Killzone 3, blockbuster commun

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Killzone 3 est véritablement un FPS blockbuster. Mais alors qu’est-ce que j’ai à tiquer ?

Guerilla y arrive enfin

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Dans Killzone 3 y a un robot géant à tuer.
Je n’ai rien à reprocher particulièrement à Killzone 3 plus qu’à un autre FPS du genre. Il suit à la lettre le cahier des charges du FPS moderne qui se vend par millions imposé par les Call of Duty d’Infinity Ward, souvent copiés mais jamais égalés. Guerilla parvient pourtant à tenir la dragée haute et coche d’un trait vert l’accomplissement de tout ce qu’un fan de base peut attendre : C’est très très beau et sans aucun ralentissement, les décors sont variés, les phases de jeu alternent entre champ de batailles bien vivants et passages en véhicules tout aussi variés que les décors, une durée de vie solo courte, un multijoueurs classique et efficace (avec différentes classes)… Bref, Killzone 3 est à ranger du côté des FPS blockbuster, l’I.A. pas terrible typique y compris. Pour mon petit plaisir j’ai même constaté des améliorations non négligeables pour l’immersion, comme l’apparence (enfin !) des jambes et des pieds de notre héros (toujours le sergent Sevchenko) et moins de barils explosifs rouges dans les niveaux (en tout cas mieux disposés, de façon plus crédibles). Le jeu a en plus sa propre identité visuelle (que ça soit pour les ennemis, l’univers etc) ce qui dans le marché du FPS est relativement rare.

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J’aime bien les plateformes volantes de Killzone, c’est un des trucs que je préfère dans cet univers.
Non, je n’ai rien contre Killzone 3 en particulier, qui selon les critères de n’importe quel site ou magazine de jeu vidéo est un bon, voir un excellent FPS, c’est certain. Ce que j’ai à reprocher dans les lignes qui suivent s’adresse autant à lui qu’à presque n’importe quel FPS d’inspiration dite spectaculaire (les Modern Warfare, Black Ops, Bad Company 2, Medal of Honor, même les derniers Halo, et je vous passe ce qui arrive dans les prochains mois et qui sent la même odeur). Le problème c’est que ces jeux sont tous les mêmes. Quelque soit l’univers, original ou non, ils offrent tous les mêmes choses, la même recette, les mêmes qualités, les mêmes défauts…

Lassitude et frustration

009-251-2.jpgA un moment donné, jouer 10 fois au même jeu avec un skin différent, tout aussi spectaculaire et maîtrisé soit-il, ben ça ne me touche pas. Du moins ça ne me touche plus. J’ai joué à Killzone 3 comme je jouerais au dernier Call of Duty, en ayant l’impression d’avoir déjà vécu le même genre de situations à peu près un million de fois. Ceci dit les ex Infinity Ward avaient peut-être un savoir faire en plus au niveau du grand spectacle, une sorte de génie pour trouver LA scène qui te scotche. Mais il n’empêche que c’est du pareil au même à la fin : C’est un FPS spectacle de plus, au cinéma ce serait le film de l’été qu’on recopie depuis plus de 10 ans chaque année, le truc pop corn qu’on a déjà oublié le lendemain parce qu’on a l’impression de l’avoir déjà vu 100 fois mais qui sur l’instant divertie pour une heure et demie. En plus ça a le toupet de ne pas avoir de fin parce qu’évidemment il amorce une énième suite, comme d’hab’. A un moment donné, jouer à un enchaînement de batailles avec un léger fil scénaristique pour les relier, ça lasse. Ca fait 4, 5 ans (voir plus en fait) que presque chaque gros éditeur continue à commander le même jeu éternellement, et ça continuera jusqu’à ce que le public se lasse (moi c’est déjà fait) et que les millions ne s’engrangent plus.

195494_killzone-3-2.jpgAujourd’hui pour apprécier un jeu du genre je pense qu’il faut soit être ultra fan, soit ne pas y avoir joué depuis bien longtemps (de temps en temps un titre comme ça, ça fait du bien). Mais la narration est naze, extrêmement classique (entrecoupée de cinématiques à foison), pour raconter une histoire inexistante qui sert simplement à donner un prétexte futile aux champs de bataille (ils diraient « il m’a volé mon stylo, brûlons leur planète ! » que ça serait pareil). On se branle des personnages, on se branle de qui on a à sauver, on se branle de qui on tue, on se branle de ce qu’on fait à vrai dire. Ca ne raconte rien, il n’y a aucun intérêt, aucune profondeur. Ca manque de maturité certes, mais ça pourrait passer si un de ces jeux se trouvait une personnalité (autre que visuelle, ça ne fait pas tout). Tout cela se prend bien trop au sérieux sans être adulte pour autant, si Killzone 3 (ou n’importe quel FPS au concept identique) était un homme, je l’insulterais de branleur fashion victim sans cerveau.

Un bon FPS, voir excellent, pour les (nombreux) fans de FPS qui ne cherchent rien de plus que de tirer sur des méchants comme dans trouzemille autres FPS. Un FPS de plus pour les autres avec rien de neuf à l’horizon.

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