve alors dans une situation où tout est figé à l’identique et où chaque tentative ressemble terriblement à la précédente sans moyen d’évoluer plus.

Heureusement Housemarque pense à tout et propose, toujours via Premier, des modificateurs carcosiens. Une sorte de menu rempli de sliders pour rendre le jeu plus facile ou plus difficile. Il existe une limite vers le bas pour ne pas trop dénaturer le jeu (que l’on peut faire sauter dans les options si vraiment on veut se faciliter la vie) alors que vous pouvez rendre le jeu plus dur sans aucune retenue à part vos nerfs qui seront mis à l’épreuve. Comme ça tout le monde devrait y trouver son compte.

Une narration réussie

Racontée via toutes les cut-scenes du jeu mais aussi à travers les nombreux documents textes et audios que l’on trouvera en jeu, l’histoire de Saros sent le mystère à plein nez. Qu’est venu faire Arjun sur cette planète, quels sont ses liens avec les précédentes expéditions, pourquoi réapparait-il toujours, que s’est-il passé sur Carcosa… Les mystères sont nombreux et chaque petite découverte, chaque progression dans le jeu apportera sa dose d’explication, ses rebondissements et au final l’évolution se suit avec plaisir. On enchaine même les runs avec le plus grand plaisir afin d’en découvrir toujours plus. Petite critique négative quand même ici, en comparaison à un Hadès 2, quand on enchaîne les cycles perdus, cela  n’apporte parfois plus grand chose à l’histoire, donnant l’impression de stagner, là où le rogue divin nous bluffe perpétuellement par ses dialogues incroyables.

Certaines parties vont vous retourner la tête

Découpé en 3 actes, Saros sait toutefois nous tenir en haleine, reprenant une bonne partie de la construction narrative de son aîné. Les flashbacks de la maison sont présents via un arbre, les interactions avec les personnages, les fichiers textes et audios trouvés, chaque élément fera avancer le mystère carcosien. La montée en puissance jusqu’à la fin de l’acte 1, certains passages avec une ambiance sonore incroyable, la fin de l’acte 2… et j’en passe. Sans rien révéler, les moments marquants sont bien là et on ne sera rassasié qu’une fois l’histoire entièrement dévoilée. Et quand je dis entièrement c’est parce qu’il y a une petite subtilité cachée sur la fin du jeu, comme très souvent il est vrai mais ça fait toujours plaisir quand on a envie de gratter plutôt que de savoir que l’on a fini le jeu.

Car oui, on finit par compléter tous les mystères de Saros et un des plus grands défis qui vous attend sera de faire face au vide qu’il va laisser une fois terminé pour de bon.

En conclusion

Je vais être royal j’en aurai même deux.

Tout d’abord Saros est tout bonnement exceptionnel. C’est sûr que si l’on n’est pas fan des shooters ça va être dur de s’y mettre. Mais tout est fait pour y parvenir. Housemarque a su rendre plus accessible son jeu tout en gardant une identité super forte. Le gameplay est génial, ses mécaniques efficaces, la prise en charge de manette parfaite, l’ambiance incroyable… oui Saros est une réussite totale à mes yeux.

Enfin, est ce qu’il aura su détrôner Returnal, je ne crois pas. À chasser un public plus large Housemarque, sans se prendre les pieds dans le tapis, loin de là, perd un petit quelque chose dans le rythme du jeu. Si on enlève aussi la sensation de découverte que l’on a pu ressentir la première fois et dont Saros ne peut naturellement pas bénéficier, je dirai un grand merci aux développeurs pour ce nouveau moment génial mais ça ne délogera pas Returnal de ma première marche du podium.

Détrôner le roi n’est pas chose aisée

L’excellent jeu, du génial studio Housemarque a été testé sur la merveilleuse PlayStation 5 via un code fourni par l’éditeur. Mais promis je suis 100% objectif. 

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