Resident Evil Revelations, la réconciliation ?

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Après un coup d’essai façon multijoueurs du pauvre, avec Mercenaries 3D, Resident Evil revient sur 3DS avec un titre chorale ambitieux censé renouer avec l’esprit de la saga.

Saga surcôtée

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Si le jeu propose une multitude de personnages, ce sont bel et bien les vétérans Jill et Chris qui en sont les stars…
Putain ce que je déteste Resident Evil !

Après les deux premiers épisodes sur Playstation, plutôt sympas pour l’époque, j’ai complètement décroché de la série.
Il faut dire que parmi les deux licences stars du survival, ou plutôt de ce qu’on appelait à l’époque le survival, j’ai toujours préféré les Silent Hill.
En même temps c’est pas bien compliqué tant, lorsqu’il s’agit d’ambiance, même les moins réussis d’entre eux, survolent tout de même les meilleurs épisodes de la saga de Capcom.

Franchement, je sais que beaucoup d’entre vous adulent cette saga, et notamment les derniers volets, mais pour moi Resident Evil n’a jamais su s’imposer.
Pire, depuis le quatrième épisode sur GameCube, cette licence n’est plus que l’ombre d’elle-même, troquant son habit de survival de série Z, pour un vulgaire costume de jeux d’action terriblement mous du genou, servis par des scénarii qu’on croirait écrits par Uwe Boll.
A côté, même les pitoyables adaptations cinématographiques ont l’air d’avoir été réalisées par Woody Allen.

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… Même s’il faut bien avouer que la petite nouvelle, Jessica Sherawat, a de sérieux atouts à faire valoir.
Ouais je sais, je suis fou… je ne sais pas ce que je dis.
C’était tellement formidable Resident Evil 4, avec ses ennemis ridicules, ses mécaniques de gameplay à la Heavy Rain (« Oh, fantastique, je peux utiliser des jumelles quand je suis à côté de cet arbre »), sa maniabilité plus rigide que Margareth Tatcher et son histoire tellement passionnante de fille de président américain kidnappée par de vilains paysans espagnols, pour laquelle on envoie un beau gosse et deux ilotiers du coin parce que ce serait pas crédible d’envoyer tout un bataillon de troupes d’assaut. Ce n’est que la fille du président après tout.

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Il faut n’avoir jamais vu la mer pour s’imaginer être sur un bateau tant celui-ci est immobile.
Toutefois, je reconnais le coup de génie des développeurs : Avoir créé un gameplay indigeste, d’une lourdeur rarement atteinte, afin de donner l’illusion de situations complexes et désespérées.
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La montagne, ça vous gagne… ou pas.
Car avec Resident Evil 4 (et les suivants), trois pauvres ennemis armés de fourches et râteaux, deviennent plus compliqués à gérer que n’importe quel boss de Ninja Gaiden. Franchement, chapeau !

Bref, tout ça pour dire que c’était quand même mal barré pour que j’apprécie cet épisode 3DS.
Même encore aujourd’hui, je me demande ce qui m’est passé par la tête quand j’ai pris la décision de l’acheter …

Croisière Costa

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Que ça soit dans la peau de Jill ou de Jessica, le soft offre une jolie vue… notamment en 3D.
Le résultat ne surprendra donc personne : Resident Evil Revelations est loin, très loin d’avoir obtenu mes faveurs.

Il faut dire que le jeu se paie le luxe de pomper Cold Fear, un titre de la génération précédente (sorti en 2005), en l’amputant de toutes ses qualités.

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Le scanner permet de récolter des bonus, mais surtout de dénicher munitions et grenades.
Car s’il en reprend l’idée principale, à savoir infiltrer un bateau infesté de zombies (ou plutôt de mutants dans le cas de Resident Evil), il ne lui arrive jamais à la cheville.

En effet, à l’époque, le titre de Darkworks nous plongeait dans l’enfer d’un gigantesque navire secoué par la houle, où l’environnement faisait partie intégrante du gameplay :
Les vagues déferlaient sur le pont et emportaient tout sur leur passage, nous obligeant à nous accrocher au bastingage pour ne pas tomber à la baille.
Même à l’intérieur, la houle gênait considérablement la visée et le triptyque héros, zombies et mercenaires russes s’entretuant gaiment offrait toutes sortes de situations intéressantes.

