Halo 3, Finish the test

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Il aura fallu attendre deux ans pour voir enfin arriver le MasterChief sur la 360 de Microsoft. Deux ans qui auront vu le sacre du déjà culte Bioshock. Alors, êtes-vous prêt à « Finish the Fight » ?

Rendez-vous avec un mythe

Halo, quatre lettres qui ont révolutionné le monde du FPS… Le monde du jeu vidéo même. Bien sûr, nombreux sont les fanboys qui vont me trouver des excuses bidons pour me prouver le contraire. Peu importe, j’ignore les abrutis et je poursuis mon argumentaire. Halo, c’est l’un des premiers jeux (bien après les GoldenEye et autres Perfect Dark ceci dit) à prouver que les consoles peuvent faire tourner les FPS avec autant d’efficacité que sur PC.
Halo, c’est le jeu qui a instauré l’inventaire limité à deux armes (qu’on retrouvera dans Gears of War, Call of Duty et quelques autres). Halo, c’est le jeu qui a inventé la jauge d’énergie qui se régénère, celle là même qui pourrit aujourd’hui les 9/10ème des jeux d’action. Sauf qu’à l’époque d’Halo, la jauge d’énergie qui se régénérait, c’était celle de l’armure. La barre de vie du MasterChief, elle, ne remontait pas sans l’apport d’un précieux medikit.

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Aujourd’hui dans Halo 3, exit les medikits et place au système de vie pour casual gamers pas foutu de faire deux pas sans se prendre une bastos. Résultat, les niveaux se torchent les yeux fermés (Mais j’y reviendrais).
Halo, ou plutôt Halo 2 pour le coup, c’est aussi le jeu qui a inventé les armes dans chaque main. Halo, c’est le jeu qui a sublimé l’utilisation de véhicules dans un FPS. Halo, ce sont des combats épiques, une trame scénaristique de folie, une ambiance monstrueuse et sans doute le thème musical le plus extraordinaire depuis Legend of Zelda. Halo, est bel et bien le jeu qui a révolutionné le monde du jeu vidéo moderne, on comprend alors mieux l’engouement gigantesque de toute une communauté de joueurs derrière le titre emblématique de Microsoft. On comprend mieux les millions de dollars investit en développement et en communication. Alors certes, malgré d’excellentes idées et un départ en fanfare, la campagne solo d’Halo 2 fut une énorme déception (Il en va tout autrement de son multi qui est resté en tête des jeux les plus joués bien après la sortie de la 360). Mais peu importe, le premier a su s’imposer comme la référence absolue, cela suffit amplement à faire du 3ème LE jeu le plus attendu du marché de 2007.

Finish the fight

On nous l’avait promis : Halo 3 clôturera la trilogie. Ce qu’on ne nous avait pas dit par contre, c’est que le joueur novice serait complètement perdu.
Effectivement, Halo 3 débute par une scène d’introduction peu compréhensible et sans rapport (ou presque) avec la fin du deuxième. Qu’à cela ne tienne, l’habitué retrouvera vite ses marques et se laissera guider dans l’histoire sans trop de mal. Mais qu’en est-il du joueur qui découvre Halo avec la 360 ? Il ne comprend pas ce début. Il ne sait pas ce que vient faire l’Arbiter à nos cotés. Il ne sait même pas qui sont les Elites… encore moins qui est Cortana (pourtant au cœur du scénario). Pourtant, très vite on se rend compte qu’Halo 3 est destiné à la masse. Oubliez les passages ardus des deux premiers épisodes : Ici, même en héroïque, les moments qui vous feront suer se compteront sur les doigts d’une main.

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Du coup, dès le départ, Halo 3 se présente comme un jeu bancal où l’histoire est destinée aux aficionados, quand le gameplay est tourné vers les débutants. Passé cette petite déception, les sensations prennent le dessus. Il faut dire que retrouver le MasterChief est un véritable plaisir et sa maniabilité est d’autant plus excellente que le pad de la 360 surclasse celui de la Xbox. On arrose copieusement des covenants plus bavards qu’une horde de bimbos dans un H&M, on balance des grenades et recharge nos armes et on fonce tête bêche dans la mélée dans le but d’atteindre le prochain checkpoint en un seul morceau. Les armes sont plus nombreuses que jamais et quasiment aucune ne prend le dessus en termes d’intérêt ; chacun ira de sa petite préférence. Les véhicules sont également nombreux et on notera l’arrivée dans le garage d’un chopper covenant au look d’enfer et autres joyeusetés du genre qui nous donnerait presque envie d’arpenter les niveaux avec le coude à la portière et de la musique de kéké à fond.

