Left 4 Dead : Le petit guide de la survie

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Développé par Turtle Rock et rattrapé par Valve, Left 4 Dead n’en finit pas de gagner l’enthousiasme des journalistes ayant eu la chance de l’essayer. Petit point sur ce jeu de survie annoncé comme une redéfinition du jeu en coopération.

Nos amis les zombies

Les morts-vivants et le jeu vidéo, c’est une longue histoire d’amour largement alimentée par le cinéma et notre goût masochiste pour ce sentiment qu’on appelle la peur. Les plus anciens se rappelleront les Zombie, House of the dead et autres Resident Evil. Les plus jeunes des titres comme Dead Rising ou Cold Fear. Mais c’est vraiment avec le titre de Capcom, véritable hommage au film Zombie de Romero, que le jeu vidéo est enfin parvenu à retranscrire ce débordement inhérent à la prolifération des morts-vivants. D’ailleurs aujourd’hui on n’emploie plus ce terme, mais plutôt « infectés ». Visuellement ça ne change pas grand-chose, ni même au point de vue de la férocité des personnes contaminées. Mais le simple fait de l’infection par rapport au statut de mort-vivant permet toutes sortes de dérives ; que ça soit au niveau de la vitesse des infectés ou de la possible mutation pouvant avoir lieu, donnant naissance à de véritables monstres bien dégueux.



Bien entendu il ne s’agit pas d’un jeu à la troisième personne, mais du mode replay.

Et c’est précisément ce qui arrive aux contaminés de Left 4 Dead. Ils sont vifs, agiles, féroces et certains d’entre eux ont revêtu l’apparence d’ignominie aux pouvoirs évolués prompts à poser problèmes aux joueurs. Le pitch, il est tout simple : Une ville entière contaminée par une mystérieuse bactérie, dont quatre survivants qui ne se connaissaient ni d’Eve ni d’Adam, tentent tant bien que mal de s’enfuir. Difficile de faire plus simple, non ? Mais honnêtement, le scénario importe peu puisqu’ici ce qui va faire vibrer le joueur n’est pas de connaitre la psychologie des personnages, les raisons kafkaïennes de la métamorphose de la population ou d’avoir une profonde réflexion sur le message socio-politico-écolo de l’histoire. Non, ce qui va nous faire kiffer, c’est de subir des assauts incessants et violents de nos amis les morts-vivants et de défourailler dans le tas en jubilant de voir leurs carcasses se répandre sur le sol.

Work in progress

Ce qui fait le succès médiatique grandissant de ce titre, c’est tout d’abord parce que les gars derrière ce jeu sont loin d’être des manches. En effet, il s’agit tout de même d’un studio ayant bossé sur Counter Strike : Condition Zero et quelques maps de Counter Strike Source (Racheté par la suite par Valve qui est juste le développeur de Counter Strike et des Half-Life). Bref, question gameplay FPS, il s’agit ni plus ni moins de LA référence (tout du moins sur PC). Ensuite, dès les premières vidéos, on a pu ressentir cette ambiance familière qu’on a si souvent vécu par procuration dans les films de morts-vivants. Ce sentiment d’oppression, de débordement et d’horreur absolue mêlée à une certaine excitation provoquée par les cotés barbares et désespérés des situations. C’est aussi sûrement du au fait que le jeu en coopératif est rapidement devenu la nouvelle lubie des joueurs. Ou encore grâce aux multiples fonctionnalités originales du jeu, comme la possibilité de passer maitre de jeu, d’incarner un infecté ou la rejouabilité offerte par les apparitions aléatoires des ennemis.



L’hopital, un grand classique du film d’horreur avec tous ces malades au stade… hum… terminal +1 ?

D’ailleurs le développement de ce titre a largement été influencé par les retours unanimes de la presse et du public. Car au départ, Turtle Rock alors indépendant, présentait son Left 4 Dead avec les fonctionnalités si plaisantes qu’on lui connait. Les excellents retour de presse ont alors sans doute eu un étroit lien avec l’intérêt soudain dans le rachat de ce studio par Valve pourtant à leurs cotés depuis un bon bout de temps. Cela a eu pour immédiate conséquence d’accroitre la taille du studio de production, de peaufiner le gameplay et de pousser la réalisation technique vers le haut. Cela a aussi eu comme impact d’attirer la curiosité d’un public moins averti, soudainement galvanisé par la présence des créateurs d’Half-Life au générique. La presse unanime, le public de plus en plus enthousiaste, il n’en fallait pas moins pour qu’au service marketing d’Electronic Arts on se dise que Left 4 Dead pouvait avoir un impact très positif dans le bilan financier de l’éditeur. Résultat : Les quatre héros ont subit un sérieux lifting en épousant un look jugé plus tendance par le géant américain. Je ne suis pas convaincu, mais qu’importe…