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On a régulièrement affaire à des mini-jeux tactiles tout pourris.
Dans Revelations c’est différent.
Ici le navire n’est plus un cargo mais un gigantesque bateau de croisière façon Costa Concordia.
Cela nous offre ainsi des environnements bien distincts et plus variés que dans le titre de Darkworks, avec des parties techniques sombres et lugubres (Cale, machineries, services techniques, etc.), mêlées aux zones publiques, très luxueuses (bien que trop restreintes pour un bateau de cette envergure), rappelant parfois le film de Steve Beck, le Vaisseau de l’angoisse.

Honnêtement, question décors on est gâté, même si les environnements s’apparentent un peu trop à une succession de couloirs interminables dans lesquels il est particulièrement pénible de se repérer, tant la carte est mal conçue.
Mais malheureusement, le navire en question semble cloué au sol, tant il ne bouge pas.

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Le jeu essaie de vous faire peur avec des scripts éculés depuis les années 80.
Dès lors, on n’a finalement jamais l’impression d’être en pleine mer, alors que c’était censé être l’argument numéro 1 (avec les fesses omniprésentes de Jill Valentine en 3D). Avouez que c’est un peu balot, non ?

Jusqu’aux dents

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Les parties publiques du bateau sont chouettes et luxueuses, mais bien peu nombreuses pour un navire de cet envergure.
Mais j’avoue volontiers que je suis mauvaise langue.
Car mine de rien, le jeu opère une véritable petite révolution dans son gameplay. : Il est désormais possible de se déplacer tout en visant/tirant !
Bon, on n’avance pas vite ça c’est sûr, mais on avance tout de même… doucement mais sûrement.
Tout de suite, c’est beaucoup plus pratique pour rester à l’affût lorsqu’on progresse dans les couloirs, ou mieux, pour reculer tout en arrosant les ennemis face à soi de grosses salves.

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Les ennemis ont un look à la Silent Hill je trouve.
Mais même s’il est possible d’avancer en tirant, le jeu n’a toujours pas perdu cette extrême rigidité qui plombe la série depuis la nuit des temps. Et ce, malgré les nombreuses options pour paramétrer la jouabilité pourtant proposées (inverser les commandes de visée, sensibilité du circle pad, etc.).
On galère toujours autant pour aligner un headshot, et lorsqu’on fait face à un ennemi rapide (ou pire, à plusieurs d’entre eux), on a vite fait de s’énerver sur la maniabilité foireuse du soft, bien servie il est vrai, par un circle pad pro dont le stick manque tout de même de confort et de précision.

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Chaque perso possède ses propres armes de corps à corps.
Heureusement, l’arsenal est particulièrement complet, allant du simple pistolet automatique au lance-roquette, en passant par tous les classiques du genre, 357 Magnum, fusil à pompe, d’assaut ou à lunettes, etc.
Dès lors, on compense la rigidité de la visée par des armes très efficaces, comme le 357 Magnum ou le fusil à pompe, capables d’arrêter net un éléphant, et qui s’avèrent très pratiques lorsqu’on est cerné et qu’on n’a pas forcément le temps de bien viser.
Et comme en plus, chacune de ces armes peut être améliorée grâce à des kits de customisations qu’on trouve ça et là, on se retrouve vite avec des personnages surarmés, capables de tenir un siège à eux tout seuls.

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Dans l’eau, on se retrouve vite en difficulté face à l’agilité de ces monstres.
Dans le même esprit, un scanner nous est fourni et sert notamment à analyser les mutants (vivants ou morts) ou à identifier des empreintes digitales débloquant divers bonus. Mais ce scanner permet aussi de dénicher toutes sortes d’objets planqués dans les environnements. Objets qui, bien souvent, se trouvent être des munitions et des grenades en tous genres.

On est donc bien loin de l’effet pénurie qui sied si bien aux Survival en général.
Cela plaira certainement aux bourrins de service, mais atténue nettement l’effet de flippe qu’on pouvait espérer d’un tel titre et d’un tel environnement.

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Les ennemis invisibles compliquent grandement la tâche.
Plus que jamais, Resident Evil ne peut plus être considéré comme un survival, pas même un genre bâtard entre l’action et la survie. C’est juste un shooter de plus parmi les douze autres jeux du genre qui sortent chaque mois.
Il se paie même le luxe d’intégrer une pitoyable scène de rail shooting alors que chacun sait que le rail shooting, c’est le mal.
Un mal incurable qui tue le genre à petit feu sans que personne ne fasse rien pour endiguer ce fléau.

