XCom : Enemy Within, deuxième vague

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Après avoir ressuscité avec classe et panache cette vieille licence poussiéreuse qu’était U.F.O., Firaxis rebondit cette fois avec un stand alone XCom… en attendant mieux ?

L’alien frappe toujours deux fois

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Les cinématiques, ce n’est toujours pas le point fort du jeu.
Sachez-le (je le précise, car moi je m’en suis étonné), XCom : Enemy Within n’est ni la suite d’Enemy Unknown, ni même un spin-off ou un quelconque DLC. Déjà, parce que sur consoles, c’est une version boite (le terme « Download Content » est donc difficilement applicable). Ensuite, parce que ce stand alone ne propose pas de nouvelle campagne, ni même s’intègre au cœur de votre précédente partie. En réalité, il s’agit ni plus ni moins du même jeu, avec en sus quelques nouveaux éléments, comme une faction humaine ennemie, de nouveaux aliens, de nouveaux équipements et flingues, ainsi qu’un paquet de nouvelles maps et missions. En gros, si vous espériez voir vos soldats chéris reprendre du service, avec leurs grosses pétoires et leurs cicatrices aussi fraîches que la rosée du matin, c’est râpé : Il va falloir tout recommencer de zéro ! Quelque part, ça ne me dérange pas plus que ça, je vais ainsi pouvoir tirer parti de mes erreurs passées pour m’améliorer. Mais quand tu ne le sais pas parce que t’as pas suivi l’actualité du jeu depuis sa sortie, ça surprend… voire ça picote (« 40 % de réussite pour buter un alien lambda à 20 mètres et à découvert ? Ah ouais quand même… »).

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Lorsque vous croisez ces ennemis, je vous conseille de rester groupé.
Pour être tout à fait honnête avec vous, au niveau du prix aussi ça picote un peu. Quand on sait que l’original est proposé à 20 euros neuf de nos jours, proposer un stand alone grosso modo identique à 30, ce n’est pas l’idée du siècle. Certes, si vous n’avez jamais joué à Enemy Unknown, c’est une super affaire. Mais si vous possédez déjà l’original, il y a fort à parier qu’un DLC téléchargeable pour une dizaine d’euros vous aurait d’avantage sied. Je me trompe ? Surtout que, si les nouveautés sont relativement nombreuses, elles ne changent pas non plus le jeu du tout au tout. A vous de voir donc, selon votre degré de fanatisme et/ou la taille de votre portefeuille, si cela en vaut la peine. Mais sachez cependant que, passées les premières minutes à ronchonner, on a vite fait d’oublier cette déconvenue pour ne garder que le plaisir de défourailler de l’alien, non seulement intact depuis la précédente itération, mais très largement renouvelé par tous les ajouts bienvenus que Firaxis nous a concocté. Et franchement, il y a quand même de quoi se gargariser, voire de se gausser grassement, notamment lorsque vous débarquez sur le champ de bataille avec une unité mécha, permettant de rôtir les petits hommes verts au lance-flammes, ou de poutrer un groupe de berserkers avec un bon vieux lance-patate des familles.

L’évolution de l’espèce

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La cybernétique, ça vous change un homme (ou une femme).
La principale nouveauté, c’est l’ajout d’une nouvelle ressource alien, aussi essentielle à votre développement, que dangereuse à récupérer. Car cette ressource, curieusement baptisée « Mêlée », a la désagréable idée de s’autodétruire après un certain nombre de tours de jeu. Dès lors, pour récupérer les deux containers présents sur la plupart des maps, il faut faire vite. Mais, à l’instar d’Enemy Unknown, lorsqu’on confond vitesse et précipitation ici, on se retrouve souvent avec quelques soldats sur le carreau et une mission qui part en sucette. Il faut donc trouver le bon équilibre entre le risque de perdre un (voire deux) containers, ou perdre un (voire deux) soldat parce qu’on l’a trop exposé aux tirs ennemis. Le choix est délicat, car cette « Mêlée » est indispensable pour pouvoir jouir des améliorations génétiques et cybernétiques qui transformeront littéralement vos hommes en véritables machines de guerre. D’un côté, les améliorations cybernétiques permettront à vos soldats de devenir des unités mécha surpuissantes, avec un arsenal à faire pâlir n’importe quel char d’assaut. De l’autre, les améliorations génétiques offriront à vos unités des pouvoirs physiologiques, permettant de résister aux attaques mentales adverses, de mieux viser, de survivre aux coups mortels, etc.

