Tales of the Abyss… arnaqué, méprisé, mais heureux quand même

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C’est parti pour la toute première critique d’un jeu 3DS… Espérons que ça ne soit pas la dernière.

Comme un malaise

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Comme toujours, on a le droit à des cinématiques sous forme d’animés, absolument superbes. Par contre, la séquence titre spoile à mort.
Si elle a connu des débuts difficiles, la 3DS de Nintendo semble bel et bien parti sur les rails du succès désormais. D’aucuns diront que c’est dû aux sorties successives de blockbusters comme MarioLand ou Mario Kart. Toutefois, on notera que ce succès coïncide, comme par hasard, avec la programmation de la première critique d’un jeu de la console sur Polygamer. De là à y voir un rapport de causes à effets, il n’y a qu’un pas que mon humilité légendaire me gardera bien de franchir. Plus sérieusement, si la petite dernière de Big N commence à se forger une ludothèque intéressante, on est encore loin d’y trouver des titres aussi atypiques que sur DS. D’ailleurs, à bien y regarder… à part des jeux Mario et des adaptations/remakes (Street, DoA, StarFox, Tales of…), le reste c’est un peu du pipi de chat. Il serait donc temps que les développeurs se sortent les doigts du cul. Bon, pour leur défense il faut admettre que si la console se vend bien, elle est encore loin de convaincre. Personnellement en tout cas, je ne vois pas de réelle différence avec la DSi, si on excepte la 3D stéréoscopique que personne n’active jamais parce que le rendu est foireux et qu’elle fait mal au crâne. Alors oui, y a un stick, les graphismes sont un poil plus fins, etc. Mais tout ça fait plus patch que nouvelle machine… et laisse comme un sentiment de malaise chez l’acheteur qui, parfois, se demande s’il ne s’est pas fait un peu avoir.

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Guy a la phobie des femmes, ce qui offre quelques moments plutôt cocasses.
Ce malaise, on le retrouve au moment d’acquérir son premier jeu. Pour ma part, j’ai acheté la console pour le boulot, comme un investissement… déjà rentabilisé d’ailleurs. A ce moment, il était bien sûr hors de question que je me prenne une console nue. Il me fallait un jeu, mais lequel ? Mario Kart 87 ? Super Mario 3D Land 128 ? Je n’ai aucun doute sur la qualité intrinsèque de ces deux jeux, mais franchement… vous n’en avez pas un peu ras le bol de Mario et tous ses dérivés ? Moi oui ! Hors de question également de me faire avoir par Street Fighter. J’ai déjà le jeu sur console de salon, pourquoi m’emmerderais-je avec une version au rabais ? Et puis Street, ils n’ont rien à envier à Mario quand il s’agit de proposer le même jeu chaque année. J’étais encore au lycée que je jouais déjà à Super Street Fighter IV Super Arcade Ultime Edition Collector 3.0 et ça s’appelait Street Fighter II. StarFox 64 est plutôt chouette, mais la durée de vie d’une dizaine de minutes grand max, me rebute un peu. Du coup, c’est sur un autre remake que j’ai jeté mon dévolu… un J-RPG en plus. Ça tombe bien, j’adore ça !

Si les Tales m’étaient contés

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Au fil des heures, les trahisons et faux semblants se succèdent à un rythme effrénée.
Je dois bien reconnaitre que je suis loin, très loin d’être un expert en Tales of…. Je n’ai d’ailleurs découvert la série qu’il y a trois ans, avec la sortie de l’exceptionnel Tales of Vesperia. Pour moi, ce fut une révélation même : L’alliance entre une richesse de gameplay insondable, une réelle profondeur scénaristique et un système de combat unique et évolutif particulièrement bien pensé. Par la suite, je me suis essayé à Tales of Symphonia sur Wii, avec toutefois beaucoup moins d’enthousiasme, il faut l’avouer. Tales of the Abyss n’est donc que mon troisième Tales of… dans ma vie de gamer, dans une série qui compte à ce jour treize épisodes (pas forcément tous sortis en occident). Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le titre me conforte dans l’idée que cette saga fait bien partie des meilleures séries du J-RPG, et mérite une place de choix aux côtés de Final Fantasy et Dragon Quest.

