Retour sur Psychonauts, le jeu vidéo est une drogue dure

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Après Day of the Tentacle, Full Throttle ou encore Grim Fandango, Tim Schafer nous gratifiait d’un énième chef d’œuvre comme lui seul en a le secret.

Un jour en colonie, la si, la sol !

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Malgré un look quelque peu bizarre, Raz a beaucoup de charisme je trouve.
Comme souvent chez Tim Schafer, le scénario est un prétexte à toutes sortes de délires et d’histoires rocambolesques. Et ce n’est certainement pas avec ce titre que cette réputation va changer. Vous êtes Raz, Razputin de son nom complet, un jeune garçon aux talents prometteurs qui aspire à devenir un Psychonaut, un être capable de pénétrer votre cerveau pour y remettre de l’ordre. Pour arriver à vos fins, vous atterrissez dans un camp de nature, façon colo pour scouts aux capacités psychiques exceptionnelles et au physique ingrat. Vous y suivrez les enseignements de Psychonauts adultes complètement barjots. Seulement votre apprentissage va très vite tourner au cauchemar lorsque les enfants de la colonie vont se faire voler leur cerveau les uns après les autres. Une longue quête va donc vous mener à travers les esprits d’une douzaine de personnages afin d’accomplir votre formation, démasquer le coupable, restaurer le calme sur le camp et accessoirement, rendre leur cerveaux à leurs propriétaires respectifs. C’est dans cet univers complètement barré que vous allez plonger pour y découvrir des gens étranges, des décors psychédéliques, des situations grotesques, envoûté par des musiques parfaitement dans le ton et un humour irrésistible distillé par des acteurs d’une rare justesse pour un jeu vidéo. En effet, si les musiques sont juste très bonnes (ce qui n’est déjà pas rien), que dire des voix françaises tout simplement magistrales. L’humour pourtant très particulier de Tim Schafer est ici parfaitement retranscrit et on sent qu’un travail tout particulier a été fait sur le jeu des acteurs, ce qui rend l’aventure d’autant plus crédible et agréable à suivre.

A l’école des irradiés

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Si j’avais eu une prof comme ça quand j’étais au lycée, j’en serais sans doute tombé amoureux.
Graphiquement Psychonauts affiche un design tout particulier, rappelant vaguement celui de Grim Fandango, ou bien mon appartement après avoir ingéré une bonne centaine de champignons hallucinogènes. Un esthétisme qui pourrait, à première vue, en rebuter quelques uns ; qui passeraient alors à coté d’un grand jeu de plateforme. D’autant plus que dans son genre, la partie technique est très réussie avec de jolies textures, très peu (voire pas du tout) de bugs, une animation excellente et des effets spéciaux très bien foutus. L’univers se veut très coloré, très géométrique également et varie en fonction des zones que vous explorerez. Le camp dans lequel vous évoluez la majeure partie du temps est divisé en plusieurs sections que sont les dortoirs, la plage, la cantine, le parking, et quelques autres. Cette zone est un monde ouvert dans lequel vous pouvez évoluer à loisir afin de collectionner des cartes psys qui vous permettront d’accroître la puissance de vos pouvoirs. C’est une zone au design relativement sobre, si on excepte l’excentricité des diverses constructions et l’apparence très « Post-Tchernobyl » des différents personnages que vous rencontrerez. Puis il y a les mondes de l’esprit, des mondes correspondant à l’esprit de différentes personnes dans lesquelles vous entrerez par le biais d’une porte mentale.

De l’usage de psychotropes…

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Si vous comprenez quelque chose à cette image… arrêtez les piquouses !
Ces mondes ont tous un design très particulier, complètement azimutés et ressemblant plus à une thèse illustrée des effets néfastes du LSD qu’à un jeu vidéo. Chacun de ces mondes correspond à la personnalité des personnages à qui il est rattaché et propose différents challenges à relever permettant de gagner de nouveaux pouvoirs. Ces pouvoirs sont au nombre de huit : Le tir psy, la lévitation, la télékinésie, la clairvoyance, la pyrokinésie, le bouclier, l’invisibilité et la confusion. Pour acquérir chacun d’entre eux, vous devrez remporter les badges de Psychonaut correspondants ; chaque badge représentant une faculté. Une fois ceci en votre possession, vous pourrez à loisir exercer votre nouveau talent, aussi bien dans les mondes de l’esprit que dans le monde réel. Le gameplay lui se base sur les classiques du jeu de plateforme, avec une petite touche aventure et exploration en sus. D’acrobaties pour atteindre des endroits difficilement accessibles en combats contre les différentes créatures que vous rencontrerez dans les différents mondes, vous ne vous ennuierez jamais dans ce jeu et garderez toujours à l’esprit de récolter un maximum de bonus. Si ce gameplay reste le même que vous soyez dans le monde réel ou dans le monde de l’esprit, le design particulier à chacun de ces mondes vous amènera cependant à rencontrer de nombreuses et diverses situations qui mettront vos réflexes à rude épreuve. Globalement le jeu reste cependant assez simple et malheureusement trop court. Vous pourrez toujours parcourir les différents mondes pour tenter de le finir à 100 % et rallonger ainsi la durée de vie, mais pour la grande majorité des joueurs, une douzaine d’heures devraient largement suffire. C’est devenu une généralité dans le monde du jeu vidéo et c’est bien dommage, mais douze heures d’un tel plaisir vaut bien mieux qu’une vingtaine à s’ennuyer, non ?

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Faut pas s’étonner d’avoir cette gueule quand on voit celle de votre paternel.
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C’est le jardinier ou l’épouvantail ? J’ai jamais su…
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Chaque monde propose un univers radicalement différent des autres.

A moins d’avoir des poussées d’urticaire en jouant aux jeux de plateforme, je ne vois pas comment on pourrait marquer sa désapprobation face à un tel chef d’œuvre.

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