H-10

Esthétiquement le jeu oscille un peu trop souvent entre le magnifique et le passable. Les effets de lumière par exemple sont d’une beauté presque virginale quand la texture de l’eau, pourtant l’une de celles que les développeurs réussissent le plus habituellement, nous donnerait la nausée. Dans le même ordre d’esprit, les joueurs de la première heure vont pleurer tout leur saoul de retrouver des passages qui rappelleront avec un peu trop d’insistance des moments connus par le passé dans Halo et Halo 2. A croire qu’il n’y a pas un pelé chez Bungie qui se soit dit : « Tiens, on ne l’avait pas déjà fait cette scène dans le premier ? »

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Heureusement, dans son ensemble, la réalisation tient largement la route et nous promet même quelques bons gros moments d’anthologie. Cela tient sans doute aux environnements gigantesques, au nombre d’ennemis à l’écran, leur excellente Intelligence Artificielle (à une ou deux exceptions près) et à tous ces véhicules qu’on pilotera ou croisera au cours de nos raids. Les cut-scenes sont là pour nous rappeler qu’on est plongé dans une histoire épique qui dure depuis trois épisodes, une trilogie qui permet cette richesse narrative. Seulement avec moins d’une dizaine d’heures pour parvenir à son dénouement, la pilule est plutôt amère.

Cinématographique

On savait le MasterChief exceptionnellement balèze, mais on espérait qu’il mettrait au moins le double pour finisher son fight. Heureusement, une fois parvenu au bout, rien ne vous empêche de vous y replonger à un niveau de difficulté plus élevé, en compagnie d’un, deux ou trois de vos amis en coopération. Car c’est la grande force de la campagne d’Halo 3 par rapport à ses deux prédécesseurs : L’intégralité de la campagne pourra se jouer à quatre joueurs en local ou via le Xbox Live. Cette fonctionnalité est une aubaine, même si on aurait préféré que la connexion soit aussi simple que pour Gears of War. Et oui, dans Halo 3, si l’hôte se déconnecte, c’est tout le monde qui se retrouve au menu principal. Les boules quand on commence à voir le bout d’un niveau.

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Autre fonctionnalité qui pouvait paraître gadget au début et qui s’avère finalement presque indispensable, c’est le mode Cinéma.
Ce mode vous permettra de revoir toutes vos parties, que ça soit en campagne ou en versus sur le live. De là vous pourrez vous balader dans les niveaux en tant que caméra volante, zoomer, dézoomer, faire des pauses, prendre des photos et admirer les innombrables détails qui pullulent dans ce jeu. En versus, vous pourrez également éditer de mini-clips de vos exploits, que ça soit un headshot à longue distance, une cascade en Warthog, une victoire sur un coup de crosse ou tout ce qui peut vous passer par la tête. On regrettera seulement de ne pas pouvoir éditer de clips, ni même rembobiner, dans la campagne.

Forgez-vous un nom

Le troisième mode qui, à lui seul, devrait pérenniser l’expérience Halo 3 sur le live : La Forge. Comme son nom peut le laisser supposer, il s’agit tout simplement d’un éditeur de niveau. Alors vous serez obligé de partir d’un niveau déjà existant, mais après vous pourrez modifier, ajouter, supprimer, déplacer tout ce qui vous chante et dans les moindres détails. Ainsi vous pourrez ajouter des éléments du décor, des véhicules, des armes, des points de résurrection et même paramétrer les temps de respawn des armes, etc.

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Les modes de jeu online sont bien entendu le nerf de la guerre de ce troisième volet. Halo 2 n’est pas le recordman du jeu online pour rien, sa suite devrait reprendre le flambeau de la plus belle des manières.
Une douzaine de maps, des modes de jeu à ne plus en finir, paramétrable à l’envi (capture the flag avec gravité renforcée pour celui qui porte le drapeau, etc.), seize joueurs (on aurait préféré 32 quand même) et une communauté immense qui fait grimper les serveurs de Microsoft à plusieurs millions de joueurs connectés en simultané. C’est tout simplement hallucinant et à la hauteur de la réputation de la série.

Jeu exclusivement online ?

Mais avec une campagne solo si courte, jouable en coopération online qui plus est, on finit par se demander si Halo 3 n’est pas un jeu exclusivement online. Bien sûr il n’en est rien, mais toujours est-il qu’en y réfléchissant bien, je ne sais pas quel intérêt peut avoir un joueur qui se définit comme exclusivement onaniste, ou qui n’est tout simplement pas abonné au live. Quoi qu’il en soit, jouer à Halo 3 relève quasiment de la culture générale. D’ailleurs, la campagne solo, bien que courte et décevante à de rares moments, est tout de même grisante. Mais pour un joueur offline, cela ne durera guère plus que deux après-midis. A soixante euros le jeu, ça fait cher de l’heure, vous ne trouvez pas ?

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Mais ne vous trompez pas, si je peux paraître très critique à l’égard du dernier hit de Microsoft, je n’en suis pas moins conquis pour autant. Comme le dit si bien la maxime : « Qui aime bien, châtie bien ». En d’autres termes, j’ai adoré… mais le jeu ne me semble pas être à la mesure de l’engouement que son annonce a suscité. Halo étant considéré comme LA killer app’ du constructeur américain, nous étions en droit d’attendre un produit irréprochable… et c’est loin d’être le cas.

Un air de déjà-vu pour ce très court mais malgré tout excellent Halo 3 qui prend toute son ampleur sur le live. En solo, c’est tout autre chose…

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