Micro-transaction, Maxi profits !

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Avec l’explosion des connexions Internet et l’essor des communautés en ligne, nos consoles de jeux deviennent peu à peu le royaume de la carte bleue.

Fashion Victim

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Proposé à 1.200 points aux US, Mass Effect atteint les 1.600 en France et 6.000 en Australie. Et c’est pareil pour Kaméo !
On en parle partout sur le net, alors même si vous ne possédez pas de 360, vous devez être parfaitement au courant de ce qui s’y trame ces derniers temps. Toutefois, si vous venez de sortir de prison après sept ans passés dans une cellule de deux mètres par trois à Guantanamo, ou si vous vous êtes échappé d’un vaisseau alien en volant l’une de leurs capsules de sauvetage, non sans avoir pris quelques leçons de pilotage grâce au best-seller « Survivre à un kidnapping extra-terrestre pour les nuls », sachez que la console de Microsoft vient de s’offrir une énième mise à jour et, avec elle, son lot de surprises. Qu’il s’agisse de fringues et accessoires pour avatar, à 80, 160 voire 400 MSPoints, ou de jeux vendus à 30 euros (et même 60 en Australie) quand la plupart des magasins vous les donnerait presque… la nouvelle politique de la firme de Redmond se veut agressive et plus que jamais intéressée par votre portefeuille. En soi ce n’est pas bien nouveau me direz-vous. Jusqu’ici on devait bien payer des prix exorbitants pour du contenu de moins en moins additionnel, lorsqu’on se déleste déjà de 60 euros annuels, ou pis encore pour du contenu gracieusement offert sur cette plateforme pourtant très similaire qu’est le PC. Toutefois aujourd’hui la sensation de ne plus pouvoir allumer sa console sans sa carte bleue devient omniprésente et la question de l’équilibre financier du joueur, déjà bien mal loti avec le prix de jeux délestés de leur contenu désormais additionnel, m’inquiète au plus au point.

Un après-midi de chien

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160 Points un T-Shirt… t’as de vraies fringues pour moins cher presque !
Alors bien sûr, rien ne nous oblige à acheter ce contenu additionnel. Rien ne nous oblige à foutre un casque de Locuste et un sabre laser dans les mains de notre abruti d’avatar en tongs. Mais vous savez comme moi qu’il n’est jamais facile pour un consommateur de résister à la tentation de l’achat compulsif. Ça commence par un boycott franc et massif, puis un jour on se fait chier à moisir sur son canapé… un dimanche après-midi pluvieux. Vos potes sont partis un week-end à Deauville sans vous parce que vous n’aimez pas les villes de bourges (pardon à nos futurs-ex-lecteurs de Deauville). Votre copine est chez sa mère à tenter de vous défendre contre les calomnies de cette vieille mégère (pardon belle-maman, je ne parlais pas forcément de vous). Et ce n’est pas la qualité grandissante des programmes télé qui vont vous sauver les miches de l’ennui profond. Alors vous trainez nonchalamment sur le live. Vous explorer les moindres recoins du dashboard. Vous vous amusez même avec le filtre parental. Puis vous vous dites : « Tiens, j’vais aller mater la gueule des fringues qu’ils vendent, voir à quel point les gens se font entuber ». Et sans même vous en rendre compte, vous repartez avec un t-shirt à l’effigie d’un jeu que vous n’avez même pas fini. Le problème dans tout ça, c’est l’avenir des fringues gratos dont Microsoft nous abreuvait régulièrement ? Va-t-on toujours y avoir droit ? Va-t-on désormais être obligé de se taper les succès à la con, du genre tuez deux millions cinq cent vingt sept mille zombies pour gagner une paire de chaussette rayée sans avoir à débourser un centime ?! Ces fringues, on nous les avait pourtant bien « vendues » avec la fameuse Nouvelle Experience Xbox de l’année dernière ?

Argent virtuel, carte bleue bien réelle !

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Les revendeurs ont beau faire de la résistance, la PSP Go pourrait bien annoncer leur mort future.
Aujourd’hui donc, la micro-transaction est là et semble bien en place. Entre les Games on Demand ou la future PSP Go, la dématérialisation n’a plus rien de la science-fiction et semble désormais inévitable. Surtout que l’achat est toujours plus facile lorsque la carte bleue est déjà enregistrée dans la machine et que le joueur à l’agréable sensation de payer avec des thunes virtuelles. Et ça constructeurs et éditeurs en ont bien conscience. D’ailleurs de nos jours, peu de joueurs peuvent se vanter de n’avoir jamais dépensé un centime en ligne sur sa console de jeux. Un fait qui paraissait impensable il y a quelques années, sur la génération passée. Et quelque part, tout cela n’a pas que des mauvais cotés. Ce n’est pas moi qui irait blâmer un développeur de faire payer son travail ; quand bien même lorsqu’il s’agit de contenu téléchargeable. Le souci c’est que ce contenu, et c’est de plus en plus flagrant, est déjà prêt avant le lancement du jeu. Le problème, c’est que ce contenu pour lequel on paye quelques deniers supplémentaires (comme si le jeu en question n’était déjà pas assez cher) aurait, il y a quelques années, fait partie intégrante de la galette acquise en magasin. Et si cette dérive, car c’est bien une dérive, continue… qui peut affirmer que demain les éditeurs ne nous feront pas payer les patchs correctifs ? Que les jeux ne seront pas fournis exclusivement sous forme d’épisodes payants, ou via des sessions en streaming payables à la minute ? … Personne !
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