Coop’ contre coop’

Alors pourquoi Left 4 Dead est-il considéré comme le jeu coopératif ultime ? Tout d’abord, parce que les capacités des infectés à défoncer portes et fenêtres ou escalader murs et grilles, bref à débarquer de tous les cotés aux moments où on ne les attend pas, fait qu’il est tout simplement impossible de survivre seul. Exit donc les gros rambos du jeu vidéo qui se la jouent perso en fonçant dans le tas, tête baissée, sans un minimum de coordination avec ses partenaires. Ensuite, parce que lorsque vous tombez au combat, vous ne décédez pas mais gisez au sol avec la possibilité d’éliminer vos ennemis au flingue. Vous devez alors attendre qu’un de vos coéquipiers viennent vous sortir d’affaire et vous remettre sur pied. Enfin, parce que vous pourrez jouer les survivants en coop’, contre des infectés également en coop’. Alors bien sûr la coordination parait moins flagrante du coté des zombies mais cela n’empêche en rien la stratégie d’équipe.



Une vidéo qui porte bien son nom tant ça défouraille tous azimuts. Notez la zik bien trash-metal quand l’action s’emballe.

Car si l’on peut incarner les deux clans, il s’agit bien ici de coop’ confrontatif (Ouais j’ai inventé ce mot… et alors ?) et non d’un vulgaire Team Deathmatch. Les maps traversés ne sont pas architecturées comme des arènes, mais bel et bien comme des niveaux solos plus ou moins linéaires, avec un point de départ, un point d’arrivée et quelques safe rooms permettant aux survivants de souffler un peu et faire le plein de munitions. Du coté des zombies, le respawn est aléatoire. Et si l’on n’incarnera jamais un infecté de base, on passera allégrement du hunter (rapide et agile), au boomer (kamikaze explosant dans une gerbe d’acide qui peut vomir à des distances qui feront rêver n’importe quel poivrot), en passant par le tank (lourd, lent et costaud) et le smoker (capable de créer de la fumée pour se dissimuler et capturer un adversaire avec sa longue langue). Toute la stratégie coté zombies consiste à laisser ses sous-fifres désorienter et isoler les adversaires pour les attaquer sans qu’ils puissent compter sur le soutien de leurs partenaires.

Renouveau

Left 4 Dead se pose donc comme un jeu exclusivement multijoueurs au déroulement particulièrement rapide et violent. La question qui reste en suspens, c’est la répétitivité qui pourrait s’installer à la longue. Car avec ses quatre niveaux découpés en quatre maps relativement courtes, on pourrait vite se lasser. Heureusement, le comportement aléatoire des ennemis, la possibilité de passer dans le camps des zombies et les éventuelles nouvelles maps qui ne manqueront pas de venir enrichir le jeu (en tout cas sur PC et on espère sur 360), devraient quelque peu atténuer ce sentiment. L’autre interrogation tient dans l’adaptation sur Xbox 360. Car si Valve et Turtle Rock n’ont plus à faire leurs preuves sur PC, c’est une toute autre histoire avec le studio Certain Affinity qui bosse sur la version console. Il sera intéressant de voir comme les développeurs vont s’en sortir pour nous offrir une maniabilité suffisamment nerveuse pour faire face au déferlement incessants de zombies.



Première partie du Walkthrough effectué par Chet Faliszek, lead designer sur le jeu

Mais que les consoleux se rassurent, car Certain Affinity ne sont certes pas Valve ou Bungie mais ils ont tout de même œuvrés sur le Blastacular Map Pack d’Halo 2. Et puis on imagine mal EA ou Valve ne pas garder un œil bienveillant sur le soin apporté à la conversion du titre. Histoire de ne pas ternir la réputation de la licence et s’assurer un revenu confortable ; les jeux consoles se vendant bien mieux que leurs homologues PC. Enfin, sachez que le titre proposera un mode Left 4 Dead Director permettant de créer ses propres événements, de sélectionner des objectifs, les musiques, effets visuels, etc. bref de se la jouer Maitre du jeu. Un mode Cinéma à la Halo 3 pourra même permettre aux joueurs de monter leurs propres petits films zombiesques retraçant vos performances et celles de vos quiches de partenaires. Bref, ça donne bougrement envie et ça sort le 4 novembre prochain. Trois jours avant Gears of War 2… Merde !



Et la seconde partie de ce même Walkthrough
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