Jet Set Radio et Jet Set Radio Future, cell-shadés et bien chiadés

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Hop, le rétro test de Jet Set Radio (Dreamcast) et sa suite Jet Set Radio Future (Xbox), une série culte qui a pourtant fait un bon gros bide dans les ventes, chien de public.

Objet Ludique Non Identifié

Le mois de novembre de l’année 2000 vit la sortie dans les bacs français de Jet Set Radio sur Dreamcast. Au-delà de l’objet ludique non identifié qu’il reste encore aujourd’hui, il a posé les bases d’un style graphique, le cell-shading. Pour faire simple, lorsque vous vous trouvez face à un jeu au rendu quasi similaire à celui d’un dessin animé (dont chaque courbe est détourée à la ligne claire), c’est du cell-shading et c’est dans Jet Set Radio qu’on a véritablement vu ça pour la première fois. Une originalité très importante à la sortie de ce titre donc et qui ne s’arrête pas là puisqu’on incarne un grapheur chaussé de rollers en ligne dont le but est de repeindre les murs de la ville entière avec sa bande. Un concept complètement loufoque, innovant, saupoudré d’une ambiance ultra travaillée grâce aux graphismes (qui sont toujours aussi efficaces au jour d’aujourd’hui) mais aussi à la musique.

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La ville se divise en quartiers pour autant de « niveaux » dominés par des bandes rivales chez qui on devra recouvrir chacun de leurs graffitis, posés sur tous les endroits possibles et imaginables (même en hauteur), avant de passer aux suivants et finir par avoir bombé toute la ville de nos couleurs. Un marquage de territoire qui reprend réellement l’esprit du graffiti, le vrai de la vie réelle, et qui est tout autant interdit dans le jeu et même plus. Du coup il n’est pas rare de se retrouver coursé par les flics (à pieds puis en moto, en parachute, en tank etc…) avec à leur tête le capitaine Onimisha, une sorte de parodie de Dick Tracy avec guimbardine, coupe de cheveux ringarde et gros flingue. Cette milice (qui finira par se faire remplacer par une autre faction beaucoup plus nerveuse que je vous laisse découvrir) représente une des deux principales difficultés du jeu puisque chaque fois qu’un poulet nous touche on perd de la vie. Leurs assauts sont de plus en plus prononcés au fur et à mesure de notre progression, une graduation de difficulté qui se ressent aussi dans les accès aux endroits à tagguer, deuxième aspect « fil à retordre » du titre. Ceci dit pas de quoi s’inquiéter, même si tout cela est progressif on arrive à s’en sortir même sur la fin, rien de vraiment bien compliqué.

Easy Grinder

012-54.jpgJouissant d’une liberté de mouvements conséquente sur chacun des quartiers, on se retrouve à grinder n’importe quoi (les grinds se font automatiquement, en sautant sur l’endroit adéquat), des rambardes de sécurités jusqu’aux fils électriques à 30 mètres du sol, le tout parsemé de sauts stylistiques qui en jette. Les figures sont elles aussi gérées automatiquement et c’est tant mieux, ça nous oblige à rester concentré sur les endroits à tagguer, après avoir récupéré suffisamment de bombes de peintures disséminées ça et là. Il existe 3 types de graffitis, les petits qui demanderont une simple pression de la gâchette gauche pour être effectués (même pas besoin de s’arrêter), les moyens qui vont nous demander plus d’une bombe de peinture, de stopper notre course, et de suivre une combinaison de directions de boutons en plus d’une pression sur la gâchette gauche (par exemple, haut + arc de cercle vers le bas + demi arc de cercle vers le haut etc…) et enfin les gros qui eux nécessiteront un bon stock de bombes et une multitude de combinaisons de directions. Tout se fait simplement, instinctivement, avec par endroit tout de même (lors des virages serrés surtout) quelques soucis de caméra. L’absence de stick droit, pour une éventuelle caméra manuelle, sur la manette Dreamcast se fait aujourd’hui assez ressentir et fait même piquer des gueulantes du genre « bordel de merde de putain de caméra de merde ! ». Les sauts stylés, les combinaisons de directions parfaitement enchaînées lors des graffitis et un quartier bombé par vos soins en un temps record vous donneront un certain nombre de points. Esprit arcade oblige, tout ça pour vous permettre de recommencer pour faire le score ultime et pavaner devant vos potes.

