Split/Second, le nouveau Burnout ?

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Après avoir fait sensation avec Pure, leur SSX sur quads, le studio BlackRock marche maintenant sur les plates-bandes de Burnout.

Envie de zapper

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Dans quelques instants, cette jolie ville côtière va faire passer Beyrouth pour une station balnéaire.
Pour Split/Second, les développeurs ont eu l’idée originale de placer leur jeu de courses au sein d’un show télé explosif. On imagine que les participants sont autant des pilotes que des cascadeurs car la production leur a concocté un joyeux bordel pour pimenter les retransmissions et scotcher le spectateur à son poste de téloche ; ce serait ballot qu’il zappe sur La roue de la fortune ou Des chiffres et des lettres avec tous les moyens qui ont été mis en œuvre pour réaliser ces émissions. Car la production est allée jusqu’à réquisitionner des quartiers entiers de villes, un chantier naval, un cimetière d’avion et que sais-je encore, et placé des charges explosives un peu partout histoire de tout faire péter au passage des concurrents. Tout cela devait, en théorie, nous offrir un jeu survitaminé qui partirait en couilles de partout et ferait passer Burnout pour une contrefaçon chinoise de Mario Kart. En théorie, car en pratique on est quand même bien loin du compte.

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Le design des véhicules n’est pas plus original que les tracés et environnements proposés.
Bon, force est de reconnaitre que le jeu est plutôt joli et, contrairement aux craintes qu’on pouvait légitimement avoir après les différentes démos et versions preview, le jeu est fluide la majeure partie du temps. Les explosions mettent l’ambiance et les plus grosses d’entre elles (un pont qui s’effondre, un bateau qui dérive sur le bitume, un avion qui s’écrase, etc.) sont à couper le souffle. Dommage que les boulets de chantier ou les hélicos lâchant des barils explosifs soient tant légion d’un circuit à l’autre, car cela amène de la redondance dans un jeu qui ne devrait pas en avoir. Dommage aussi surtout que les modes soient si peu nombreux, si peu originaux. On a vite fait le tour des quelques circuits rencontrés et se les taper à nouveau dans un simili mode contre la montre ou la classique course éliminatoire n’apporte pas la diversité escomptée. Seul le mode survie, avec un camion lâchant des barils explosifs pour nous freiner, est original… mais d’un ennui sans borne !

Down in flames

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Ce type d’hélico, vous en croiserez à tous les coins de rue. En panne d’inspiration les mecs ?
J’attendais beaucoup de ce jeu. Surtout depuis l’immense désillusion que fut cette sombre bouse de Burnout : Paradise. Ma déception est donc d’autant plus grande ! Encore, j’aurai pu passer sur le nombre de circuits ridiculement limité. J’aurai pu passer outre les modes de jeu chiants comme un concert de Richard Clayderman. Mais difficile de faire fi de l’incommensurable ennui qui jalonne les courses. C’est bien beau de tout faire péter, mais si l’idée du show tv était intéressante en soi, il fallait penser aux participants avant de penser à la ménagère virtuelle de moins de cinquante ans censée mater les retransmissions. Les bolides sont d’une lenteur à faire peur, les tracés n’offrent quasiment aucune difficulté, les explosions sont redondantes… mais surtout, l’absence de trafic réduit à néant tout challenge et ce coté aléatoire qu’avaient les courses de Burnout : Takedown.

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Contrairement à l’idée qu’on peut se faire de cette image, les chocs entre véhicules aboutissent rarement à quelque chose…
Et que dire des chocs entre concurrents ? Il n’y a aucun moteur physique et vous pouvez rentrer dans vos adversaires autant de fois que vous le souhaitez, ça ne changera quasiment rien à leur direction ou à la votre… c’est à peine si ça altèrera votre vitesse de croisière. Alors que justement, avec le bronx que deviennent les courses au fil des tours, balancer les adversaires dans le décor d’un coup d’aile ou de pare-choc bien placé, aurait pu, aurait du, amener cette excitation presque épileptique qu’on attend en vain tout au long du mode carrière. Alors finalement, peut-être que Burnout: Takedown était le jeu de courses arcades ultime. Peut-être ne verrons-nous plus jamais un titre de cette envergure. Peut-être que le créneau est depuis lors, voué à se perdre dans les limbes de la médiocrité. Je commence sérieusement à me le demander…

C’est bien beau de tout faire péter, mais encore aurait-il fallu penser à tous les à-côtés. Parce qu’on n’a jamais mesuré un jeu à l’ampleur de ses explosions…

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