Retour sur Kingpin, pour les hommes les vrais

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En 1999 sortait sur PC Kingpin : Life of Crime, un jeu où l’on incarne un gangster hyper grossier et violent, 2 ans avant la sortie de GTA III et son fameux passage à la 3D…

Griller la politesse (au sens propre)

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Kingpin c’est ça.
L’industrie du jeu vidéo moderne et occidentale est assez bizarre, d’un côté la censure tolère globalement les jeux où la violence physique est présente, de l’autre la violence verbale est quasi châtiée (par les développeurs eux même la plupart du temps), sans même parler du sexe. Kingpin s’il n’est pas sexuel offre lui sa dose de violence qu’elle soit physique mais aussi, et surtout, verbale. Rare sont les jeux où les personnages ne savent pas sortir une phrase sans être on ne peut plus grossier, voir vulgaire, le titre développé par Gray Matter Interactive en fait parti. Et avouez que c’est tout à fait l’image que l’on se fait des gangsters. On ne les imagine pas se faire la politesse avant de se tirer dessus, on ne les imagine pas parler avec courtoisie lorsqu’ils débitent un truc sur quelqu’un qu’ils n’aiment pas, non. Kingpin l’a compris et c’est à coups d’expressions truculentes comme « j’t’encule, suceur de bites ! » que les coups de feu sont ponctués. De même les (courts et répétitifs) dialogues des PNJ dans les bars ne sont pas focalisés sur la pluie et le beau temps, ça parle de baise, de paris, de plans… Gangsters quoi. C’est pas Arsène Lupin au pays de la guimauve, et moi je trouve ça purement jouissif. Oui, aussi jouissif qu’un jeu violent peut être, entendre les personnages s’insulter à tout va l’est tout autant.

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Les innocents ont tous des têtes de coupables dans ce jeu.
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Le panel d’armes est assez classique mais efficace. Faut l’entendre crier et le voir courir vers nous, ahahaha.
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Les corps que vous laisserez dans le meilleur état possible ressemblent à ça (oui un de ses bras a été arraché).

Un mec à l’ancienne

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Le big boss a semble t-il la voix du doubleur français de Samuel L. Jackson. Pour les dialogues c’est du Tarentino en rut.
Kingpin est un FPS à l’ancienne (pour un jeu sorti y a 10 ans quoi de plus normal), au gameplay très rapide (trop à mon goût mais c’est un avis perso, comme à mon habitude), découpé en niveaux. Le monde n’est pas ouvert mais on a la liberté de se balader où on veut, de flinguer qui on veut même les innocents (peu nombreux mais présents) et même d’engager des mercenaires pour qu’ils se prennent des balles à notre place. J’ai beau chercher, dans les FPS récent ça n’existe quasiment plus (les développeurs préférant blinder leur bousin de scripts et presque nous prendre par la main pour jouer) du coup ça donne à Kingpin un côté en avance sur son temps malgré l’emballage vieillot. Qu’on se le dise c’est tout de même assez répétitif, le titre utilisant la même mécanique de jeu à quasi tous les niveaux, mais le côté presque burlesque et jouissif de la violence verbale et physique (un headshot à bout portant explosera la tête, pareil pour les bras, hinhin, je kiffe) donne un cachet pas possible. J’en oublierai presque de parler du scénario tellement il est incroyable, vous êtes un malfrat venant de se faire sévèrement tabasser par un caïd, muni au départ d’un simple tuyau vous décidez de vous venger en remontant toute la filière jusqu’à buter le grand chef. Incroyable dis-je… Au passage j’espère que vous avez conservé du skills parce si à l’époque le titre était considéré comme facile, aujourd’hui c’est une autre paire de manche. Au fil des ans les développeurs nous ont vraiment rendu assistés, dur constat.

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Charmante la déco, non ?
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Certaines dames bien sous tout rapport nous font parfois des avances dans les bars. Dommage on ne peut même pas s’en taper une, tsss.
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En recrutant des mecs de ce genre, tout de suite, c’est plus facile. Bon ils ont pas une I.A. de dingue mais c’est sorti y a 10 ans hein.

Kingpin est un bel exemple du fait que la liberté d’expression (au sens propre comme au figuré) a régressé dans le monde du jeu vidéo occidental d’aujourd’hui. Violent, grossier, vulgaire, sans aucune morale, un peu gore, un jeu badass par excellence où l’on prend plaisir à déchiqueter ses victimes tout en écoutant son avatar déverser sa bile.

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