Nos sales pattes sur la bêta de Rainbow Six Siege

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Après une alpha très médiatisée, Ubisoft proposait cette fois une bêta fermée du prochain R6. L’occasion de peaufiner les derniers réglages avant le grand retour de la licence, prévue début décembre.

Briefing

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Chaque pays propose trois ou quatre opérateurs différents.
Depuis la phase d’Alpha fermée, proposée au Printemps dernier, Rainbow Six : Siege aura bien changé (et je ne parle même pas du concept Rainbow Six Patriots présenté il y a quelques années, aux antipodes de ce que peut être Siege aujourd’hui). Plus équilibré, des gadgets moins cheatés, Ubisoft a très clairement écouté les retours de la communauté pour améliorer son bébé. Il faut dire aussi qu’ils ambitionnent de se faire une place en e-sport. Difficile donc de se passer de l’avis des premiers concernés, surtout quand on sait à quel point ils peuvent être obtus (on parle quand même de mecs qui jouent exclusivement à Counter Strike depuis le XVIIème siècle). Bref, cette bêta proposait deux modes de jeu distincts, sur trois maps : La maison, déjà présente dans l’alpha, une sorte d’entrepôt sur trois étages, et le consulat (pas la map de l’avion, curieusement). Le mode Multiplayer, et ses deux sous-modes, nous place tour à tour dans la peau d’attaquants et de défenseurs, dans des matchs durant de trois à cinq rounds (trois manches gagnantes, quoi).

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Les opérateurs ne sont d’ailleurs pas que différents, ils sont aussi très complémentaires.
En attaque, on commence avec un drone téléguidé, qu’on fait rouler dans les bâtiments à toute berzingue, en espérant ne pas se le faire shooter par les ennemis. Grâce à lui, on peut locker les terroristes présents (même si le lock finit par disparaitre, ça donne une bonne idée de leur placement), et surtout repérer l’objectif. Ce dernier varie en fonction du sous-mode. On avait ici le choix entre une zone unique à sécuriser ou deux zones avec des bombes à désamorcer (une seule bombe désamorcée suffit pour l’emporter). Pour ces dernières, il est important de savoir qu’un seul joueur, portant la malette baptisée « Defuser », peut les désactiver. Il n’y a d’ailleurs rien de plus pénible que de jouer avec un noob qui court partout dans le bâtiment, voire à l’extérieur, alors qu’il est le seul à pouvoir interagir avec les explosifs. Heureusement, ces conditions de victoire restent facultatives et l’on peut très bien l’emporter en éliminant tout simplement l’équipe adverse. On peut aussi gagner avec toute l’équipe tuée au combat, si le désamorçage n’est pas arrêté dans les temps par l’équipe défensive.
En défense, les joueurs débutent à proximité de l’objectif. Durant le laps de temps « pacifique » où les attaquants pilotent leurs drones, les défenseurs eux sécurisent les lieux. Ils disposent pour cela de barricades illimitées à poser sur les portes et deux renforcements métalliques pour consolider les murs en bois. En fonction de l’opérateur joué (de la classe, quoi), certains vont disposer de C4 activable à distance, de barbelés pour ralentir la progression des attaquants et de toutes sortes de gadgets plus ou moins utiles.
En sus de ces modes versus, Ubisoft proposait pour la première fois le mode Terrorist Hunt, où cinq joueurs coopèrent en attaque (exclusivement) contre une pelleté de terroristes IA. Le but n’étant pas ici de désamorcer des bombes ou sécuriser une pièce, mais de dézinguer tout ce qui bouge… même s’il ne bouge pas d’ailleurs.

L’avis de Fylodindon

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Toujours penser à sécuriser les murs…
On ne va pas passer par quatre chemins : J’ai kiffé cette bêta ! Je pense d’ailleurs avoir kiffé comme rarement j’ai kiffé un jeu sur One (peut-être TitanFall, à la rigueur). Ubisoft semble en passe de réussir le tour de force de conserver l’âme et les valeurs de la série, tout en transposant le jeu sur des maps de Close Combat. Alors y aura toujours des râleurs pour se plaindre du non-respect des codes originels. Un peu comme ceux qui se plaignent de l’évolution plus action des Ghost Recon. Le genre de mecs restés aux premiers épisodes, car tant pour Rainbow avec les Vegas, que pour Ghost avec les Advanced Warfighter, ça fait belle lurette que les séries ont changé de fusil d’épaule, non sans réussite d’ailleurs. Comprenez que je n’ai rien contre les rétro-gamers, je suis même le premier à râler contre les dérives mercantiles nocives et nauséabondes du jeu vidéo contemporain, mais il n’y a rien qui m’énerve plus que les intégristes qui pensent que ce média devrait rester à l’âge de pierre. Enfin bref, je m’égare…

