R.U.S.E., le bêta-test qui calme

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Le poker n’a jamais été autant à la mode qu’aujourd’hui. Alors quand un développeur tente de mêler des fondamentaux de ce jeu de cartes aux mécaniques de RTS, on se dit que c’est soit un gros coup de bluff, soit le coup du siècle !

Tu vas l’avoir ta putain de guerre… Beuaaaargh !

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Ne négligez pas l’infanterie. Elle est discrète, bon marché et redoutable contre les bâtiments.
Dans le domaine du RTS, on ne peut pas dire qu’Ubisoft manque d’ambition. Entre Anno (bon ok, c’est plus un jeu de gestion), Endwar et maintenant R.U.S.E., la compagnie franco-canadienne aligne idées novatrices sur idées novatrices. La dernière en date, c’est donc cette idée à première vue saugrenue, de mêler le poker au jeu de stratégie. Certes, le poker est également un jeu de stratégie, mais de là à défoncer la tronche du croupier à coups de char Sherman, il y a quand même de la marge. Alors forcément, R.U.S.E. intrigue ; et d’autant plus depuis qu’il a été présenté sur table multi-touch, ces tables tactiles que personne d’entre nous n’aura avant Juin 2047, faute de moyens. Alors moi, je n’ai pas encore de table, ni d’écran tactile (car il sera aussi compatible avec les écrans, qui sont déjà plus abordables… enfin façon de parler), mais j’ai un PC suffisamment puissant pour m’essayer à la bêta dans de bonnes conditions (En plus, moi je ne suis pas une lavette, comme d’autres qui se cachent derrière une pauvre excuse de PC cramé pour éviter de prendre une avoinée…). Et ça tombe plutôt bien, vu qu’Ubi a eu la générosité de me fournir une clé d’activation, via Steam, pour participer à cette mise en bouche. Après avoir téléchargé l’ogre de Valve et installé le jeu sur mon PC, je me suis donc lancé, la fleur au fusil, sur le champ de bataille.

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La bêta autorise depuis peu les parties à 2 contre 2.
Et là, dès lors qu’on voit qu’aucun tutoriel n’est mis à disposition du joueur, ni même de mini-campagne solo pour se familiariser avec les commandes, on se dit que ça va pas être simple. Heureusement, Ubi nous propose tout de même d’apprendre à jouer via un tuto vidéo disponible sur Youtube. Malheureusement, celui-ci est en anglais (un comble vu que le gars est français… ça s’entend à l’accent), sans parler du fait que c’est toujours moins simple de lire une vidéo de 10 minutes et de se plonger qu’après dans la mise en œuvre de ces fonctionnalités. Toutefois, on est très vite rassuré une fois parachuté sur la carte tant les contrôles se veulent finalement logiques et intuitifs. Pour faire court, un menu dans la partie supérieure de l’écran nous permet d’accéder aux constructions, aux unités à produire, et bien sûr aux différentes ruses sur lesquelles je reviendrais plus tard. La molette quant à elle permet de zoomer et dézoomer de manière assez impressionnante et le bouton gauche de sélectionner et donner des ordres à ses troufions. Cliquez sur un point de la carte, et vos unités se déplaceront. Cliquez sur une unité ennemie et elles l’attaqueront. On peut difficilement faire plus simple, non ?

All-in

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La Normandie… ses campagnes et ses noms de ville super originaux.
Une fois dans le menu de R.U.S.E., deux possibilités s’offrent à vous. Soit vous hébergez une partie pour pouvoir ridiculiser l’un de vos amis (C’est ce qui était prévu avant que Nachar ne se dégonfle), soit vous vous lancez dans une partie classée, au risque de tomber sur un cador. Car c’est là toute la différence avec une même bêta sur consoles : Le PC et le RTS c’est une histoire d’amour qui ne date pas d’hier… certains joueurs sont donc des monstres de technicité et de rapidité, rompus aux fondamentaux de la stratégie et abonnés à Sun Tzu Magazine (Le cherchez pas en librairie, je viens de l’inventer). Heureusement, il reste encore des joueurs moins hardcore avec qui faire des parties plus équilibrées et donc plus intéressantes. C’est un peu du 50/50… un pari finalement plutôt en adéquation avec le coté poker assumé du titre. Car oui, je vous parle de poker depuis le début, mais je ne suis jamais rentré dans les détails et du coup, vous devez vous demander ce que je baragouine. Alors, la première similitude avec ce jeu de cartes, c’est lorsque vous survolez la carte à un niveau de zoom minimum. Vos unités, fièrement représentées sur le terrain lorsque vous vous en approchez, sont à ce moment définis par des piles de jetons de casino. Bien entendu, plus la pile est grosse, plus vous avez d’unités concernées… A moins que ça ne soit du vent. Car c’est là la deuxième similitude avec le poker : Le bluff.

