Skate., le test comme sur des roulettes

0

En position de monopole depuis de très longues années, Tony Hawk a finit par s’endormir sur ses lauriers et nous propose chaque année plus ou moins le même jeu. Seulement désormais, le titre de Neversoft se retrouve confronté à un concurrent de poids : skate. !

Skateurs, skateuses, on vous exploite

Et oui s’il y a bien genre qui sert de gagne pain facile à Activision, c’est bien celui du jeu de Skate. Voilà près de 10 ans que le bon vieux Tony Hawk trustait la première place des jeux du genre sans trop de difficulté puisque la concurrence était pour ainsi dire inexistante. C’était sans compter sur le loup EA, toujours à l’affût du moindre marché potentiellement vendeur. En septembre 2006, le géant a donc annoncé skate. sans plus de détails mis à part le blabla habituel des communiqués de presse. Puis au fur et à mesure les détails ont émmergés avec les premières images et les premières vidéos. skate. avait pour ambition de révolutionner complètement le genre, autant dire qu’il était attendu au tournant tant la série d’Activision stagne en terme de gameplay et ce, malgré la ville ouverte, les Jackass ou autres débilités bankables que Neversoft avait ajouté. Parlons-en justement, du gameplay. Alors qu’un Tony Hawk’s utilise simplement les boutons pour choisir les tricks et le stick pour bouger, skate. utilise les deux sticks analogiques, trois boutons et les deux gâchettes. Les développeurs d’EA ont ainsi choisis d’assigner le corps du skateur au premier stick (à gauche) et la planche au second (à droite forcément). Les gâchettes servent à grabber à droite et à gauche de la planche tandis que les boutons A et X servent pour leur part à prendre de la vitesse en poussant sur le sol avec le pied. Enfin, le bouton B combiné aux gâchettes permet de faire le malin en l’air en prenant sa planche à la main.

Les Tricks, comment ça marche ?

Mais comment que ça marche donc pour faire des tricks vous vous demandez ? Et bien, sur le papier le système est extrêment simple : le stick droit est utilisé pour faire tous les tricks possibles (avec l’aide des gâchettes pour les grabs) et le stick gauche permet d’ajouter les
rotations dans tous les sens. À première vue, dit comme ça, le système de jeu peut paraître bizarre et c’est vrai qu’au début on galère pour sortir une pauvre petit figure mais au fil du temps et des épreuves, on apprend à dompter ce système qui se révèle finalement simple mais très profond. Pour mieux vous faire comprendre je vais donner des exemples. Je vais prendre le ollie, un trick à la con tout pourri quoi. Pour le réaliser vous prenez le stick droit, vous l’amenez vers le bas (pour préparer le saut) puis vous le ramenez d’un coup vers le haut, voilà vous venez de faire un ollie. Maintenant vous êtes un grand fou et vous voulez faire un kickflip. La réalisation du trick est identique au ollie sauf qu’au lieu de ramener le stick vers le haut, vous le ramener vers le haut légèrement sur la droite. Je pense que là vous avez pigé le principe (sinon vous êtes tous des cons), je vais pas vous faire le livre entier des tricks sinon on y serait encore dans deux mois.

Be patient young padawan !

Vous l’aurez compris, il en faudra du temps avant de pouvoir sortir des enchainements un minimum classieux sans se vautrer et c’est là l’énorme différence avec Tony Hawk’s. Dans ce dernier même un gosse de aller, disons 5 ans pourrait réussir un 720 grab suivi d’un manual puis d’un flip trick pour finir sur un grind, le tout les yeux bandés et avec les mains liées. Dans skate. au contraire, il faut réellement apprendre à faire toutes ces figures une par une. Ce n’est qu’en les maitrisant chacune que le joueur peut oser prétendre les enchainer. Toucher à tous les boutons n’importe comment ne suffit pas dans skate.. De ce principe de base découle un sentiment d’accomplissement lorsque l’on arrive à sortir parfaitement une figure que l’on tentait de réussir depuis des des dizaines de minutes. skate. est, à n’en pas douter, gratifiant ! Il ne faut pas pour autant croire que le jeu est innaccessible au commun des mortels. Le jeu n’est pas difficile en soit, il est simplement exigeant. Il est, de ce fait, inutile de préciser qu’il est vivement conseillé de réaliser tous les didactitiels avant de se lancer à fond dans la course à la gloire qu’est la carrière. La carrière justement (vous avez vu cette transition quand même, ça c’est ce qu’on appelle du grand journalisme), elle commence par un film en prises de vue réelles bien marrant filmé par un gars qui deviendra notre esclave caméraman attitré. En gros c’est le mec qui se foutera de vous à chaque gamelle et qui sortira toujours les mêmes répliques, le mec chiant quoi.

