Fight Night Round 4, le jeu vidéo noble !

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Véritable claque visuelle à sa sortie, Fight Night 3 avait mis tout le monde d’accord et posé les bases de l’esthétisme qu’on appelait encore Next Gen. Avec ce quatrième round, la série souhaite passer un nouveau cap : Celui de la simulation !

Un coup de boule… mais noble !

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Techniquement, le jeu monte la barre un cran au-dessus encore.
La boxe est considérée comme un art noble. Pour de multiples raisons : Pas de coups en-dessous la ceinture, ni après le gong, possibilité pour un tiers de jeter l’éponge, tout ça tout ça. C’est aussi pour les mêmes raisons que Tyson bouffe les oreilles j’imagine… Bref, quand on refait le portrait de son adversaire pour lui donner l’air d’un Picasso, on ne peut décemment pas nier qu’il s’agit d’art, non ? Et comme j’ai toujours voulu embrasser une carrière artistique, je me suis donc lancé à l’assaut des rings, en quête de ceintures de champions du monde, brillamment arrachées des hanches d’Ali, Tyson, Foreman et autres Lewis. D’emblée, je me lance alors dans une carrière. Faut dire qu’après avoir tâté la démo des dizaines et des dizaines de fois, je n’avais guère besoin de me retaper le tuto. Et puis les combats rapides, c’est comme les matchs immédiats dans un jeu de foot… c’est pour jouer à plusieurs, non ? Bref, je me lance dans une carrière et je m’attendais, comme c’est la coutume dans ce type de jeu, à passer des heures sur la création d’avatar, en bidouillant les dizaines de paramètres permettant de modifier sa tête. Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant qu’un mode Live Vision était inclus au jeu, permettant de modéliser son visage à partir de la fameuse caméra de la 360 (j’imagine que c’est pareil sur PS3…). « Génial, me dis-je. Je vais enfin pouvoir utiliser cette caméra qui prend la poussière sur l’étagère. » Honnêtement, le résultat m’a plutôt bluffé (bien plus qu’avec Rainbow Six), même s’il a fallu que je peaufine quelques détails à la main (Genre le fait qu’il m’avait modélisé avec la peau noire et qu’il n’a pas pris en compte ma superbe barbe d’homme viril). Ajoutons à cela mon nom, surnom, ville de naissance, le choix des gants, shorts et même peignoirs et enfin le style de boxe et les différentes caractéristiques. J’étais fin prêt pour monter sur le ring du Caesar Palace histoire de casser les dents à qui oserait me défier. Au final, je me suis retrouvé sur le ring de ma salle d’entrainement, avec un casque sur la tête… Le Caesar Palace attendra, les dents cassées aussi.

Caesar n’est pas Veni

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La différence de taille et d’allonge oblige à varier ses tactiques de jeu.
Et ça pour attendre, il risque d’attendre un bout de temps. Car à la surprise générale, de Caesar Palace il n’y a point ! Un fait d’autant plus curieux que, sauf erreur de ma part, ce ring mythique figurait bien au casting du troisième round. D’ailleurs, aucune des trop peu nombreuses salles du jeu ne semblent licenciées. Oubliez donc également le Madison Square Garden ou le Palais des Sports Gabriel Péri de Levallois (ouais je sais, ça fait moins rêver). Bien sûr, il y a les rings de Las Vegas, New York, Atlantic City et même Londres (les français ils puent faut croire). Mais sans la licence, ça fait tout de suite moins prestigieux. Heureusement, le titre se rattrape sur son casting de boxeurs stars, issu de générations différentes. Comme d’habitude, ce sont surtout les poids lourds qui sont à l’honneur, mais les autres catégories sont également représentées. Et dans le pire des cas, il reste le DLC (qui vient juste d’être annoncé) ou la possibilité de télécharger les boxeurs crées par les joueurs : De vrais sportifs, des personnalités du show-biz ou de la politique (oui je sais, c’est un peu pareil de nos jours) et même des personnages de la saga Rocky. Et avec les boxeurs crées pour les besoins du jeu et ceux que vous pouvez faire vous-même et inclure ensuite comme adversaires dans votre carrière (avant de la démarrer ceci dit), vous n’aurez pas trop l’impression d’affronter toujours les mêmes gugusses. Un point d’autant plus précieux que chacun d’entre eux ont une approche différente de la boxe. Il vous faudra alors vous adapter au style de l’adversaire en fonction de s’il s’agit d’un cogneur, d’un boxeur vif, d’un contreur ou autres.