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… Car les balles passent à travers.
Premier point positif, avec ce Rainbow Six Ubisoft prend le FPS compétitif à revers. A l’heure où la plupart récompensent les fous furieux qui y passent leur vie en les dotant de perks et d’armes qui les avantage assez largement face aux nouveaux venus ou aux joueurs plus occasionnels, l’éditeur français a choisi de mettre tout le monde sur un pied d’égalité. Bien sûr, il y a toujours de la personnalisation, esthétique comme pratique, mais ça ne pénalise personne. En effet, sitôt passé le stade de recrue, les joueurs peuvent débloquer un opérateur (classés par faction/pays, puis séparés en attaquants et défenseurs). Les opérateurs sont tous, à l’origine, au même prix. C’est seulement lorsqu’on en débloquera un d’une faction qu’on possède déjà, que les prix grimpent. Idem pour les accessoires, relativement succinct (différents viseurs, une poignée pour la maniabilité, des silencieux et un pointeur laser essentiellement) et très peu chers à l’achat. Si bien que rien ne différenciera un noob d’un vétéran. Seul l’esthétique, beaucoup plus onéreux, leur permettra de réellement se démarquer. Mais à moins d’aveugler l’adversaire par la beauté de notre Famas bleu nuit, cela n’offrira aucun bonus en combat. Reste à voir ce que Ubisoft va proposer pour fidéliser les joueurs, tant en terme de personnalisation que de « Prestige »…

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Le rappel est assez jouissif, d’où le côté relou du placement quasi-systématique des défenseurs, au sous-sol.
De toute façon, contrairement à beaucoup d’autres FPS/TPS multi, ici la mort n’est que peu frustrante. Bien sûr, la mauvaise foi est toujours de rigueur, mais les parties s’enchainent tellement vite qu’on oublie tout aussi rapidement nos déboires passés pour se concentrer sur le présent. On ne râle même plus, ou presque, contre les planquouzes vu que c’est un peu le principe du jeu, se planquer et attendre (en défense, bien sûr). Les rounds sont courts, mais ils n’en sont que plus intenses. Tout commence dans le calme, on se barricade en défense, on planifie l’assaut en attaque, et sitôt que les assaillants pénètrent le bâtiment, l’adrénaline prend le dessus et les rencontres se font tout aussi punitives qu’expéditives. Déjà très prenant en soi, le jeu devient carrément bandant sitôt que tu joues avec quatre potes. Tu peux alors mieux te coordonner et agir de concert, plutôt que partir dans tous les sens, chacun pour sa gueule.

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Sans une attaque parfaitement coordonnée, difficile de pénétrer la place forte ennemie.
Il reste toutefois quelques points à corriger, qui j’espère trouveront écho chez les développeurs. L’idée du vote du lieu de départ, pour commencer. Je sais bien que la démocratie est un thème cher à nos cœurs, mais nous laisser le choix c’est l’assurance de multiplier les parties, avec des objectifs toujours situés aux mêmes endroits (généralement, le sous-sol). Avec un placement aléatoire (au moins pour les défenseurs), l’expérience n’en serait que plus variée. Autre point dommageable, si on nous fait gagner du renom à chaque partie (la « monnaie » pour débloquer des éléments), il est toutefois impossible d’acheter de nouveaux opérateurs ou d’améliorer son équipement sans sortir du lobby. C’est complètement con. Surtout que le jeu n’autorise pas à deux joueurs d’incarner le même opérateur. Résultat, si votre seul opérateur débloqué est pris pas un coéquipier, vous serez condamné à jouer en recrue jusqu’à ce que vous vous décidiez à quitter la partie. Enfin, le code réseau de cette bêta était en carton, voire en papier mâché, mais j’imagine (et j’espère) qu’il en sera autrement dans la version finale. Je vous en supplie, ne nous refaites pas le coup de Brink : Un super jeu multi déserté à cause de son réseau foireux.