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Nous faire combattre une faction humaine était une bonne idée… mal exploitée.
Autre nouveauté principale de ce stand alone, l’arrivée dans le conflit d’une faction humaine ennemie. Il est en effet bien connu que l’homme et un loup pour l’homme : Même aux heures les plus sombres de notre histoire, nous continuons de nous battre les uns contre les autres pour tirer un maximum de profits de la situation. Plus dispensable que la « Mêlée », cette idée d’opposer le projet XCom à Exalt (la faction en question), offre des missions qui sont guères passionnantes (et l’une d’elle a même bien failli me planter ma partie à cause d’un bug… d’où l’intérêt des saves multiples). D’abord parce qu’elles sont assez répétitives, ensuite parce que les soldats d’Exalt étant bien plus faibles que les aliens, ils sont relativement simples à éliminer. Vous me direz qu’elles ont au moins le mérite de varier la progression, et vous n’aurez sans doute pas tort, mais à l’arrivée la sensation qui prédomine, c’est une faim inassouvie. L’idée n’était sans doute pas mauvaise, mais le résultat n’est finalement qu’assez anecdotique. Même l’attaque finale sur la base d’Exalt n’a pas la flamboyance qu’elle aurait dû revêtir.

Dépaysement

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Les missions scénarisées nous font regretter qu’elles ne soient pas plus nombreuses.
Mais ce qui selon moi fait tout le sel de cet Enemy Within, c’est la profusion de nouvelles maps. Car s’il y a bien une chose que je regrettais avec Enemy Unknown, c’était la redondance des missions et des environnements proposés. Désormais, ce sentiment est assez largement gommé, tant les niveaux sont variés et intelligemment construits. Certes, on n’a toujours pas droit à des décors en adéquation avec le pays visité, ni même à des conditions météorologiques distinctes, mais on a moins l’impression de répéter constamment les mêmes interventions, même si le type de missions proposées, lui, reste malheureusement récurrent. Plus décevant par contre, Firaxis n’a pas profité de l’occasion pour améliorer tous les petits détails énervants de la précédente mouture, comme les bugs graphiques ou les lignes de tirs complètement incongrues, ou encore les errances du système de visée, qui vous plonge dans le plus profond désarroi lorsqu’un de vos meilleurs soldats, spécialiste du corps à corps, rate un tir à deux mètres avec un fusil à pompe de dernière génération.

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Avec les possibilités de personnalisation, votre escouade aura de la gueule !
Enfin, sachez qu’en sus de nouveautés spécialement concoctées pour l’occasion, le titre offre également le DLC SlingShot, qui vous fera découvrir un mystérieux indic chinois, ainsi qu’Operation Progeny, un autre contenu finalement jamais sorti, qui vous emmènera en France. Vous trouverez également bon nombre de nouvelles apparences pour personnaliser vos soldats, tout comme la possibilité de les entendre parler dans leur langue natale. Bref, tout cela mit bout à bout, finit par donner un second souffle au jeu, qui gagne tant en intensité qu’en diversité par rapport à son ainé. Encore une fois, cela aurait sans doute d’avantage mérité un bon gros DLC plutôt qu’une version boite relativement onéreuse. Il ne vous reste alors qu’à tenter de revendre votre obsolète Enemy Unknown, histoire de couvrir une partie des frais, et à espérer un retour de la licence dans une véritable suite aux ambitions décuplées.

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