Daredevil, Netflix joue les comics

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Profitons d’un mois gratos sur Netflix pour se relancer dans les séries, avec l’un des plus gros cartons de 2015.

36.15 Ma Vie

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Un avocat sans histoire aussi marqué jour après jour, ça n’inquiète personne ?
Comme bon nombre d’entre nous, j’ai eu ma grosse période séries US. Je ne me définirais pas comme un boulimique de séries, comme certains dans mon entourage, mais j’en regardais pas mal. Malheureusement (ou heureusement pour ma vie sociale… c’est selon), il y a eu Lost ! Je ne vais pas refaire le film, mais lorsque vous passez sept années de votre vie à regarder une série, à attendre avec impatience la diffusion d’un nouvel épisode, et qu’à la fin on vous sort une connerie aussi monumentale qu’une grande lumière blanche dans une église, sans répondre aux questions que vous vous posiez, sans résoudre les innombrables énigmes qui ont balisées la route de ces héros naufragés, vous avez les boules. Pire, vous vous sentez trahis. Par la suite, j’ai essayé d’accrocher à d’autres œuvres, mais dès que l’une d’entre elle commençait à m’intéresser, elle s’arrêtait brutalement faute d’audience (Chicago Code), ou finissaient par me lasser à force de tirer sur la corde, de saison en saison (Entourage, Weeds). Encore une fois, la frustration prenait le pas sur le plaisir, et du coup j’ai fini par complètement rejeter ce format, quitte à passer à côté de ces séries que tous encensaient (Dexter, Breaking Bad, etc.). Il n’y a guère que Game of Thrones qui a su me fidéliser, mais parait-il qu’il faut toujours une exception à la règle. Bref, un peu comme lorsqu’on rappelle son ex par acquis de conscience ou parce qu’on croit que les années passées ont altéré notre jugement, j’ai voulu retenter le coup et profité d’un mois gratuit offert par Netflix pour me plonger dans Daredevil, dont beaucoup disent le plus grand bien.

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Le gars qui joue Wilson Fisk est plutôt remarquable dans son rôle.
Bon déjà à la base, je ne suis pas, mais alors pas du tout fan de Comics. J’aime bien Walking Dead (la BD), les Watchmen et quelques rares œuvres du genre (le Surfer d’Argent de Moebius, quelques Punisher ou encore Slaine de Pat Mills). Je ne suis pas suffisamment connaisseur pour cracher sur le genre, mais disons que les X-Men et autres conneries du même style me donnent envie de vomir sur l’humanité, après lui avoir pissé dans la bouche. Bref, c’est quand même avec beaucoup d’appréhension que j’ai attaqué ce Daredevil, même si le côté super pouvoirs du pauvre et l’absence de « villains » mutants, atténue quelque peu mes réticences. Enfin bon, assez parlé de moi et commençons à parler de cette série. Le pitch pour commencer : C’est l’histoire d’un jeune gamin new-yorkais, qui voulant sauver un homme sur le point de se faire renverser par un camion, se retrouve lui-même le nez sur le bitume, des litres de produits toxiques transportés par le camion en question, se déversant dans ses yeux jusqu’à le rendre aveugle. Fort heureusement pour lui (et pour l’intérêt de la série), cette cécité nouvelle s’accompagne d’un développement exceptionnel de ses autres sens… enfin, surtout de son ouïe et de son odorat (le goût et le toucher, ils n’en parlent pas dans la première saison). C’est donc armé de ses nouvelles capacités hors du commun, que notre jeune héros va se muer en avocat fauché de jour, et justicier masqué la nuit, avec un goût marqué pour les coups de tatanes dans la gueule des méchants.

Kung-Fu Chaos

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Pas sûr qu’une nouvelle mode du port de la cagoule soit lancée avec ça…
Côté scénario, on est loin du prix Nobel de littérature donc, même si Daredevil ayant été créé en 1964, on ne peut guère lui en tenir rigueur. Côté réalisation, c’est du classique également. Pas de plans ingénieux, de montage magistral ou d’effets spéciaux révolutionnaires, mais l’action reste claire à chaque instant, et notamment durant les innombrables bastons qui clairsement la saison. Car de la baston, vous allez en avoir. A ce point que j’aurai vu débarquer Van Damme, ça ne m’aurait pas surpris outre mesure. Au moins, ce qui est appréciable, c’est que les gangsters savent se battre. Même le plus minable des gardes, celui en station devant une porte qu’on se demande s’il n’existe pas juste pour s’en prendre plein la gueule, sait se battre et rend coup pour coup au héros. C’est plutôt appréciable, notamment au début, même si finalement ça freine la montée en puissance de ce justicier masqué, qui semble toujours incapable de déboîter un mec en un clin d’œil. Mais après tout, un Murdock (oui, car il s’appelle Murdock. Matthew Murdock… j’ai oublié de le préciser) sait encaisser et se relève toujours. C’est la maxime de son père boxeur. Du coup, ça colle plutôt bien au fait qu’il déguste sévère régulièrement. Et puis, c’est vendeur auprès des jeunes filles qui pourront régulièrement lorgner sur les abdos lacérés de l’acteur Charlie Cox et de sa moue torturée (au sens premier, comme au second degré d’ailleurs).

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Génie de la réalisation, les images sont floutées pour indiquer que le héros est focus sur un truc particulier.
Cette première saison s’attardant sur la genèse du super-héros, c’est aussi normal qu’il tâtonne à ce point. Ses doutes, ses convictions et la naissance de cette galerie de personnages (alliés, ennemis, Némésis…) qui le suivront au fil des ans, font que l’histoire se suit sans déplaisir. Malheureusement, on n’échappe pas aux personnages et situations grotesques dont il me parait compliqué de parler sans spoiler. On passe même complètement au travers, avec le leitmotiv « Ne pas tuer » que le héros n’hésite pas à seriner à chaque fois qu’il le peut, alors qu’en réalité c’est bien lui qui tue l’un de ses ennemis… même si les épisodes suivants vont essayer de nous faire croire que le responsable est tout autre. C’est un peu dommage de faire des erreurs aussi grossières, de sombrer à ce point dans le ridicule lors des derniers épisodes, alors que la série s’en sortait plutôt pas mal jusqu’ici. Alors n’ayant pas lu le Comics, peut-être n’est-ce là qu’une retranscription fidèle de l’œuvre originelle. Mais avouez que ce serait quand même très con de s’en tenir à un récit datant d’un demi-siècle, sans le réadapter un minimum (au-delà de la réadaptation temporelle, type Internet, téléphone portable, etc.). Bref, j’étais plutôt réticent en amont, plutôt séduit lors des premiers épisodes, pour finir quelque peu déçu par la fin de saison (et ce costume, mon dieu… j’ai cru à une parodie). Je regarderai sans doute la suite, ne serait-ce que pour voir comment tout cela évolue (avec une certaine inquiétude concernant Elektra ou le Punisher, tous deux annoncés pour la deuxième saison). Mais il est clair que si la série s’entête à se ridiculiser comme elle l’a fait sur la fin, ce n’est pas encore demain que je replongerai dans le « binge watching ».

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