Le Fils du Comique, accouchement douloureux ?

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Evénement sur Polygamer avec cette grande première : Une critique de pièce de théâtre. Parce qu’on peut poutrer du chinois sur Battlefield, tronçonner du locust sur Gears of War, et ne pas manquer de raffinement pour autant…

001-876.jpgUne fois n’est pas coutume, je me suis aventuré du côté du théâtre Saint Georges hier soir, pour assister à la représentation de la dernière pièce de Pierre Palmade : Le Fils du Comique. Enfin « aventuré » est un bien grand mot, puisque le théâtre si situe à une cinquantaine de mètres de chez moi, et le fait qu’un de mes amis joue dans la pièce a grandement motivé ce choix. Toujours est-il qu’après l’avoir vue, je me suis dit (je me parle beaucoup à moi-même) :

Et pourquoi n’en ferais-je pas la critique sur Polygamer, tiens ? On parle bien de cinéma, alors pourquoi pas de théâtre… A ce moment-là, un paquet de réponses me sont venues à l’esprit pour me dissuader de le faire : Tes critiques de jeux sont lues par douze personnes max, et tu penses qu’il y en a un qui va se faire chier à lire celle d’une pièce ?! ou Aujourd’hui sort la PS4, mais les joueurs vont prendre le temps de s’intéresser au théâtre, c’est évident. voire encore Le QI des lecteurs de Polygamer dépasse péniblement les 40, abandonne cette idée saugrenue.

Mais finalement, juste par esprit de contradiction, je me suis décidé à le faire (alors que ma critique de Killer is Dead, elle, attend toujours).

002-847.jpgSachez donc que cette pièce, écrite et jouée (entre autres) par Pierre Palmade, nous relate l’histoire d’un couple gay qui cherche à tout prix à avoir un enfant de façon naturelle. Le futur père, un metteur en scène réputé mais ô combien torturé, avait jusque-là promis à sa meilleure amie de le faire avec elle. Mais sur un coup de tête, après une soirée bien arrosée, il se décide finalement à enfanter l’actrice principale de sa prochaine pièce. Une décision unilatérale qui ne va pas forcément plaire à tout le monde.
Il s’agit donc d’un scénario relativement classique qui, pour être honnête, n’est pas vraiment très étoffé malgré quelques très bonnes idées (le coup du paperboard est priceless). Ne vous attendez pas à des rebondissements de folie, tant la pièce semble posée sur des rails, fonçant tambours battants vers un dénouement naïf et attendu. De plus, Pierre Palmade ne m’a pas plus convaincu que ça. Peut-être était-il dans un mauvais soir (la différence avec le cinéma où la performance de l’acteur ne varie pas), mais je l’ai trouvé fatigué, voire vieillissant, et mono-expressif, même si cela s’arrange au fur et à mesure que la pièce se déroule.

003-800.jpgHeureusement, il s’est entouré de quelques excellents comédiens issus de sa troupe, dont notamment Anne-Elisabeth Blateau de Scènes de Ménage (M6), Camille Cottin de Connasse (Canal +) et Benjamin Gauthier. Ce dernier est sans doute le plus drôle de tous d’ailleurs, même s’il est vrai que son statut d’ami d’enfance de ma nana ne me pousse pas à l’objectivité la plus absolue. Grâce à eux, et à quelques excellentes vannes (« La vodka ça rend hétéro. C’est pour ça qu’il n’y a pas de pédés en Russie » ou « Vous êtes inspecteur de police ? Vous êtes un peu comme Julie Lescaut alors ? – Oui, mais plus à gauche ! »), font que malgré quelques répliques très moyennes et un scénario un peu convenu, on ne voit pas passer l’heure et demie que dure le spectacle. On ne rit pas à gorge déployée du début à la fin, mais on rit tout de même. C’est bien là le principal.
Et pour ceux que ça pourrait intéresser, je vous conseille vivement L’Entreprise (passée dernièrement sur Paris Première) ou Les malheurs de Rudy, de cette même troupe Palmade, bien plus abouties.

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