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La carte indique le temps qu’il vous reste pour chaque ruse.
Appelé ici « ruse », ces coups bien spécifiques vont vous permettre de pimenter un peu les parties, avec des aléas bien réels dans les guerres d’hier et d’aujourd’hui, mais pourtant jamais (ou pas à ma connaissance en tout cas) utilisés dans les RTS. Certaines de ces ruses fonctionnent comme des bonus pour vos unités. Ainsi, la fameuse tactique du blitz, augmentera la vitesse de déplacement de vos hommes et le fanatisme les poussera au combat jusqu’à la mort, interdisant la retraite même s’ils se font sévèrement défoncer. D’autres, sont des bonus tactiques, comme le silence radio qui rend vos unités indétectables (sauf de visu) et l’espion qui vous envoie de précieuses informations sur la situation de l’ennemi. Enfin, certaines ruses seront de véritables coups de bluffs et notamment les unités et bâtiments leurres, censés attirer l’attention de votre adversaire pendant que vous vous préparez à le renvoyer chez sa mère à l’opposé de la carte. Il faut savoir que chacune de ces ruses coute de l’argent, au même titre que la construction de bâtiments ou le déploiement d’unités, et qu’elles ne sont applicables que dans un seul secteur du jeu (ou alors il faut dépenser encore de l’argent pour l’appliquer à un ou plusieurs autres secteurs). Sachez aussi qu’elles ont une durée comprise entre trois à cinq minutes. Retenez-le, car ce serait ballot de se lancer dans une attaque surprise avec silence radio et que celui-ci vous lâche à mi-chemin.

L’art de la guerre

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En zoom max, le niveau de détails est impressionnant…
En dehors des ruses, le jeu se déroule de manière plutôt traditionnelle. Les priorités, sont avant tout de générer des bâtiments administratifs qui vous permettront de faire du profit et d’engranger de l’argent, le nerf de toute guerre, puis d’investir les différents dépôts qui vous fourniront les ressources nécessaires pour faire croitre votre armée. Ensuite, vous n’avez que l’embarras du choix, entre les baraquements pour entrainer vos troufions, les usines pour fabriquer des unités mobiles, aussi bien terrestres (chars, artillerie, éclaireurs) qu’aériennes (reconnaissance, chasseurs et bombardiers) et les bunkers anti-char ou autres DCA. A noter qu’aucune unité navale n’est présente dans cette bêta, même si cela ne veut pas dire qu’elles seront absentes du jeu final. A chacun donc, de s’organiser afin de trouver le parfait équilibre entre assurer des revenus, produire suffisamment d’unités pour mettre à mal l’ennemi, défendre ses positions contre les éventuelles ripostes terrestres et aériennes, et bien sûr, déclencher des ruses.

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Le coté carte d’état major est quand même bien sympa, non ?
De cette première expérience, il en ressort une très bonne impression. Le jeu est particulièrement agréable visuellement ; alternant entre une carte d’état major interactive qui en jette et des environnements détaillés, soumis à toutes sortes d’effets spéciaux (explosions, fumées…), en niveau de zoom maximum. A la souris, le jeu répond évidemment à la perfection et les nombreuses possibilités tactiques, inhérentes à la variété des constructions et unités, autant qu’aux principes ingénieux des ruses, nous donnent un sentiment de liberté créative rarement ressenti à ce point (oui oui, on peut être créatif dans les combats… sinon on n’appellerait pas ça, l’Art de la guerre !). Reste maintenant à savoir ce que tout cela va donner sur consoles, où le gameplay va devoir s’adapter aux pads, au risque de se confronter à une perte d’ergonomie évidente (quoi qu’une suite sur Natal, ça pourrait carrément le faire). Toujours est-il que les bases sont déjà solidement en place et que même avec une émulation de la souris sur les sticks, le jeu s’annonce déjà énorme. Alors avec quelques raccourcis en plus, il ne devrait pas y avoir de problèmes. En tout cas sur PC, la question ne se pose même pas… Si le solo est de qualité et les modes de jeu variés, R.U.S.E. est parti pour s’imposer…
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