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Les actions sont rythmées par une bande son magistrale diffusée de manière originale puisque intégrée totalement au jeu. On écoute la Jet Set Radio tout au long de l’aventure (une radio pirate, les radios étant devenues interdites dans le coin), le DJ servant même de narrateur à nos aventures et aux événements qui en découlent entre chaque niveau. Pour varier les plaisirs on pourra changer de personnage, régulièrement un nouveau membre rejoint notre bande des GG’s (ouais c’est nul comme nom de bande) après que l’on ait relevé son défi, chacun possédant des caractéristiques différentes (basées sur la technique, le graffiti et l’énergie). Même si foncièrement on ne ressent pas énormément la différence pad en main on apprécie d’avoir le choix et on apprécie par la même occasion le level design relativement varié, le cell-shading aidant énormément à flatter notre rétine niveau stylistique. Même si au final le but principal du jeu est ultra simpliste et reste le même au fil des niveaux, on ne peut s’empêcher d’apprécier le titre de bout en bout, de l’arcade à l’état pur, sans chichi. On pourra également savourer le fait de pouvoir changer le rendu de nos graffitis, puisque se sont des vrais (dessinés au passage par de vrais graffiti artistes pour le jeu), en ramassant des icônes légèrement difficiles d’accès qui permettent de débloquer une nouvelle œuvre dans une liste accessible par le menu. Les vrais regrets concernant Jet Set Radio viennent de sa durée de vie pas vraiment exceptionnelle et de son absence de modes multijoueurs.

Objet Ludique Non Identifié, Part. II

14 mars 2002, sortie de la Xbox en France, un FPS nommé Halo marque les esprits et attire toutes les attentions pour le lancement de la console. A ses côtés dans les rayons se trouve Jet Set Radio Future, suite de l’épisode Dreamcast désormais défunte prématurément. Pas vraiment la peine de rentrer dans les détails pour ce qui restera un titre dans la (haute) lignée du précédent (une sorte de version + +), les grandes lignes ont été préservées, la maîtrise graphique est supérieure avec une multitude d’effets en prime, la bande son est toujours fracassante (le morceau Birthday Cake de Cibo Matto que j’ai découvert grâce au jeu me trotte encore dans le crâne 5 ans après), du fun en galette. Le système de tag a été modifié de manière à ce qu’on ne soit plus obligé d’arrêter sa course pour les moyennes et grosses fresques, exit les combinaisons de directions donc. C’est à la fois regrettable parce que le côté technique en prend un coup mais ça augmente la vitesse de jeu, on peut tout faire sans jamais s’arrêter et sachant en plus qu’une gestion de turbo a été implémenté, l’impression de tracer à toute berzingue n’en est que plus accentuée. Un choix certes discutable mais dont on saura apprécier le résultat malgré tout.

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Certains challenges beaucoup plus difficiles (et facultatifs) consistant à remplir des défis à la suite d’une découverte d’item secret (une cassette) apparaissent dans cet opus, augmentent agréablement la durée de vie et nous font aller dans des endroits où il arrive que l’on se demande « comment bien pouvoir y accéder bordel de merde ? ». Résultat d’un bel effort de recherche de la part des développeurs au niveau du level design, qui au passage apporte (le level design) une touche de variété supplémentaire de niveaux en niveaux par rapport à Jet Set Radio… Même si le pad Xbox comporte un stick droit il n’y a pour autant pas plus de caméra manuelle que pour la version Dreamcast et on a donc toujours de temps en temps quelques petits soucis qui en découlent. La principale nouveauté de Jet Set Radio Future vient de son mode multijoueur qui malheureusement s’avère beaucoup trop anecdotique pour qu’on puisse s’en contenter. A noter aussi un sous-titrage qui défile trop vite lors des dialogues.

Jet Set Radio n’a pas prit une ride et reste un monument de fun comme seule la Dreamcast savait en proposer, on place le titre du côté des jeux cultes ni plus ni moins. Sa suite sur Xbox est dans la même lignée. Cette série fait parti des titres à la réputation confidentielle tout aussi bons soient-ils, un exemple de plus qui confirme que les jeux intéressants ne se vendent pas forcément à la pelle.

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