Fashion victim

Ensuite vient le moment de se façonner son gus virtuel et de l’habiller façon skateur avec les quelques dollars que vous avez en poche. Les marques sont présentes en grand nombre et les gros plan sur les pompes, la board, les roues et les trucks des skateurs pros lors de leur présentation ne manqueront pas de vous le rappeller. Les pros sont eux aussi nombreux et tous réels. Bon faut évidemment pas vous attendre à avoir Tony Hawk hein… Et faudra pas non plus être surpris par le fait que le monde du skate est ultra machiste, mis à part dans les piétons, il n’y a à aucun moment des représentants de la gente féminine et il sera impossible de créer une skateuse dans le jeu. Passons ce “détail” pour nous intéresser à la ville entièrement ouverte dans laquelle on évolue. San Vanelona qu’elle s’appelle, l’archétype d’une ville avec le centre d’affaires, les quartiers résidentiels autour, la banlieu un peu plus loin, etc… Ce ne sont pas moins de cinq zones très différentes les unes des autres, chacune ayant ses particularités, que vous pourrez rider. Certains quartiers qui sont davantage propices au grind tandis que d’autre permettront des folie en l’air. L’un dans l’autre, l’environnement regorge d’endroits exploitables mais aussi d’autres skateurs bien casse bonbon. Non mais sérieux on a l’impression que des fois ils font exprès de se jeter sur nous pour casser notre ligne de combo. Bref l’IA des adversaires est digne d’une moule. Heureusement, cela n’empêche pas les différents types d’épreuves d’être tous intéressants. Entre les course de checkpoint, les concours de best-trick, les enchainements bien précis à faire pour faire une photo ou un film, etc… Il y a de quoi faire assurant au titre une belle durée de vie.

Live en bois, aspect communautaire en béton

Dommage par contre que le code réseau du online soit si mauvais parce que ça nous aurait peut être donné davantage envie de skater entre amis sans ces ralentissements. Au chapitre des défauts on notera la caméra unique située derrière le skateur qui n’est pas des plus pratiques par moments, une courbe de progression qui pourrait en effrayer plus d’un et enfin des chargements trop réguliers. Pour finir sur une note plus positive, les graphismes sont vraiment très jolis surtout en pensant que la ville est entièrement ouverte. Un point d’orgue est mis sur l’atmosphère de chaque quartier en utilisant des couleurs différentes notamment. L’ambiance sonore n’est pas en reste avec des bruitages très variés et réaliste. On a par ailleur le choix entre de la musique en continue où seulement dans certains lieux de la San Vanelona. Enfin last but not least, je ne pouvais écrire ce test sans passer à coté de l’excellent service skate. reel mis en place par EA. Si des jeux nous avaient habitué à du partage de screenshots (je pense aux PGR ou à Halo 3 plus récemment), jamais on n’avait vu du partage de clips lisibles sur un ordinateur. Une fonctionnalité communautaire qu’on espère être intégrée au plus vite dans d’autres jeux, on pense notamment aux jeux de course ou même aux FPS. Imaginez pouvoir montrer au monde entier un dépassement d’anthologie ou un carnage, ça laisse rêveur…

skate., pas exempt de défauts, réussit le tour de force d’imposer un style radicalement différent de la concurrence et de poser des bases solides pour le futur de la franchise.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.