Paris Games Week, un salon à la petite semaine ?

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Avec les morts annoncées du Festival du Jeu Vidéo et du Micromania Game Show, le Paris Games Week se devait d’enfoncer le clou pour imposer enfin le grand salon parisien qu’on attend tous depuis mathusalem.

Le PGW de Fylo – Constructeurs

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En exclusivité, voilà à quoi ressemblera le Festival du Jeu Vidéo l’année prochaine.
Après m’être royalement fait chier au Festival du Jeu Vidéo, j’attendais beaucoup de ce premier Paris Games Week qu’on nous annonçait grandiose. Organisé par le S.E.L.L., association qui regroupe la plupart des gros éditeurs du marché, on pouvait être confiants quant à la bonne tenue de ce salon. D’autant plus qu’à grands coups de déclarations fracassantes, les organisateurs n’en finissaient plus de nous mettre l’eau à la bouche. Je m’attendais donc à une sorte de petit E3, un salon en rodage qui, à termes, pourrait concurrencer la GamesCom. Et finalement, il n’en fut rien. Bon, je n’ai pas été spécialement déçu, beaucoup de jeux étaient jouables et pas que les pires, mais je m’attendais à mieux.

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Sony proposait des bornes jouables de GT5, à coté de bornes jouables de GT5 et même de quelques bornes jouables de GT5.
J’en attendais d’avantage de Sony par exemple, avec son emplacement gigantesque trônant au beau milieu du Hall 1 mais ne proposant (outre deux bornes du pitoyable Motorstorm et trois de l’étonnamment sympatoche Killzone 3) presque exclusivement que du Gran Turismo 5. On aurait dit qu’ils avaient un message à faire passer (« Si, promis, le jeu sortira cette année ! Regardez, on a même sorti 278 bornes jouables du jeu pour le Paris Games Week, c’est dire…). Bon, forcément vu que les 9/10ème des bornes jouables, tout éditeur confondu, étaient réservées à GT5, j’ai quand même trouvé le temps de l’essayer… en 3D en plus (juste avant de mettre une piquette à Nachcar sur le pauvre jeu de ping-pong du non moins nase Playstation Move). Honnêtement, le jeu a beaucoup progressé par rapport à ce qu’on avait pu voir au FJV l’année dernière, mais j’ai encore du mal avec les sensations de conduite bien moins reproduites que dans Forza. Killzone 3 quant à lui m’a d’avantage plu. Assez joli malgré l’absence totale de couleurs qui te laisse penser que tu joues sur ta vieille télé monochrome, plutôt bien mis en scène et parfaitement jouable ; il ne réinvente clairement pas le genre, mais se laisse jouer avec un plaisir non dissimulé.

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Le mode Beast de Gears 3 est assez marrant, mais plutôt déroutant également.
Pour ce qui est des autres constructeurs, j’avoue que j’ai à peine foulé la moquette de chez Nintendo (la plupart des titres présentés, sur Wii comme sur DS, l’avaient déjà été au mois de juin dernier, après l’E3). On y trouvait, pour ce qui est des titres intéressants, Donkey Kong Country Returns, Ghost Trick ou Golden Sun. Le reste ne méritait pas qu’on s’y attarde. Chez Microsoft, excepté Gears of War 3, on n’avait droit qu’à du Kinect (LE stand à fuir à tout prix après celui d’Ubisoft). Bon, j’exagère, Microsoft présentait d’autres produits : Du multi sur Halo Reach que personne ne connait parce que ce n’est pas comme si le jeu était sorti depuis deux mois et une petite démo de Fable 3 qui sortait deux jours plus tard mais qui nous a tout de même permis de gagner des t-shirts grâce, notamment, à mes formidables connaissances des courses de poules. Le mode Beast de Gears 3 nous a permis de jouer 4 minutes 53 secondes (après trente minutes de queue), pour y découvrir exactement la même chose que le mode Horde mais avec des Locusts. Une démo assez limitée donc, mais plutôt amusante tout de même, même si je n’ai toujours pas compris comment tirer une roquette avec l’espèce de bombardier locust à deux francs.

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Même si tout n’était pas rose, EA fut clairement le seul éditeur à proposer de la qualité et de la variété.
Coté constructeurs c’était donc clairement la déception qui primait. La faute à Sony et Microsoft qui se sont servi du salon pour promouvoir quasi exclusivement leurs périphériques à reconnaissance de mouvements dont, pourtant, tout le monde se fout. Coté éditeur, c’était guère mieux : Certains ont joué le jeu et proposé pas mal de contenu, comme Electronic Arts notamment (enfin surtout EA en fait), d’autres avaient plutôt joué la carte de la présentation E3 recyclée six mois plus tard pour ces cons de français qui, de toute façon, ne représentent qu’une goutte d’eau dans les revenus de l’industrie (THQ avec Homefront et Eidos avec Deus Ex), d’autres encore n’avait juste rien à montrer (Sega dont le jeu star était Vanquish, Konami qui ne montrait que leur karaoké de rap-variétoche Def Jam Rapstar, Namco avec Enslaved et Naruto, tous deux déjà sortis, …). Activision de son coté, proposait du multi sur Black Ops et leurs jeux musicaux (DJ Hero et Guitar Hero), ce qui n’a rien d’étonnant puisque Activision n’a pas édité un vrai jeu (autre que ceux de Blizzard) qui ne soit pas un jeu musical ou un Call of Duty depuis le 9 avril 1972.