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Certains plans sont magnifiques.
Un peu à l’image de Vesperia, l’histoire de celui-ci se veut faussement naïve. Derrière les sempiternels jeunes héros adolescents, la petite bestiole tellement kawaii qu’elle en est pénible et les longs discours sur l’honneur, le courage et l’amitié dont les japonais sont si friands, se cache un anti-héros détestable au possible, avec ses caprices de noble. On y retrouve également, pêle-mêle, une sombre histoire de guerre, de fin du monde et de clonage sur fond de culte religieux. Rien de très original, je vous l’accorde, mais c’est savamment raconté, sans prendre de gants ou de détours. A ce point qu’on reste littéralement scotché à la console des heures durant, sans voir le temps passer. Plus on avance et plus on se dit « Allez, encore un petit donjon et je vais me coucher ». Bref, ceux qui ont joué à Skyrim dernièrement savent…

Un gros poil dans la main

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Ces dialogues optionnels ne sont pas traduits, ce qui les rend vraiment monotones.
Porté par une histoire passionnante et un chara-design franchement réussi, bien que là encore pas très original, on découvre peu à peu un monde régi par une religion aux forts relents d’astrologie et de divination, où pas un péquin ne semble bouger le petit doigt sans consulter son horoscope, ici appelé Score. De vous à moi, entre les Qliphots, Fonon, Sephiroth et autres noms barbares qui reviennent constamment, il n’est pas toujours aisé de bien saisir cet univers. D’autant plus que ces flemmards de chez Namco n’ont même pas pris la peine de traduire leur jeu. Européens, le message est clair : Namco s’en bat les noix de vous ! Mais rassurez-vous, ils s’en battent les noix de tout le monde, Nintendo compris. Car, non contents de ne proposer qu’un « simple » remake sur 3DS, quand la PSP enchaine les opus et que même la PSVita dispose d’un épisode à venir, ce Tales of the Abyss tient plus de l’adaptation portée à l’arrache par le stagiaire préposé aux photocopies qu’autre chose.

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Il n’est pas toujours aisé de se retrouver sur la carte du monde pour déterminer sa destination.
La moitié des dialogues (les mini-séquences optionnelles) n’est ainsi pas doublée, les graphismes peinent à se hisser au niveau de la PS2 originelle, la 3D stéréoscopique est juste une vaste blague et l’interface se contente du minimum syndical, à savoir la possibilité de déclencher des artes (combos/coups spéciaux) directement via l’écran tactile. Cela dit, cette option s’avère très pratique, notamment pour « forcer » vos alliés, contrôlés par l’I.A., à utiliser des artes de soin ou de protection. D’ailleurs, il est également possible de paramétrer de manière extrêmement pointilleuse, l’attitude de vos coéquipiers en fonction de chaque situation. Le hic, c’est que le jeu est beaucoup trop facile, et que du coup il n’est pas nécessaire du tout de s’emmerder avec tout cela. Les trois-quarts du temps, il suffit de bourriner pour passer et seule une poignée de monstres un peu plus gros que d’autres vous donneront du fil à retordre.

Du grand Artes

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Dès qu’on a accès aux mystics artes, les combats prennent une toute autre dimension…
Toutefois, malgré quelques lacunes et le côté foutage de gueule du portage bâclé, Tales of the Abyss reste un J-RPG très réussi. Ses combats en temps réel allient à la perfection la vivacité d’un beat’em all, voire d’un jeu de baston, à la tactique inhérente au genre (qui fait généralement cruellement défaut aux RPG occidentaux), notamment avec l’apparition des Fields of Fonons, des cercles d’éléments (feu, air, terre, eau) altérants vos artes pour démultiplier leurs effets. De plus, la montée en puissance est parfaitement retranscrite, que ça soit avec l’apparition des mystic artes dans la deuxième partie (voire le troisième tiers) de l’aventure, ou les différentes capacités (actives ou passives) que les personnages débloquent avec l’expérience. Sans compter bien entendu l’évolution de l’équipement, les nouveaux artes et les cristaux qui améliorent vos compétences basiques (force, agilité, etc.).

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Les fields of fonons sont des cercles élémentaires qui, associés à vos artes, provoquent des attaques spéciales dévastatrices.
Ceux qui, comme moi, se passionnent pour le J-RPG et/ou ne sont pas totalement réfractaires aux différents codes de la culture japonaise, et plus particulièrement de la culture otaku, et qui en plus n’ont pas trop de mal avec l’anglais, trouveront en Tales of the Abyss une cartouche de choix pour accompagner leur 3DS qui manque cruellement de titres de qualité. Les autres, qui ne conçoivent le jeu de rôle que comme un God of War avec un inventaire, n’y trouveront qu’un J-RPG de plus… d’autant que s’agissant d’un remake, le titre de Namco accuse parfois le coup par rapport à la concurrence, comme sa map mal foutue et trop oldschool ou la trop grande rareté des quêtes annexes.

Franchement, ils ne se sont pas foulés en nous proposant un vieux remake même pas relifté, à moitié doublé, et sans traduction française. Ça pue l’arnaque à plein nez, mais il n’empêche que c’est un putain de chef d’œuvre !

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