Life is Strange S01E01, à l’ombre des jeunes filles en fleurs

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Décrié dans les années 80 avec Dragon’s Lair, moqué en 2010 à cause d’Heavy Rain, le film interactif a désormais le vent en poupe, depuis que TellTale nous tient en haleine avec ses adaptations de comics, films et séries cultes. Aujourd’hui, c’est au tour des français de DONTNOD de s’y essayer…

Alternative

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Si graphiquement le jeu n’a rien d’une vitrine technologique, la direction artistique est suffisamment chouette pour le faire oublier.
Avec Remember Me, le studio DONTNOD a littéralement explosé en vol. Affichant un Paris futuriste aussi enthousiasmant qu’original, le jeu promettait énormément. Sauf qu’à l’arrivée, derrière une jolie plastique on a trouvé un jeu d’une monotonie affligeante, aux mécaniques passées ; bref un jeu raté. A l’arrivée, la seule vraie bonne idée du titre, c’était ces quelques rares moments où l’héroïne jouait avec la mémoire d’autrui, rembobinant constamment leurs souvenirs pour altérer leur réalité. C’est sur cette (bonne) idée qu’ils ont cette fois décidé d’articuler leur nouvelle licence, un jeu épisodique façon TellTale, relatant les mésaventures d’une jeune étudiante en photographie, qui se découvre le pouvoir de remonter le temps. Avec TellTale, DONTNOD partage ce goût pour l’épisodique et le film interactif, mais c’est à peu près tout ce qu’on peut comparer, tant Life is Strange se démarque des Walking Dead, The Wolf Among Us et autres Game of Thrones. En effet, si les jeux du studio américain sont surtout basés sur les dialogues et les choix moraux discutables à prendre sous la pression (notamment du temps), Life is Strange se veut moins agressif pour le joueur, mais aussi beaucoup plus interactif.

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Pour moi qui a fait des études de photo, c’est con mais cette histoire d’étudiante en photographie ne me laisse pas indifférent.
En effet, ici vous avez tout loisir pour répondre aux problèmes posés. Et, avec le temps qui se remonte d’une simple pression de touche, même une fois votre choix fait, vous pouvez très bien revenir en arrière et en changer (du moins, tant que vous n’êtes pas passé à la scène suivante). Du coup, on avance dans l’aventure beaucoup plus sereinement. Combien de fois me suis-je mordu les doigts dans un jeu TellTale, pour avoir choisi une option que je regrettais aussitôt ? Ici, ce n’est pas possible. C’est logique, vu qu’on manipule le temps, c’est même parfois appréciable, mais il est certain que ça enlève un sacré paquet de pression. D’autant plus que, comme si le retour arrière ne suffisait pas, on a tout le temps de répondre. Il n’existe pas de jauge temps qui vous pousse à choisir rapidement. Mais après tout, DONTNOD a choisi de s’écarter de cette voix suivi par leur principal concurrent en la matière, et c’est peut-être le meilleur moyen d’éviter la comparaison, justement. D’autant plus que le jeu a d’autres atouts et semble bien moins amoral que les Walking Dead, pour ne citer qu’eux.

Elle est libre, Max

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Tout commence par une mystérieuse disparition…
En effet, l’histoire est trouble et les événements qui y sont relatés, loin d’être gais. Mais pour autant, on reste loin du pessimisme ambiant des jeux TellTale. De plus, cette jeune héroïne de 18 ans, un peu timide, un peu paumée, nous donne envie de la protéger et, en tant que joueur, de la faire grandir, s’affirmer. C’est là encore l’une des différences fondamentales avec les jeux TellTale. Car s’il m’avait fallu quelques épisodes pour apprécier Lee à sa juste valeur, si Clementine a bénéficié d’un passif d’une saison pour qu’on s’acclimate à son caractère, et je ne parle même pas de Bigby, pour lequel je n’ai pas spécialement eu d’empathie, avec Max c’est différent. Je me suis de suite pris d’affection pour elle, sans doute de par son côté fragile (petite, menue…) ou à cause des événements qui surgissent tout au long de ce premier épisode. A vrai dire, plus qu’à l’histoire, qui n’en est qu’à ses balbutiements, ou à la batterie de personnages secondaires un peu clichés, c’est vraiment sur Max que repose tout l’intérêt de ce premier jet. Sa fraîcheur et sa relative pureté, portent à bout de bras un épisode qui n’a d’autre objectif que de poser les bases et faire les présentations.

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Le jeu commence avec une tempête, mais le genre de tempête qui ferait passer Xynthia pour une légère brise printanière.
Car s’il est vrai que les choix sont nombreux, du plus important au plus anodin (et le récapitulatif final est là pour vous le rappeler), on a bien du mal à en apprécier la portée. J’imagine qu’il faudra attendre les épisodes suivants pour en voir les effets, et j’espère surtout qu’ils donneront un peu moins dans l’esbroufe que ceux de Walking Dead et consorts. En attendant d’en avoir le coeur net, on se consolera de découvrir une jeune fille touchante dans un jeu beaucoup plus interactif qu’on aurait pu le penser au préalable. Car ici on ne se contente pas de suivre des cinématiques clairsemées de QTE et de dialogues interactif. Non, l’essentiel du temps on déplace Max à la manière un TPS (en plus pacifique quand même), à explorer l’environnement, fouiller ses moindres recoins et accomplir diverses actions plus ou moins facultatives. Pour la première fois dans ce type de titres, on a vraiment l’impression de jouer à un jeu et ça, ça change tout.

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