Warzone, Call of Duty rebat les cartes du Battle Royale

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Si la licence phare d’Activision s’était déjà essayée au genre, cette fois en devenant gratuit, Call of Duty vient directement titiller les ogres de la compétition, PUBG, Apex et bien sûr Fortnite.

Plus que jamais, l’argent est le nerf de la guerre

Il y a à peine plus d’un an, Electronic Arts tentait de contester l’hégémonie de Fortnite sur le monde du Battle Royale, avec Apex Legends. Et si ses débuts flamboyants (2,5 millions de joueurs le 1er jour) laissaient supposer une concurrence rude, le titre de Respawn s’est peu à peu essoufflé et n’aura finalement jamais pu faire d’ombre au mastodonte d’Epic Games. Aujourd’hui, c’est donc au tour de l’autre géant du jeu vidéo, Activision, de réclamer sa part du butin et d’essayer de faire tomber le roi de son piédestal, avec Warzone, la version Battle Royale, en stand alone gratuit, de Call of Duty Modern Warfare. Et avec une telle licence en toile de fond, le rapport de force n’est forcément pas le même qu’avec celle de TitanFall (beaucoup trop sous exploitée, selon moi). Le résultat ne s’est d’ailleurs pas fait attendre : 6 Millions de joueurs le 1er jour, 15 millions le 3ème, soit plus du double qu’Apex à la même époque. Et s’il faudra bien sûr attendre un peu pour entendre Activision crier victoire, il n’en reste pas moins que le rouleau compresseur est en marche, et qu’il semble avoir les arguments pour continuer sur sa lancée…

On trouve de nombreux véhicules, mais leur utilité n’est pas forcément essentielle

Car ce n’est pas la première fois que Call of Duty s’essaie au Battle Royale. En 2018, Black Ops 4 proposait déjà ce mode. Et s’il s’avérait plutôt sympa, on ne peut pas le nier, il n’inventait pas vraiment la roue et se contentait de suivre la voie tracée par PUBG en y ajoutant un gameplay Callof. Aujourd’hui, avec Warzone, la licence star d’Activision se décide à ne plus jouer les suiveurs, mais à imposer son propre style en bousculant les codes du genre. Et ça commence avec la taille de la map, quatre fois plus grande que celle de Black Ops 4, et ses 150 joueurs en simultané (60 sur Apex, 100 sur PUBG, 100 sur Fortnite). Au moment où j’écris ces lignes, les développeurs étudient même la possibilité d’atteindre la barre des 200, en augmentant la taille des escouades de trois, à quatre voire cinq joueurs. Avec une map aussi grande et autant de joueurs qui la parcourent, l’impression d’évoluer sur un véritable champ de bataille dans un mode multi n’a jamais été aussi forte.

Chaque arme a un niveau d’XP qui lui est propre et augmente avec son utilisation et débloque de nouveaux accessoires. Ainsi préparée, l’arme peut-être déployée sur le champ de bataille via un largage tactique.

Deuxième différence notable avec les autres jeux du genre : Le loot. Bien entendu, Warzone ne serait pas un Battle Royale s’il ne vous envoyait pas au combat avec votre bite et votre couteau (en l’occurrence un petit flingue), vous laissant l’opportunité de fouiller les bâtiments pour vous équiper avec du loot aléatoire. Toutefois, là où beaucoup vous proposent de dénicher armure et casque d’or pour vous rendre bien plus résistant que vos adversaires et ainsi vous octroyer un avantage non négligeable, Warzone se contente lui de vous proposer des plaques de blindage permettant de renforcer votre armure avec une à trois plaques maximum. Ces plaques étant relativement légion sur la map, tout le monde se retrouve ainsi sur un pied d’égalité en terme de résistance aux balles. De plus, entre chaque partie vous allez pouvoir préparer votre paquetage, en y incluant une arme principale, une arme de poing une grenade offensive et une autre défensive. Ces paquetages, vous pourrez les récupérer en jeu, via un largage aléatoire, ou acheté dans l’une des nombreuses boutiques clairsemées sur le champ de bataille. Ainsi, même si vous ne trouvez rien de bien folichon, quelques dollars glanés ça et là vous permettront de vous équiper convenablement avec votre propre paquetage soigneusement préparé. Fini donc, les fins de parties où vous faites face à des ennemis surarmés pendant que vous vous traînez avec votre petite pétoire ridicule, en bon poissard du loot qui se respecte.

Troisième différence notable : Pour la première fois dans un Battle Royale, en plus de la mission principale qui est de survivre, Warzone propose de véritables quêtes annexes sous forme de contrats. Ceux-ci sont au nombre de trois :

  • Le ravitaillement, qui vous demandera de récupérer trois caisses contenant, notamment, des masques à gaz (pour survivre quelques temps en dehors du cercle).
  • La reconnaissance, qui vous demandera de sécuriser un point sur la map, afin de prendre connaissance de la prochaine zone avant qu’elle n’apparaisse.
  • La chasse à prime, qui vous demandera d’éliminer un adversaire précis, en le notifiant sur la map.

Tous ces contrats vous octroieront également une certaine somme d’argent (tout comme survivre à une prime sur votre tête d’ailleurs), qu’il sera ensuite possible de dépenser pour acheter divers bonus, comme des plaques de blindage supplémentaires, des packs de munitions, des frappes aériennes, ou rappeler des coéquipiers tombés au combat.

Les contrats sont essentiels pour se donner toutes les chances de l’emporter

Car, la quatrième différence notable avec les autres jeux du genre, c’est le retour des coéquipiers KIA ! Apex Legends avait déjà introduit cette possibilité, en permettant aux survivants de récupérer l’IA de vos coéquipiers sur leur cadavre encore fumant, afin de les faire revenir par le biais d’une des stations de respawn disséminés aux quatre coins de la map. Ici, Warzone va encore plus loin. S’il vous est également possible de les ramener au combat, en dépensant là encore de l’argent dans une boutique (4.500$ par joueur rappelé), chacun d’entre vous aura en sus, une chance de revenir par ses propres moyens. En effet, lorsque vous vous faites éliminer sur le champ de bataille, vous êtes transféré au Goulag. Dans cette prison glauque à souhaits, vous affronterez un de vos rivaux en 1V1, le vainqueur étant renvoyé sur la map à poil (ou presque). De cette manière, une mort ne devient pas forcément définitive, et les joueurs éliminés rapidement peuvent encore espérer jouer la partie, plutôt que d’attendre des plombes dans leur coin que leur(s) coéquipier(s) meurent ou l’emportent. C’est aussi un moyen très simple, de gommer ce sentiment de frustration due à une élimination prématurée, parce que le gus qui a atterri juste à côté de vous a ramassé une arme avant vous.

Ajoutez à cela, le gameplay nerveux de Modern Warfare, pléthore de flingues en tous genres, des graphismes plutôt agréables vu la taille de la map, une bande son absolument grandiose (entendre les avions passer au-dessus de votre tête lors d’un bombardement, ça fout des frissons) et un Battle Pass plutôt généreux, et vous obtenez un jeu qui a toutes les cartes en mains pour s’imposer sur le marché du Battle Royale. De là à renverser Fortnite, je n’y crois pas une seule seconde. Mais se faire une place au soleil à ses côtés, ça me semble beaucoup plus probable, oui.

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