Psychonauts 2, une psychanalyse chez les fous

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Seize ans après le 1er épisode et six ans après l’annonce de son développement, la suite du petit prodige psychédélique de Double Fine est enfin devenue réalité.

Attente récompensée ?

Je glisse une image de Conker, au cas où mes messages subliminaux ne soient pas assez explicites…

En 2005, le studio Double Fine fondé par Tim Schafer sortait son tout premier jeu sur Xbox et PS2 : Psychonauts. Ce jeu de plateforme déjanté rencontra immédiatement un succès critique, mais fut malheureusement un four commercial, pour des raisons qui m’échappent encore (peut-être son chara-design très Burton ?). Mais, à force d’être tancé et relancé par les irréductibles fans de la licence, Schafer finit par céder aux pressions. En 2015, il lança donc le développement de cette suite, via une campagne de financement participatif (comme quoi, rien n’est perdu pour Conker). Entre temps, le studio a été racheté par Microsoft, qui a fait de Psychonauts 2 l’un de titres phares de la Series X|S (comme quoi rien n’est perdu pour Conker), même si le jeu sort tout de même sur PS4, pour des raisons de promesses faites à l’occasion du financement participatif.

Raz va faire la connaissance de Hollis Forsythe, la sévère adjointe au chef des Psychonautes qui le rétrogradera simple stagiaire

Psychonauts 2 se trouve être la suite directe de Psychonauts : In the Rhombus of Ruin, jeu VR exclusif PS4, qui faisait lui-même écho à la fin du premier volet et le kidnapping de Truman Zanotto, le chef des Psychonautes. Et toute cette petite histoire nous est contée par Raz, en préambule de cette suite, afin que tout le monde puisse débuter la partie sans avoir forcément joué aux précédents opus. Une attention particulièrement bienvenue, même s’il sera sans doute plus compliqué pour un néophyte de bien comprendre l’univers complètement barré de cette licence et d’identifier les nombreux clins d’œil disséminés tout au long de l’aventure (le baiser entre Raz et Lili par exemple).

Les personnages secondaires sont si réussis qu’on regrette un peu qu’ils ne soient pas plus mis en avant

Bref, les Psychonautes ont retrouvé Truman Zanotto, malheureusement dans un sale état. Le responsable de tout cela, le Dr Loboto, étant tout sauf une lumière, les Psychonautes soupçonnent que quelqu’un d’autre tire les ficelles ; une taupe au sein même de l’organisation, qui chercherait ni plus ni moins qu’à faire revenir d’entre les morts, la terrible Maligula. Raz redevenu simple stagiaire au sein de l’ordre des Psychonautes, se voit embarqué dans l’enquête visant à découvrir l’identité de cette taupe. Une enquête qui l’emmènera visiter les esprits les plus tordus, nous offrant alors des aires de jeu toujours plus déjantées et psychédéliques les unes que les autres.

Attente récompensée !

Le mode photo permet de prendre toutes sortes de poses débiles devant l’objectif

Après six années de développement, les plateformes visées par Double Fine étant celles de la génération précédente, il faut bien reconnaitre que le jeu n’est pas le fleuron technique que la Xbox Series X|S attend. Contrairement à un Ratchet & Clank qui était conçu comme une vitrine pour la PS5 par exemple, Psychonauts 2 ne laissera pas béat d’admiration, mais il est plutôt propre, joli et fait son petit effet dans le passage de portails ou la conception de certains niveaux. Les temps de chargement sont également réduits à peau de chagrin et la fluidité n’est jamais prise à défaut. On regrettera tout de même quelques coupes brutales en fin de niveau ou dans les transitions entre gameplay et cinématiques (et réciproquement), qui auraient pu être plus travaillées, plus fluides et plus naturelles.

Le jeu est très bavard, mais jamais ennuyeux

Mais ce qui lui fait défaut en technique, Psychonauts 2 le rattrape très largement dans son design et la créativité des différents environnements traversés. Chaque niveau offre ainsi un univers bien distinct des autres, s’appuyant sur une thématique précise en rapport avec le cerveau tordu que Raz infiltre.  Seules la forêt de la Zone Aberrante ainsi que la base hi-tech des Psychonautes, offrent des décors relativement ordinaires. Pour le reste, c’est un festival de délires torturés, voire psychédéliques, s’articulant autour d’une mécanique de jeu ciblée, en rapport avec les pouvoirs que Raz débloque au fur et à mesure de sa progression.

Avouez qu’il a quand même une bonne tête de victime, Raz ?
Le niveau psychédélique façon Woodstock, est un peu porteur d’un message du genre : « finalement, la drogue c’est pas si mal »

Ces pouvoirs sont au nombre de huit, à savoir : La Lévitation, la Pyrokinésie, la Télékinésie, le Tir Psy ainsi que quatre autres pouvoirs que je vous laisserai découvrir par vous-même. Tous sont largement utilisés dans les niveaux et offrent des mécaniques de jeu distinctes, et ils ont tous un réel intérêt ludique (sauf peut-être un pas folichon). C’est autour de ces huit pouvoirs que s’articule le gameplay de Psychonauts 2, car pour le reste on est dans le très classique double saut, grind et autres joyeusetés du monde de la plateforme. Clairement, l’originalité tient plus des niveaux traversé que du gameplay pur. Ne comptez pas non plus vous heurter à beaucoup de challenge. Hormis les complétistes qui s’arracheront parfois les cheveux et se tritureront les ménages pour tenter de tout récupérer dans chacun des niveaux, le commun des mortels devrait pouvoir arriver au bout de l’aventure principale sans trop de difficulté, en une vingtaine d’heures.

La petite photo souvenir après le tour de manège…

Simple et efficace, drôle et déjanté, Psychonauts 2 est bien le digne successeur de son illustre aîné, et gageons que sa présence day one dans le gamepass lui évitera de réitérer le four d’antan. A moins de ne jurer que par la 4K raytracée, je ne vois pas comment on ne peut pas tomber sous le charme de Raz, Lili et toute la petite bande de tordus qui les accompagne dans ce deuxième troisième épisode.

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