Prototype, la force du pouvoir !

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Souvent comparé à Infamous, auquel il se confronte en frontal, Prototype nous offre l’occasion de prendre en main l’un des plus puissants super-héros jamais incarné dans un jeu.

Toute une histoire

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Quand Alex assimile un ennemi, un hélico pourrait lui balancer un missile en pleine poire qu’il s’en taperait.
Prototype, c’est l’histoire d’Alex Mercer un jeune cadavre comme les autres qui, à la morgue, se réveille soudainement de son trépas avec d’étranges pouvoirs. Forcément, lui ne comprends pas ce qui lui arrive et, suite sans doute aux effets secondaires de sa mort clinique, une grande partie de sa mémoire s’est trouvée effacée. Pas évident dans une telle situation de comprendre ce qui nous arrive. Toutefois, quelques indices le mettent sur la voie, à commencer par l’industrie Gentek, une multinationale pharmaceutique qui semble avoir un quelconque lien avec ses activités passées et son état présent. Alex décide donc d’enquêter sur la compagnie en question et ses hommes influents, afin de découvrir le fin mot de l’histoire. Toutefois Alex est un peu un bourrin. Lorsqu’il mène une enquête, il ne s’agit nullement de filature, d’écoutes téléphoniques ou d’interrogation du voisinage. Non, son style à lui c’est plus de découper tout le monde, de faire gicler le sang par hectolitres et, accessoirement, d’assimiler les gens pouvant lui fournir des renseignements en accédant ainsi directement à leur mémoire. De cette manière, l’histoire de Prototype se dessine de manière plutôt originale. Bien sûr on retrouve les inévitables cut-scenes qui nous en apprennent plus sur le scénario, mais à coté de cela, le récit se développe par le biais de flashback en assimilant les personnages dont certains (une centaine) sont à dénicher dans toute la ville sous forme de quête annexe perpétuelle. Contrairement à ce que j’aurai pu penser, compte tenu du genre de jeu auquel on à affaire ici, l’histoire de Prototype est plutôt intéressante. Pas forcément le genre à vous couper le souffle, mais tout de même relativement bien construite et bien pensée. Du coup, malgré une certaine redondance dans les missions (parce que bon, même si les objectifs varient, au final il s’agit quand même de buter tout ce qui bouge dans quasiment toutes les missions), on se laisse porter sans trop de difficulté par l’histoire et on s’accroche au pad pour en voir le bout. En cela, c’est déjà une réussite !

La nuit des héros

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A coté d’Alex Mercer, Wolverine fait figure de super-héros de seconde zone.
Mais outre un scénario plaisant, Radical Entertainment a surtout réussi avec Prototype, à nous offrir le jeu de super-héros qu’on… enfin que je rêvais d’avoir un jour. Car le problème avec les licences Marvel ou autres DC Comics, c’est que les super-héros concernés, très souvent populaires (voire légendaires), possèdent déjà un profil écrit et figé depuis des millénaires (ouais, les aventures de Spiderman étaient déjà gravées sur tablettes au temps de la Grèce antique). Du coup, ces personnages sont un peu comme un boulet, un frein à la créativité. Or, ici les développeurs ont pu reprendre la base de ce qu’ils avaient déjà brillamment accompli avec Hulk : Ultimate Destruction sur la génération précédente, tout en laissant libre court à leur créativité et inventivité… bref, en ayant toutes libertés dans la construction du personnage et de son univers. Dès lors, on se retrouve avec un univers très sombre, chaotique et sanglant (voire gore) et un super-héros tout aussi violent, animé par une soif de vengeance inébranlable ; pas même par la mort de milliers d’innocents civils qu’il découpe et assimile à la pelle sans sourciller. Cette exclusion de toutes contraintes permet aussi aux développeurs de nous offrir ce qui, à mon sens, reste aujourd’hui le héros le plus puissant qu’il m’ait été donné de contrôler. Dès le départ, le tuto nous met entre les mains quelques-uns des pouvoirs d’Alex et très vite on sait qu’il y a matière à bien s’éclater avec. Et pourtant ce n’est qu’un début. Car outre sa force et sa vitesse, Alex Mercer a à sa disposition une armada de coups et pouvoirs, offensifs comme défensifs, qu’on débloque au fil de l’expérience acquise comme bon nous semble. Ainsi, la progression d’Alex n’est en rien scriptée puisque c’est le joueur qui détermine quel pouvoir il souhaite acquérir en premier, s’il préfère le développer au maximum avant de passer à autre chose ou débloquer l’ensemble des pouvoirs avant.

Ça se discute

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Voilà le coup le plus jouissif que je n’ai jamais vu. Il ne peut être utilisé que lorsque la jauge de vie est supérieure à sa capacité max.
Et ces pouvoirs en question sont plutôt grisants, et particulièrement plaisants visuellement. C’est d’ailleurs l’un des rares compliments qu’on pourrait faire sur l’esthétisme du jeu tant New York (où se déroule l’action) semble avoir été modélisé à la truelle. En dehors de ses effets spéciaux bien rendus, Prototype est franchement moche. De plus, la ville n’a rien de bien grand (grosso modo la taille de l’île centrale et principale de GTA IV). Toutefois, il faut reconnaitre que tout cela bouge très bien, sans jamais faiblir. Et c’est bien là le principal. La pauvre qualité graphique est le reproche numéro 1 que l’on pourrait faire au jeu, le second étant la redondance et le manque d’originalité des missions. Toutefois, à mon sens Prototype ne doit pas être considéré comme un GTA-like. Ce n’est pas Saints Row. Non, pour moi Prototype ressemble d’avantage à Crackdown, un jeu d’action open-world, un sandbox comme on dit dans le jargon (bac à sable pour les anglophobes). Une fois ceci assimilé, les défauts du jeu s’en trouvent atténués pour ne garder que ses qualités, un gros jeu bourrin et violent dans lequel on s’éclate à tout défoncer. Mais ne vous y trompez pas, malgré la puissance qui est ici mise entre nos mains, Prototype n’est en rien un jeu facile. Lorsque mutants et miliaires ont décidé de vous faire la peau, ils sont particulièrement nombreux et agressifs. Et tout puissant que vous êtes, vous vous faites quand même défoncer sans un minimum de stratégie. Alors certes, Prototype n’a pas vraiment la carrure d’un blockbuster de fin d’année, mais il n’empêche qu’il s’avère au final bien plus amusant que certains d’entre eux (qui a dit Assassin’s Creed ?). Après, faut savoir où on met les pieds avant de se lancer…

Prototype est moche et redondant, n’empêche que le pouvoir qu’il nous met entre nos mains est grisant, que son histoire nous tient en haleine et que ça fait quand même bien plaisir de pouvoir enfin incarner un super-héros dénué de tout sens moral.

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