Le PGW de Fylo – Editeurs

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Vu qu’on s’est fait spoiler, je vous spoile à mon tour… Y a un PDA par terre dans les chiottes pour entrer dans la zone réservée au personnel !
Pour ce qui est des présentations, j’ai été plutôt impressionné par celle de Deus Ex, que vous avez tous vu en vidéo lors du dernier E3, même si je reste déçu qu’ils n’aient pas bossé sur une version plus récente de la démo (et qu’ils nous aient envoyé « qu’un » – avec tout le respect que je lui dois – level designer), que cette dernière était pas mal buggée, qu’il manquait beaucoup d’animations transitoire (je sens que ça va encore être un FPS où on ne voit pas ses pieds et où les portes s’ouvrent comme par magie) et que les PNJ font un peu trop copiés/collés. N’empêche que les possibilités semblent nombreuses, que l’ambiance est là et que, malgré toutes ces lacunes, ça fait méchamment envie. Homefront c’est un peu pareil, en moins impressionnant toutefois : Un jeu moche à en mourir (mais vraiment), mais plutôt bien mis en scène et assez complet. Un titre plus proche d’un Battlefield que d’un Modern Warfare qui devrait trouver son petit public de joueurs en ligne (Je ne veux pas m’avancer, mais ça sent quand même le solo sans intérêt si ce n’est comme une sorte de tuto géant).

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Je le voulais déjà avant d’y avoir joué, maintenant je le veux encore plus !
Finalement, c’est comme souvent chez EA qu’on trouvait enfin de quoi vraiment prendre son pied. Bon, y avait pas mal de bornes de Medal of Honor, MMA et Harry Potter, mais pas seulement. On y trouvait aussi du Need For Speed Hot Pursuit, à quatre contre quatre, qui confirme la bonne impression que m’avait faite la démo. Planqué dans un coin, du Dead Space 2 (que je n’ai pas pris la peine d’essayer par contre). Du multi sur Crysis 2 qui nous a bien fait rire (surtout la remarquable performance de Tsokoa en fait). Deux bornes de Dragon Age 2 que je n’ai pas essayé non plus car je ne vois pas l’intérêt de tester un RPG aussi vaste sur un salon. Et enfin, très bonne surprise, du BulletStorm que j’ai découvert aussi jouissif pad en mains que ce que j’avais imaginé de lui en matant les vidéos.

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Si chez Eidos on n’a fait venir qu’un modeste level designer pour parler de Deus Ex, chez Disney on a quand même rameuté Warren Spector…
Enfin, pour parler quand même d’un jeu Wii, j’ai pu m’essayer à Epic Mickey qui n’a cessé d’attiser ma curiosité depuis le jour de son annonce. En une petite vingtaine de minutes, je n’ai guère pu apprécier les possibilités de choix et d’interaction que le jeu est censé offrir (surtout qu’il s’agissait du tout début, donc la moitié est monopolisée par le tuto). Mais on ne peut pas dire que j’ai passé un mauvais moment, loin de là. Le tout reste relativement similaire à un jeu de plateforme lambda, mais les possibilités qu’offrent la peinture et le dissolvant promettent quelques casse-têtes bien sympa et des secrets en veux-tu en voilà. Sans parler des choix cornéliens qui s’offrent régulièrement aux joueurs et qui, pour le cas de cette démo, me proposait d’être un héros digne de ce nom en sauvant un prisonnier, ou de récupérer un trésor dont l’ouverture signifiait le sacrifice du pauvre bougre. Inutile de préciser qu’à l’heure où vous lisez ces lignes, celui-ci est décédé et que j’envoie toutes mes condoléances à sa famille… surtout que le trésor n’était pas aussi indispensable que je ne l’aurai cru.

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La vraie bonne nouvelle du Paris Games Week en fait, c’est que les babes sont de retour !
Bref, ce Paris Games Week était correct pour une première édition, mais décevant par rapport à ce que j’en attendais : Beaucoup de bornes mais peu intéressantes à cause de la surpopulation de titres déjà sortis et de bornes Gran Turismo 5 (j’ai presque cru que c’était le salon du Gran Turismo et non un salon du jeu vidéo). Des démonstrations vieilles de six mois, toujours sympa à voir, mais quand même pas loin de l’idée que je me fais d’un bon gros foutage de gueule dans les règles de l’art. Et aucune annonce ou exclusivité, si ce n’est la présentation world exclusive du jeu Michael Jackson d’Ubi sur Kinect (Retenez votre joie…). Au moins, y avait un bon point : Les babes étaient de sortie !

