Star Wars Squadrons, d’ombre et de lumière

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Plongez au coeur de batailles spatiales épiques, à bord de votre X-Wing ou votre TIE Fighter, au son des thèmes mythiques de la saga Star Wars

Star Wars Squadrons vous permet d’incarner un pilote de la Nouvelle République et de l’Empire

Un peu à la surprise générale, même si moins soudainement qu’ils l’avaient fait pour Apex, Electronic Arts a annoncé et sorti dans la foulée, ou presque, Star Wars Squadrons, un jeu d’escarmouches spatiales sous cette prestigieuse et tant rentable licence. Nul doute que l’expérience des dog fights aériens sur Battlefront 2 a donné des ailes à l’éditeur américain, toujours plus avide d’essorer la saga de Lucas. Mais en grand fan de l’époque LucasArts et des X-Wing vs Tie fighters des années 90, ce n’est pas moi qui vais me plaindre d’une telle décision, même si le court délai entre l’annonce (juin) et la sortie (octobre), ainsi que le prix réduit comparé aux autres produits de l’éditeur (surtout pour un jeu Star Wars), n’encourageaient pas à l’optimisme.

En mode histoire, on a quand même droit à quelques passages très chouettes dans de superbes environnements…

L’idée du jeu semble essentiellement s’articuler autour du mode multi, en 5V5. Toutefois, il ne se dépare pas pour autant d’un mode Histoire, qui vous fera jouer alternativement côté Rebelles et côté Empire, afin de vous faire au pilotage de chacun des vaisseaux proposés dans les deux camps. Plutôt sympathique scénaristiquement parlant, sans être inoubliable pour autant, il est toutefois affublé d’une réalisation très en-deçà des standards du genre ainsi que d’une mécanique redondante (on parle à nos équipiers statiques, on suit le briefing, on reparle à nos équipiers statiques, on décolle… ad libitum). Autant en vol, les dialogues mettent un peu d’ambiance, autant au sol c’est au mieux, ennuyeux. Et puis c’est quoi cette idée merdique d’appeler les Tie Fighters : Chasseurs T.I.E ? Les doubleurs n’ont jamais vu un seul Star Wars dans leur vie (d’autant qu’en anglais, c’est la bonne prononciation… pas [Ti Aîe I]) ? Bref, s’il n’a rien de mémorable, ce mode a au moins le mérite de servir de tutoriel de luxe et offre même quelques bons moments de gloire (et quelques moments d’ennui profond aussi). Je ne suis par contre pas certain de l’intérêt de passer à la caisse, si vous êtes réfractaire au multi compétitif.

Ça vaut bien le coup de créer son personnage, vu qu’il n’apparaît absolument jamais en mode Histoire et avec son casque en mode multi.
Les vaisseaux de la Nouvelle République : X-Wing (chasseur), Y-Wing (bombardier), A-Wing (intercepteur) et U-Wing (soutien)

Ces quelques heures  en solitaire vont aussi et surtout vous permettre de peaufiner un peu vos réglages avant de vous jeter dans le grand bain. La configuration de chacun de vos vaisseaux d’une part, à savoir le type d’armes, de gadgets, de boucliers et de moteurs que vous utiliserez. Mais également vos réglages de gameplay. Car sachez-le, le maniement des vaisseaux dans Star Wars Squadrons est sans doute ce qui s’est vu de pire dans l’histoire de la simu spatiale. On voit que EA n’a aucune expérience en la matière, mais plutôt que de copier les petits copains, ils ont voulu innover en pondant un truc imbitable au possible : Les gaz sur le stick gauche ! Résultat, vous vous retrouverez régulièrement à l’arrêt ou au contraire, à fond de caisse pendant vos manœuvres. Heureusement, un petit passage dans les options vous permet de configurer tout cela. Pour ma part, j’ai opté pour les gaz sur les appui sticks gauche et droite (L3 / R3), eux-mêmes associés aux palettes de ma manette Elite (Merci la Xbox !). De cette manière, les mouvements des sticks peuvent retrouver leur but originel,  à savoir le contrôle du vaisseau. Malheureusement, si j’ai pu rediriger la commande du boost vers le ↑ du stick droit sans que ce soit trop gênant, je n’ai guère d’autre choix que de sacrifier la manœuvre de dérapage. Tant pis pour le style…

