Le scandale Pokémon

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Ils sont les meilleurs amis des enfants, avec qui ils vivent de grandes aventures. Mais derrière cette harmonie de façade fabriquée de toutes pièces, se cache un trafic abominable des plus lucratifs. Polygamer lève le voile sur ce scandale sans précédent.

Une charte piétinée

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Officiellement, les pokémons seraient heureux de se battre entre eux pour nous divertir.
On les dit gentils, affectueux et prêts à tout pour répondre aux desideratas de nos chères petites têtes blondes. Selon les officiels, ils seraient heureux de combattre les uns contre les autres, juste pour amuser les gamins dans les cours de récré. Mais la réalité est tout autre, et derrière cette apparente complicité, se cache en réalité un trafic à grande échelle et des méthodes d’élevage scandaleuses. Notre enquête nous a fait parcourir le monde, des pays d’Europe de l’est jusqu’à la Chine, sur la piste de ces trafiquants de Pokémons sans scrupule. Officiellement, ces pratiques ignobles seraient des cas isolés, mais la réalité c’est que les gouvernements du monde entier ferment les yeux, noyés entre corruption et enjeux géopolitiques.

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Au premier coup d’oeil, l’élevage de pokémons se fait dans le respect de l’animal. Mais si on creuse un peu plus…
Il faut dire que la manne financière qui entoure ce business est colossale. On estime que près d’un demi-million de pokémons sont exportés vers l’Europe centrale et l’Amérique du nord chaque semaine. La plupart viennent de Roumanie, d’Ukraine et de Chine. Nous avons pu infiltrer un élevage roumain, dans la banlieue de Timisoara, en nous faisant passer pour des acheteurs potentiels. En façade, les pokémons semblent élevés au grand air et traités dans le respect du CIEP, la Charte Internationale sur l’Elevage de Pokémons. Mais une fois nos interlocuteurs en confiance, et dès lors qu’on a commencé à rogner sur les prix, volontairement prohibitifs, la réalité fut tout autre.

Tout est bon dans le pokémon

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La Roumanie, ses stations balnéaires sur la mer noire, ses châteaux transylvaniens et ses usines de pokémons.
Une fois en confiance, notre contact en Roumanie nous a donc emmené dans sa deuxième ferme, situé 40 kilomètres plus au sud. Exit la petite ferme familiale, place à une gigantesque usine de 8.000 m² où s’entasse des cages de toutes tailles, sur près de cinq étages. A l’intérieur, toutes sortes de pokémons qui n’ont clairement jamais vu le jour sont inséminés artificiellement et mettent bas à un rythme infernal, afin d’alimenter le marché de bébés pokémons à destination de nos parcs et animaleries. On y trouve même quelques pokémons rares comme des Célebi ou des Jirachi, vendus à prix d’or. Selon nos estimations, les deux tiers de ces bébés pokémons décéderaient dans leur première semaine. Quant au troisième tiers, la plupart souffriraient de nombreuses carences et infections, causant de nombreux problèmes moteurs, auditifs ou rénaux.

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Des pokémons dans vos produits de beauté.
Mais il y a pire, car dans cette usine roumaine, il n’y a pas de place pour la perte. Ainsi, tous les pokémons décédés sont vendus aux industries pharmaceutiques, pour les transformer en cosmétiques. Une aberration compte tenu du fait que les accords de Bourg Palette, ratifiés par la plupart des pays du G-20, notifient clairement l’interdiction de présence de pokémons dans les produits pharmaceutiques et cosmétiques. Bien entendu, nous avons cherché à contacter L’Oréal et Procter & Gamble, mais aucun des deux n’a souhaité répondre à nos questions, argumentant qu’ils respectaient en tous points les mesures spécifiées par le traité de Bourg-Palette. C’est donc estomaqués que nous sommes retournés à Paris, pourtant nous n’étions pas au bout de nos surprises.

Utilisations multiples

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Du Roucool au nuggets, il n’y a qu’un pas… et il est bon marché.
Peu de temps après notre voyage en Roumanie, nous avons été contacté par une association militant pour la défense des pokémons en Chine. A la demande de nos interlocuteurs, nous avons donc pris le premier avion pour Pékin, pensant naïvement que nous allions retrouver le même type de pratiques qu’en Europe de l’est. Nous étions loin du compte ! En effet, là-bas les éleveurs de pokémons ne se contentent pas de cosmétologie, mais introduisent les pokémons dans le circuit agro-alimentaire. Ainsi, certains éleveurs n’hésitent pas à transformer les pokémons en farines animales, à destination de l’élevage bovin et porcin. Bien plus scandaleux encore, d’autres se sont spécialisés dans l’élevage de Roucool en batterie, afin d’alimenter le géant McDonald’s en nuggets bons marchés. D’autres encore n’hésitent pas à vendre de l’essence de Pikachu pour alimenter les voitures hybrides.

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Le parlement européen ferme les yeux sur ses pratiques pourtant courantes et connues de tous.
Bref, vous l’aurez compris, si en théorie l’élevage de pokémons est très encadré par toute une batterie de lois, celles-ci sont régulièrement bafouées impunément par des éleveurs peu scrupuleux. Qui plus est, le phénomène est loin d’être limité à un marché local, mais concerne certaines des plus grandes sociétés corporatistes mondiales, sans que celles-ci ne soient inquiétées par les autorités. Tout le monde laisse faire et ferme les yeux, car le business est florissant. Alors ne capturez que des pokémons labélisés, et méfiez-vous si vous constatez chez vos créatures des comportements anormaux ou des malformations. Car vous l’aurez compris, si le pokémon est le meilleur ami de l’homme, la réciproque est loin d’être avérée.

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