Uncharted 2 : Among Thieves, au revoir Indy

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Les échos sur Uncharted 2 sont unanimement dithyrambiques, alors que j’avais déjà adoré le premier il y avait peu de chance pour que je sois déçu…

Nathan Drake, le souffre douleur de ses créateurs

Partant encore une fois sur un élément historique pour construire son scénario (fictif) autour, Naughty Dog avec Uncharted 2 s’attaque cette fois au flou qui entoure la légendaire flotte de Marco Polo revenue de Chine très amoindrie et ce sans aucune explication de sa part. Nathan Drake se retrouve ainsi embringué sur les traces d’un trésor forcément mystérieux, d’indice en indice, de pays en pays… Je vais tenter de ne pas trop me répéter vis-à-vis de ma critique du premier Uncharted, mais toujours en tant que fan de récits d’aventures c’est encore un plaisir pour moi de vivre une histoire dont le point de départ est ancré dans une réalité historique et ne digressant pas trop dans des délires surnaturels à l’excès (qui ont plombés les Tomb Raider). Dans sa narration le jeu n’est toujours pas original pour un sou avec un lot innombrable de cinématiques et un hommage au genre aventure, tous médias confondus. C’est d’ailleurs ce qui est frappant, Uncharted 2 n’a absolument rien d’original ou de révolutionnaire, il ne cherche même pas à innover sur quelconque aspect que ce soit, mais il est d’une maîtrise tellement énorme que s’en est grisant. J’ai tellement rarement pris un pied aussi énorme à vivre les aventures d’un héros de jeux vidéo… Nathan est humain, il a des émotions, il s’en prend vraiment plein la gueule du début à la fin, il vanne, il a une vie affective, c’est un gros loser tellement poissard qu’on se demanderait presque s’il n’est pas maudit… Il se fait trahir, il retrouve des vieux amis, il s’en fait de nouveaux, ses animations (même s’il y en a toujours des perfectibles notamment les sauts horizontaux systématiquement identiques) le rendent toujours un peu plus réel… C’est un film Indiana Jones en jeu vidéo et en mieux parce qu’interagissant avec nous, joueur ! C’est tellement flagrant, du début à la fin, c’est tellement plaisant à jouer ! Oh, bordel de merde !

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Derrière cet air décontracté Nathan est sans aucun doute le héros de jeu vidéo qui s’en prend le plus dans la tronche de l’Histoire.
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Les mercenaires sont plus variés (esthétiquement et niveau gamelay) que dans le premier Uncharted mais il y a encore une fois énormément de clones, dommage.
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Faites pas gaffe au ‘vorige’ à gauche, j’ai piqué l’image sur un autre site. Juste pour vous montrer que le petit côté infiltration permet des éclatements de tronche assez marrants.
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Ce genre d’invitation au voyage c’est vraiment fabuleux à vivre, même si ce n’est qu’un jeu, je vous assure.

Tintin au Tibet

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Cette dague est un objet précieux dans cet épisode…
Comme dans chaque bonne suite, tout est décuplé. La mise en scène est très inspirée et, malgré des plans recherchés, laisse le joueur jouer librement (pas comme dans Fahrenheit par exemple…), les scènes sont excessivement plus variées et grisantes en alternant l’exploration parfois contemplative (faut dire que c’est foutrement magnifique), l’escalade, les fusillades, quelques petites énigmes et même des passages de semi infiltration ! Mais tout est tellement plus immersif, plus rythmé. Les passages d’action par exemple, ça va de grosse bastonnade sur le toit d’un train en marche aux sauts de camions en camions à pleine vitesse sur des petites routes en bord de falaise à des milliers de kilomètres d’altitude tout en se faisant tirer dessus… On se retrouve à Istanbul, en Himalaya, au Népal, au Tibet… et ce passage complètement « Tintinesque » en plein cœur d’un village tibétain au milieu des montagnes et de nulle part où l’on caresse des buffles et fait signe aux enfants en suivant un guide qui ne comprend pas un mot d’anglais (ou de français selon votre choix, d’ailleurs je ne dirais pas que « pour une fois » la VF est bonne, ça devient agréablement habituel)… Et puis il faut que je revienne sur la technique, hormis un assez long et double temps de chargement à chaque début de partie, c’est incroyablement fluide ! Incroyable parce qu’on a là le plus beau jeu consoles jamais conçu, avec un champ de profondeur dément et qui offre en prime une palette de couleurs hyper riches (je ne lésine pas sur les superlatifs mais c’est mérité). Et qui se paye même le luxe de basher comme il faut, avec justesse, les autres jeux actuels en donnant dans les bonus un filtre « Next Gen » où les couleurs deviennent marrons caca doigt façon Gears of War et consort…