Le PGW de Nachcar – Un salon qu’il est bien

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Voila à quoi se doit de ressembler un vrai salon.
Avant toute chose je souhaiterais revenir sur un point précis de la partie rédigée par l’ami Fylo : la fameuse partie de tennis de table (oui on dit tennis de table et pas ping-pong) du Playstation Move. JE lui ai mis une bonne grosse raclée et ce malgré les abus de la veille et le peu de sommeil. Cette volontaire erreur de sa part étant maintenant clarifiée, revenons en au salon à proprement parler (ça ne va pas être facile d’être original tant mon ressenti est similaire à celui de Fylo).
Je précise également que notre statut de stars de l’internet nous a permis d’accéder à la soirée spéciale du mardi soir. Débauche, alcool à gogo et un soupçon de jeux vidéo étaient au programme. C’est en fait surtout le lendemain matin que nous avons testé le plus de choses. Étonnamment il y avait moins de monde que le mardi (pas étonnant avec tout les pique-assiettes et alcooliques présents). Nous qui pensions que la matinée faite rien que pour les gens qui aiment payer plus cher leur billet pour être peinards aurait du succès, nous avons été assez surpris… Tant mieux, car peinard on l’était du coup !

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Oh oui violentez moi, j’ai été vilain…
Pour moi il était impossible d’être déçu par ce PGW quand on s’est rendu au Festival du jeu vidéo quelques mois auparavant tant ce dernier ne proposait absolument rien d’intéressant pour les joueurs. Et là, rien qu’en entrant dans le hall on retrouve cette ambiance de grand salon : hôtesses tout juste majeures habillées, maquillées et coiffées par l’équipe des productions Marc Dorcel, musique à fond, lumières dans tous les sens, stands à l’effigie des grosses sorties à venir et surtout cette douce odeur de vestiaire après un match de Rugby. Pas de doute, on est bien sur un salon pour Geek tripoteur de pad. Premier objectif : trouver le petit coin VIP histoire de manger une ou deux viennoiseries et boire un bon coup (oui je vois pas pourquoi on pourrait pas jouer les pique-assiettes nous aussi).
C’est donc la panse bien pleine que nous sillonnerons les stands des éditeurs et constructeurs présents.

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Le multi du prochain NFS promet de bons moments.
Bon je ne vais pas revenir sur les stands en eux même (Fylo a déjà tout dit) pour m’intéresser uniquement aux jeux qui m’ont le plus surpris/impressionné/déçu. Et au panthéon des grosses claques je retiendrai surtout Deus Ex et son univers Steam Punk super travaillé. Techniquement pourtant moyen, les possibilités semblent variées et nombreuses. Minimum cinq approches différentes pour chaque mission d’après les dires du jeune Canadien qui nous a fait la présentation. Prometteur ! L’ autre jeu fortement attendu est Homefront. Pas très beau non plus mais pas moche à en mourir, faut pas exagérer. Là c’est du tout action. Une sorte de Modern Warfare avec résistants et vilains Coréens qui se foutent sur la tronche. C’est la fête des explosions, des balles et des cris. A suivre donc. Pour finir sur les très bonnes choses du salon, passons à Bullet Storm et Need For Speed. Le premier s’annonce jouissif et bourrin au possible et le second abandonne enfin son coté beauf pour un résultat final qui fait fortement penser à Burnout.

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C’est ici qu’on a testé le Ghost Recon tout moisi. Au moins on aura eu du Coca gratos.
Et pour finir je vous balance tout ce qui me passe par la tête, comme ça, à brule pourpoint. Epic Mickey s’annonce bien. D’ailleurs quand on a testé le jeu on nous a annoncé l’arrivée imminente de Warren Spector pour une séance dédicaces… On l’attend encore. Le stand Kinect était énorme mais on n’y a même pas mis les pieds. Sur le stand Coca-Cola zéro/Ubisoft/Lapins crétins on pensait tester le prochain Ghost Recon, on s’est en fait retrouvé face à un pauvre truc Wii tout moche et injouable. Dead Space 2 ressemble énormément au premier, à tel point que j’ai demandé si c’était bien le second volet. Bon de toute façon avec l’odeur insupportable qui régnait sous la tente abritant les cinq ou six bornes de jeu, impossible d’y passer plus de 5 minutes. Quel est l’intérêt de mettre à disposition des jeux déjà dispo dans le commerce ? Le futur Donkey Kong m’a fait verser une petite larme de nostalgie. Et pour finir je ne dirai qu’une chose: ça fait plaisir de revoir des babes ! Vivement l’année prochaine pour une seconde édition encore plus fournie.

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