L’avis de Nachcar

2556188-r6s_screen_hostagerescue_e3_140609_4pm_1402348445.pngCatastrophique ! C’est un peu la première chose qui me viendrait à l’esprit si vous me demandiez ce que j’ai pensé de cette bêta. Non pas que le jeu soit mauvais, bien au contraire, mais attendre 20 minutes pour espérer trouver une partie c’est franchement lourd. Alors je sais que c’est une bêta, mais quand même, pour un jeu en ligne, en chier autant pour trouver une partie c’est assez moyen et ça ne sent pas spécialement bon pour la sortie du jeu. C’est quand même la fonction primordiale et principale d’un jeu en ligne.

Malgré ce gros problème que j’espère résolu lors de la sortie du jeu, j’ai pris un pied pas possible à chasser du terroriste ou à me barricader dans les chiottes d’une douillette maison américaine.

Ce que j’ai aimé lors de cette bêta ? Mais je m’en vais vous le dire braves gens !

-Le rythme du jeu. Un début calme, où les attaquants fouillent avec leurs drones à roulettes la map afin de trouver l’objectif pendant que les défenseurs barricadent et piègent la zone convoitée par les assaillants. Vient ensuite la phase d’infiltration du bâtiment où la coordination pour l’équipe attaquante est primordiale. Pendant ce temps les défenseurs serrent les fesses. Le calme avant la tempête. Les affrontements qui surviennent ensuite sont rapides et violents. Et même si l’on meurt vite la frustration est quasi inexistante car les parties sont courtes.

-Qu’il n’y ai pas de frustration quand tu es un gros noob qui se lance dans sa première partie parce qu’il n’y a pas d’armes plus puissantes à débloquer en squattant le jeu. En lieu et place des ces armes, il faudra débloquer différentes classes. Celles-ci semblent bien équilibrées. C’est bien simple, lors de cette courte bêta je n’ai jamais eu envie de balancer ma manette alors que je rage à chaque duel perdu sur Call Of Duty ou Battlefield parce qu’un connard en face à une arme 100 fois plus efficace que la mienne.

-En temps qu’assaillant il y a un vrai jeu d’équipe. En jouant uniquement avec des potes il est possible de mettre de chouettes tactiques en place. Même si celles-ci échouent parfois, le fait d’avoir le temps de les élaborer et de les appliquer (grâce au rythme lent et posé de début de partie) c’est du bonheur en barre.

-En défense il y a véritablement moyen de créer des goulots d’étranglement en renforçant certains murs et en obligeant les assaillants à prendre un chemin précis.

-La complémentarité des classes.

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J’aurais aimé tester cette carte.
-En gros le jeu peut se montrer tactique des deux cotés….

-Même une fois mort on peut aider ses coéquipiers en « marquant » les ennemis à laide des caméras placées un peu partout sur les maps ou, comble de la classe ultime, grâce à son drone judicieusement placé dans la place forte des défenseurs.

-La descente en rappel est jouissive !

Ce qui m’a gonflé lors de cette bêta ? Je vais vous le dire aussi chers amis !

-Le système de vote permettant de choisir le lieu ou va se trouver l’objectif. Au début de la bêta c’était varié d’une manche à l’autre. Au bout de quelques jours c’était systématiquement le sous-sol qui était choisi. Virez-moi ce système à la con et ne laissez pas le choix aux joueurs défenseurs, un peu d’aléatoire dans tout ça éviterait qu’on ne se lasse trop rapidement du jeu.

-Pendant l’Alpha les assaillants perdaient beaucoup plus souvent que les défenseurs (voir perdaient tout le temps). Lors de cette bêta il semblerait que ce soit l’inverse. En gros il y a encore du travail sur les maps afin de rendre le jeu parfaitement équilibré pour les deux camps.

-La killcam complètement foireuse et laide qui te montre une action qui n’a rien à voir avec ton décès.

-Les connards de ton équipe qui te tirent dessus dès le début de la partie !!!!

Pour conclure ?

Alors oui, ce n’est qu’une bêta pas encore aboutie. Non je ne suis pas bon. Oui il y a quelques points qui me chagrinent. Non se n’est pas ultra réaliste. Oui une fois de plus les fans des premiers Rainbow 6 vont gueuler. Non ce n’est pas très beau. Mais oui, putain oui, j’ai kiffé et j’attend le mois décembre comme un gamin qui attend ses cadeaux de noël !

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