A bout de souffle

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Il faut du temps pour maitriser chacun des mini-jeux d’entrainement proposés.
Une fois lâché sur le ring, les choses sérieuses peuvent commencer. Tous les mouvements s’articulent autour des gâchettes et sticks de la manette. Certes, les boutons de façades peuvent servir au coup spécial (une sorte de signature move) aux coups bas ou à s’accrocher ou repousser son adversaire. Mais outre ces deux derniers points, il est clair qu’on ne s’en sert que trop peu souvent. La possibilité de se battre avec les boutons, comme c’était proposé dans le round 3, n’est plus et c’est tant mieux. Je sais que ça en fait râler plus d’un, mais ils n’ont qu’à retourner jouer à UFC ou à tout autre jeu d’arcade s’ils ne sont pas contents. J’imagine que ce sont les mêmes qui jouent à FIFA et PES avec la croix directionnelle… Les coups et enchainements sont plus vifs que dans le précédent opus, ils sont aussi plus nombreux. Dès lors, cela demande un certain nombre de rencontres pour commencer à vraiment maitriser son sujet. Surtout qu’outre les possibilités offensives, Fight Night : Round 4 multiplie également les possibilités défensives. Les contres sont plus délicats à sortir et les feintes de corps s’avèrent très vite indispensables. On regrettera toutefois que l’issue d’une rencontre se joue encore trop souvent sur les contres, mais sans doute moins qu’avec le précédent millésime. En effet, ici le boxeur est représenté par trois jauges : La santé, l’endurance et les dégâts subis. La santé reste primordiale, car plus cette jauge sera réduite, plus vos chance d’aller au tapis seront grandes. L’endurance est également essentielle car à moins de mettre votre adversaire au tapis dans les trois premiers rounds, vous vous retrouverez rapidement à cours de souffle en fin de match, avec l’impossibilité d’enchainer votre adversaire avec autant de vivacité qu’au départ. Les dégâts enfin influe sur votre capacité de récupération. Chaque combat s’apparente donc à un jeu de gestion/stratégie, dans lequel vous devez gérer ces trois jauges. Esquiver vous fatiguera, comme enchainer votre rival ou utiliser les coups puissants. Il faut donc toujours trouver la solution pour arriver à épuiser votre adversaire, tout en gardant vos forces… le tout en gérant également les autres paramètres inhérents aux boxeurs, comme l’allonge, la puissance, la rapidité, etc. Chaque combat est donc unique et certains deviennent de véritables moments d’anthologie qui vous feront hurler de rage ou partir dans une sorte de joie orgasmique sans précédent, en fonction du résultat final.

A pas de loup

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Se relever après un K.O. est encore plus délicat que dans le précédent.
Maintenant que vous savez vous battre sur le ring, il va falloir cravacher durement pour faire progresser votre boxeur. En effet, au cours de votre longue et difficile carrière, vous allez devoir planifier vos entrainements parmi cinq ou six ateliers différents. Chacun de ces ateliers permet de travailler sur certains aspects de votre technique, comme la puissance de votre bras droit ou gauche, votre résistance au menton ou aux flancs, votre rapidité et précision et bien d’autres secteurs encore. Cela au détriment bien entendu de quelques autres. Faire avancer un sac de sable de plus en plus lourd, tourner et frapper autour d’un punching-ball, s’entrainer avec un sparring partner, éviter et frapper un sac se balançant… chacun de ces entrainements est inventif et plaisant à jouer. Toutefois, il est presque vital de s’y perfectionner via le menu entrainement du jeu, car leur difficulté est réelle et ne pas faire progresser ses caractéristiques en carrière peut très vite s’avérer fatal. De la même manière, la progression au classement se doit d’être lente. Il ne faut pas hésiter par exemple à affronter des adversaires moins bien classés pour s’aguerrir d’avantage avant un combat important. Car si la progression se veut rapide au début, dès que les choses commencent à se corser, elles se corsent réellement. Se faire cueillir à froid alors qu’on dominait, perdre au points à cause d’un knockdown dans la dernière reprise ou tout simplement se faire étaler par un rival bien trop fort, les raisons de perdre ne manquent pas et passer les vingt premières places, chaque progression au classement se fait dans la douleur. Au final, et contrairement à ce que peuvent prétendre certains, ce Round 4 se veut bien plus simu que tout autre jeu de boxe jamais sorti. La stratégie, tant sur le ring qu’en dehors, prend une place prépondérante et chaque combat est un défi à relever. Il ne manquait juste que quelques rings licenciés supplémentaire et d’avantage de profondeur dans le mode carrière… comme gérer son équipe et son matos par exemple.

Avec ce Round 4, Fight Night passe un nouveau cap. Plus beau, plus vif, plus riche et surtout bien plus simu que son prédécesseur… malgré les dires de certains qui le prennent un peu trop pour un jeu de baston.

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