La valse des boulets

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La souplesse de Jessica laisse… hum… songeur.
Malgré tout, alors que j’ai eu toutes les peines du monde à tenir deux heures sur Resident Evil 4 avant d’aller vomir (et pas beaucoup plus de vingt minutes sur le 5…), j’ai réussi l’exploit d’aller jusqu’au bout de cet épisode.

Honnêtement je ne pense pas qu’il soit meilleur que les autres, même si le fait de pouvoir avancer en tirant apporte indéniablement de la souplesse à l’expérience. Mais il faut croire que le côté nomade du jeu le rend plus attrayant… ou du moins, lui offre d’avantage d’excuses.
Enfin nomade, j’me comprends… Parce qu’une fois montée sur le Circle Pad Pro, la 3DS n’a plus grand-chose de portable.

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Le Circle Pad Pro, l’accessoire indispensable pour transformer sa console portable en char d’assaut encombrant.
Difficile par exemple, d’emmener sa console dans le métro sans devoir lui réserver un strapontin tant elle est grosse ainsi apprêtée.
Mais quand ta copine mate une connerie à la téloche, pouvoir jouer à Resident Evil c’est quand même bien pratique.
Et vu le niveau des programmes télé, ça a sans doute été salvateur pour mon intellect ; même s’il est difficile d’imaginer qu’un jeu d’action très moyen, plus influencé par la série B que le film d’auteur, puisse avoir un quelconque effet positif sur l’intellect des gens.

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Y a pas à dire, les japonais ont beaucoup de goût lorsqu’il s’agit de dessiner des mutants.
Dommage toutefois qu’on ne puisse pas jouer toute la campagne en coopération (en même temps je dis ça, mais personne dans mon entourage possède la 3DS).
On a bien droit à un mode arcade jouable à deux et reprenant les chapitres du scénario les uns après les autres, ajoutant des ennemis à chaque pallier de difficulté franchi, mais pas de vraie campagne coop’.

C’est d’autant plus dommage que, la plupart du temps, notre personnage est accompagné d’un équipier. Un équipier dont l’intelligence n’est d’ailleurs pas la vertu première.

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Même les ennemis ont un décolleté plongeant.
Ça m’a toujours interloqué ce principe de planter le héros au milieu de coéquipiers dirigés par l’I.A.. Certes, c’est particulièrement pratique pour dynamiser un scénario. Cela permet d’enchainer les dialogues sans temps morts et d’occuper le joueur durant les séquences calmes.
Mais comme dans 99% des cas, l’I.A. n’a d’intelligente que le nom, nos équipiers finissent toujours par endosser le rôle du boulet, plutôt que celui du soutien.
Et bien évidemment, Resident Evil Revelations ne fait pas exception à la règle, tant vos alliés ne serviront à rien, si ce n’est à débiter des conneries pendant que vous vous évertuez à éliminer les ennemis tout seul.

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Parfois, lorsqu’on encaisse un gros impact, notre personnage se retrouve les quatre fers en l’air. L’une des rares feature sympa.
Pire encore, leur présence annihile toute possibilité de frissons et d’angoisse. Car il est difficile d’avoir le trouillomètre à zéro quand votre pote ne s’arrête jamais de tchatcher.
Quoi que parfois, lorsqu’il reste planté dans un coin du décor et finit par vous rattraper dix minutes plus tard, au moment où vous entendez la porte se refermer dans votre dos, ça peut surprendre.
Du moins, jusqu’à ce que vous compreniez que les ennemis sont incapables d’ouvrir ou de défoncer une porte si le script ne l’a pas spécifiquement prévu.

Bref, amputé de toute ce qui fait le sel du survival, à commencer par l’angoisse inhérente au genre, affublé d’un scénario ridicule, proposant un environnement intéressant mais sous exploité et doté de mécaniques de gameplay mal pensées, Resident Evil Revelations ne parvient jamais à vous prendre véritablement aux tripes.
Il est finalement à l’image de ses prédécesseurs : Un jeu d’action tout mou et franchement moyen, qui se laisse jouer en période de disette… notamment grâce à la performance technique remarquable (faut avouer que ça a de la gueule pour un jeu 3DS). Un Resident Evil quoi !

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