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Le bouclier à la Gears of War 2 peut s’avérer très utile en notre possession.
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Chloé est un des nouveau personnage dont vous apprécierez la compagnie, ne serait-ce qu’esthétique…
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Ce défaut pourri des pierres fluo qui ressortent juste là où on peut escalader est quand même assez grossier pour un jeu aussi bien fini.
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Jamais neige (et traces qui vont avec) n’aura été aussi bien réalisée que dans Uncharted 2. Faut dire que la neige est assez rare dans les jeux vidéo.

On peut toujours s’améliorer

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Tomb Raider est pourtant bel et bien mort et sérieusement enterré malgré ce que pense ce personnage dessiné par notre poto MiD.
Autre détail qui fait la différence, malgré une aventure solo, Nathan n’est jamais seul, il a toujours une ou plusieurs personnes à ses côtés et de ce fait on ne s’ennuie jamais même en explorant ou en escaladant, du coup il y a toujours une vanne lâchée à droite à gauche et c’est aussi ce qui fait que l’on s’attache à des personnages. Alors bon, après, quand je disais que le titre n’a rien d’innovant c’est parfois même assez con. L’I.A. est en dent de scie et le game design n’est pas sans tare, dont pas mal identiques à celles des FPS avec le coup des barils explosifs intégrés partout sans raison valable et de la reprise de vie pour gland. Le level design niveau escalade n’est toujours pas aussi « réaliste » qu’un Assassin’s Creed où tout est parfait niveau architectural, là on a des grosses briques rouges presque fluo qui tranchent et ressortent des murs pour indiquer là où on peut grimper… Enfin voilà quoi, rien d’innovant mais rien de choquant par rapport au reste de la concurrence non plus, pas de quoi crier au scandale plus qu’ailleurs donc. Surtout que mon sentiment global après cette aventure reste à nouveau un énorme trip où j’ai passé plein de moments à m’oublier, à me plonger dans le jeu, mais preuve en est qu’il est encore possible de mieux faire.
Reste enfin le multijoueurs qui mixe tout ce qu’il s’est fait de mieux jusqu’ici de Halo à Call of Duty 4 en passant par Gears of War, que ça soit pour les différents modes ou le système de progression, récompenses et améliorations, mais le tout sauce Uncharted bien évidemment. C’est du classique mais de l’efficace et c’est toujours très beau mais à titre vraiment personnel, je suis beaucoup plus sensible au solo du jeu qu’à son multi… Au moins Naughty Dog s’est donné la peine d’en faire un et de bien le faire, ce qui n’a aucune raison d’être source de reproche.

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Le multi est ce qu’on attend d’un multi…
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Le mode capture the flag est skinné façon chasse aux trésors.
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La palette d’armes est assez complète même s’il n’y en a aucune pour le corps à corps.
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La qualité graphique du multi est exemplaire.

« J’aime quand les qualités ou les défauts d’un jeu arrivent à passer au second plan pour me faire ressentir tout simplement un trip, où je m’oublie, où je suis dedans, où je joue en y prenant plaisir. Uncharted : Drake’s Fortune est de ceux là alors je lui dis amen et basta ! » – C’est ce que j’ai donné en verdict final de Drake’s Fortune, Uncharted 2 : Among Thieves le surpasse…

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