Yakuza 4, comme les quatre doigts de la main

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Yakuza 4 est enfin sorti en Europe, pile un an après sa sortie au Japon. Saga culte au pays du soleil levant (et aux nuages radioactifs… désolé), jeu de niche par la force des choses chez nous, en France.

Partie à 4

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Tanimura possède des choppes très efficaces face à plusieurs ennemis (et classes).
C’est vraiment agaçant qu’un titre comme Yakuza 4 ne soit pas du tout traduit en français. Version originale sous titrée en anglais (cette fois sans contenu important amputé par rapport à la version orientale), ce n’est pas la peine de l’approcher si vous ne bitez pas un mot d’anglais (ou de japonais, forcément). Il faut vraiment maîtriser un peu plus que la moyenne pour comprendre toutes les subtilités du jeu et surtout les tenants et aboutissants de l’histoire. Ca a quelque chose de frustrant parce que le titre offre une véritable aventure, d’une vingtaine d’heures, comme on en fait de plus en plus rarement. Cette histoire met en scène quatre personnages, jouables tour à tour dans quatre chapitres, qui n’ont à première vue pas grand-chose en commun (hormis leur penchant pour les arts martiaux) mais dont les destins vont se lier pour aboutir à ce qui est pour moi le scénario le plus intéressant et passionnant depuis la création de la saga.

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Saejima faut pas le faire chier, il est capable de soulever des motos pour te les écraser sur le coin du pif.
Il y a toujours un côté humain dans les personnages, leurs propos, leurs philosophies. Entre Akiyama l’ancien SDF et nouveau riche désormais propriétaire d’un bar à hôtesses et prêteur sur gages qui fait passer des tests de valeurs pour décider s’il file son fric ou pas, le condamné à mort Saejima qui envisage de s’évader après 25 ans passés au mitard pour enfin comprendre si oui ou non il s’est fait enfler, le flic ripoux Tanimura qui aime les jeux d’argent, les bars chelou et qui cherche désespérément une explication au meurtre de son père perpétré il y a des années ,et bien évidemment notre Kazuma Kiryu habituel (ex yakuza et heureux propriétaire et éducateur d’un orphelinat), il y a de quoi faire. Bon ceci dit le scénar’ reste très japonisant (logique), rempli de rebondissements improbables, d’incohérences, bourré de clichés, parfois même flirtant avec une niaiserie maladroite un peu hors de propos pour une histoire made in gangsters virils, pour autant le tout tient en haleine. Les personnages transportent l’épisode, ils sont vraiment attachants. De même les nombreuses quêtes annexes méritent le détour et offrent de bonnes poilades (pêcho le plus de numéros de téléphones possible de jeunes filles en un temps imparti pour son bar à hôtesses par exemple) même si l’histoire étant tellement dirigiste et la map tellement mal indiquée que l’on doit presque se forcer à les faire, pareil pour les à-côtés pourtant ultra nombreux. Mal foutu pour un jeu à monde ouvert non (qui du coup reste plutôt, malgré lui, bloqué dans un statut de beat’ em all limité mais fantasque et scénarisé) ?

Vieux beau

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Les courses poursuites sont toujours vraiment nazes et leur apparition sur les toits ne servent à rien, point de yamakazi là-dedans.
Tout le problème est là, mécaniquement Yakuza 4 est d’un autre monde, complètement dépassé, archaïque avec en plus des animations rigides au possible. Reprenez le schéma pourri et moqueur (mais fidèle à l’original) de game design que je vous ai sorti en page 3 de ma critique de Yakuza 3, c’est exactement le même pour le 4 (qui était le même pour Yakuza 2, qui était le même pour le premier Yakuza…). Et ce n’est pas les nouveaux accès à la ville superflus ou les capacités différentes des perso niveau baffes dans la gueule (c’est bienvenu car les coups de Kiryu commençaient à franchement tournés en rond) qui vont y changer quelque chose. C’est énervant. Il y a même quelques passages de l’histoire quasi calqués sur Yakuza 3, un peu limite…

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Kazuma ressort évidemment son éternel costard (le seul qu’il possède).
En plus la narration est parfois à la limite du soporifique avec des cinématiques toujours extrêmement (trop) nombreuses et toujours interminables (encore plus du fait qu’elles soient dans une langue qui n’est pas ma langue maternelle, je fatigue plus vite). Tout est extrêmement passif et je me permets de supputer cet aspect non pas par choix des développeurs mais plutôt par manque total d’imagination, comme pour le game design ils sont restés bloqués à une autre époque. Au final on se tape une mécanique de jeu assez gavante pour accéder à des cinématiques parfois elles aussi presque insupportables… Mélange casse gueule et inquiétant à mort dit comme ça mais qui par je ne sais quel miracle ne nous fait jamais lâcher la manette, au contraire. Il faut croire que le scénario malgré tous ses défauts est suffisamment bien construit et que les personnages sont vraiment remarquablement attachants, en soi c’est une belle prouesse. Il est quand même difficile à imaginer que l’on puisse encore se taper 4 Yakuza de la sorte, à un moment donné, il faudra bien passer au XXIème siècle chez SEGA Japon…

Le meilleur épisode de la saga c’est lui. Ca ne veut pas dire pour autant qu’il innove dans ses mécaniques toujours très archaïques ni même qu’il est enfin localisé en français, mais l’histoire passionne et les personnages sont très attachants.

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