Resistance Retribution, la PSP et ses chimères.

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Après deux épisodes PS3 aussi charismatiques qu’un expert comptable, la licence mou du genou de Sony, Resistance, débarque maintenant sur PSP. Cachez votre joie…

Nanard land

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Si en voyant ce screen, vous avez l’impression d’avoir déjà joué à ce jeu, c’est normal !
Ouais, j’suis trop content. Moi qui n’avait pas de Playstation 3 pour m’ennuyer en jouant à Resistance, je ne peux qu’applaudir des deux mains l’arrivée de la licence sur PSP. Enfin, je vais pouvoir comprendre en quoi cette série manque de peps. Et je dois dire que l’expérience est à la hauteur de mes attentes. En effet, il ne me faudra guère de temps pour saisir que je vais en perdre une pelleté sur ce jeu. Bon, je passerai outre les contrôles peu pratiques avec cette vue gearsofwarienne dirigée via les boutons croix, carré, tout ça tout ça. Tout comme sur ces gâchettes aussi ergonomiques qu’un ordinateur sous MS-Dos. Il faut dire que la PSP ne possédant qu’un (mauvais) stick et des boutons de merde, les pauvres développeurs n’ont pu faire que ce qu’ils pouvaient. On se demande d’ailleurs s’il n’aurait pas été plus judicieux de suivre l’exemple de Guerilla qui avaient, à l’époque, adapté leur FPS Killzone en un jeu d’action en vue isométrique tout à fait convaincant. Mais c’est un autre débat.

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Comment un jeu d’action pourrait sortir en 2009 sans son système de cover tout pourri ?
Resistance Retribution est donc un TPS (Third Person Shooter) qui nous place dans la peau d’un jeune, beau et fougueux soldat en passe d’être exécuté pour avoir déserté son unité. Bien entendu, il ne se fait pas exécuter sinon il n’y aurait pas de jeu, mais fini par rejoindre la résistance pour aller libérer Paris du joug des chimères. C’est ainsi l’occasion pour les développeurs un brin nationalistes de cracher sur les français, ces sales mangeurs de grenouilles, en nous dépeignant une résistance formée de débiles profonds qui, heureusement pour eux, pourra bientôt compter sur tout le talent du jeune, beau et fougueux héros. Tout ça nous donne droit à un scénario des plus convenus, plongeant tête baissée dans tous les clichés que le genre peut offrir, nous gratifiant de dialogues plus affligeants les uns que les autres. Pour vous donner une petite idée du niveau de l’histoire qui nous est contée ici, je dirais que si Resistance Retribution avait été un film, il aurait sans doute été réalisé par Uwe Boll.

On achève bien les chevaux

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L’ergonomie exemplaire de la PSP aura réussi à rendre les séquences de snipe plus pénibles qu’elles ne le sont déjà ailleurs.
Mais plus que l’histoire, c’est le manque total d’intérêt du soft qui est à montrer du doigt. Qu’on soit clair, le jeu n’est pas mauvais. Il est bien réalisé et si la maniabilité n’est pas des plus pratiques, c’est surtout à cause de la console elle-même que des développeurs. Mais voilà, le problème de Resistance, c’est qu’il a dix ans de retard. En cela, il me rappelle un peu Project Snowblind, sorti sur PS2 et Xbox. C’est typiquement le genre de jeu sur lequel on n’a rien à redire, tant il suit à la lettre les codes du genre : Des flingues comme on en voit partout, des munitions placées ça et là dans les niveaux, pile poil lorsqu’on en a besoin, des ennemis qui surgissent au moment où on s’y attend le plus, un système de cover super mal foutu, des adversaires cons comme des balais et une linéarité comme on n’en voit plus de nos jours. Tous les éléments du bon gros jeu d’action super ringard sont réunis ici, à tel point qu’on se demande même s’il n’a pas été crée avec une version « pour les nuls » d’un quelconque logiciel de développement.

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Les méchas, c’est un peu comme le cover. Tout jeu d’action se sent obligé de nous en balancer.
Bref, si la lente agonie de la PSP avait connu quelques soubresauts d’espoirs avec des titres tels que Patapon ou même God of War : Chains of Olympus, elle s’enterre ici à nouveau dans cette décrépitude qui la ronge depuis quelques années maintenant. Il serait peut-être temps chez Sony de s’avouer vaincu et de laisser leur console s’en aller en paix plutôt que de s’obstiner à la ranimer sans arrêt avec une multitude d’adaptation de ses licences de salon. En tout cas, ce n’est certainement pas avec des titres du calibre de ce pauvre Resistance Retribution qu’ils sauront renouer avec le succès. Passez à autre chose. Repartez sur des bases saines, ça sera bénéfique pour tout le monde !

Techniquement, le jeu ne s’en sort pas si mal que ça, il faut l’avouer. D’ailleurs, s’il était sorti il y a dix ans, Resistance Retribution aurait sans douté été un hit. Mais là, c’est juste un jeu très moyen, beaucoup trop classique et linéaire.

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