Les vaisseaux de l’Empire : TIE Fighter (chasseur), TIE Interceptor (intercepteur), TIE Bomber (bombardier) et TIE Reaper (soutien)

Techniquement, le jeu ne casse pas trois pattes à un canard, même si une pincée de missions proposent de jolis environnements, dans une nébuleuse électrique ou un cimetière de vaisseaux. Au moins, c’est fluide y compris lors des grosses batailles contre les Destroyers impériaux et autres Corvettes rebelles. Mais l’ensemble manque quand même cruellement de punch pour vous scotcher à votre fauteuil. C’est d’autant plus vrai que la bande sonore se contente également du minimum, avec quelques lignes de dialogues plutôt plaisantes (à part cette maudite histoire de chasseurs T.I.E.) et ce bruit si significatif que font les Tie fighters, mais ça ne m’apparaît pas suffisant pour vous griser en plein combat. Après tout, c’est pas comme si la saga Star Wars possédait quelques thèmes musicaux bien connus qui pourraient résonner durant les affrontements pour faire vivre un peu tout ça. Sans être moche ou mal foutu, on sent que Star Wars Squadrons n’a pas le budget d’un Battlefield ou d’un Jedi Fallen Order, pour rester dans la licence.

Les combats en Team Death Match, à slalomer entre les débris, astéroïdes et autres obstacles se dressant sur votre chemin, est vraiment jouissif.

Si le mode Story est un bon préambule de quinze missions pour se faire la main, l’essentiel du titre réside dans ses escarmouches en multijoueurs, à 5 contre 5.  Deux modes sont possibles : Le Combat Aérien qui oppose deux escouades l’une contre l’autre et le mode Batailles de Flotte, qui oppose deux bataillons sur une ligne de front évolutive. Dans le premier mode, simple Team Death Match, vous vous affrontez entre chasseurs, sans I.A. au milieu d’un environnement plus ou moins encombré. Les dog fights y sont plutôt grisants, il faut bien le reconnaître, mais il n’y a guère de tactique de jeu ; c’est à celui qui pilotera le mieux et enchaînera les frags. Dans l’absolu, on pourrait très bien imaginer une escouade bien organisée, avec un ou deux vaisseaux de soutien pour protéger les chasseurs et intercepteurs, et une bonne communication à base de tag (qui se résume à « Attaquez cette cible ») pour étouffer l’équipe adverse. Mais en pratique, ça se résume à un joyeux bordel ou tout le monde se fout sur la gueule en évitant astéroïdes et débris.

En mode Batailles de Flottes, le champ de bataille se transforme peu à peu en cimetière de vaisseaux au fur et à mesure que le combat avance.

Le mode Bataille de Flotte est bien plus tactique quant à lui, car ici il ne sera pas simplement nécessaire d’abattre les chasseurs adverses, mais de détruire le vaisseau-mère ennemi ainsi que sa garde rapprochée (Frégates et autres), en faisant avancer la ligne de front dans le camp adverse. Ici, l’utilisation des bombardiers et vaisseaux de soutien est bien plus appropriée, ainsi qu’une bonne coordination pour se concentrer sur les sous-systèmes du Destroyer / Croiseur jugés prioritaires. De plus, à l’instar d’un Titan Fall par exemple, des chasseurs contrôles par l’I.A. s’invitent à la fête pour augmenter encore davantage la tension en combat.

En définitive, si le mode Histoire est tout juste sympathique par manque cruel d’ambition, le mode Multi est bien plus plaisant à jouer, grâce à une ambiance assez unique et une véritable sensation de se battre au milieu d’une guerre dans l’espace. Dommage que le jeu ne se pare pas de modes supplémentaires ou de batailles engageant un peu plus de 10 pilotes humains en même temps. Il y avait vraiment mieux à faire, mais il faut bien avouer que combattre à bord de X-Wings et de TIE-Fighters c’est déjà bien exaltant en soi…

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