Fifa 13 perd le contrôle

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Chaque année, mon premier contact avec le nouveau Fifa est toujours un moment chargé d’émotions et de promesses d’un avenir encore meilleur.

Home Sweet Home

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Ici, c’est Paris !
Même si le PSG s’est fait ravir son titre par Montpellier, revenir au Parc des Princes est toujours un moment chargé d’émotion pour un supporter comme moi. Alors quand en plus il s’agit de s’y rendre pour aller découvrir le prochain Fifa, le déplacement prend des allures de pèlerinage. D’autant plus que le trajet en métro pour se rendre au stade n’est pas loin d’être aussi pénible que le chemin de croix que vivent les pèlerins qui se rendent chaque année à St Jacques de Compostelle. Mais qu’importe, on est croyant ou on ne l’est pas ! Et moi, j’ai foi en le ballon rond… même pixélisé.
C’est donc « à la maison » qu’était présenté l’itération 2012-2013 de Fifa, même si les développeurs n’ont jugé bon de proposer que l’Olympique Lyonnais en équipe française jouable (il faut dire aussi que Electronic Arts France est basé à Lyon, ça aide).

001-822.jpgEt avant de pouvoir poser nos petites mains fébriles sur le pad, pour tester un peu les dernières trouvailles censées peaufiner encore d’avantage le gameplay, nous avons eu droit à la sempiternelle présentation powerpoint, avec vidéos en fil de fer, extraits de vrais matchs pour appuyer les exemples et comparaisons entre Fifa 13 et Fifa 12.
J’aime beaucoup ce moment, car en général le discours du producteur, en l’occurrence ici David Rutter, s’attèle à défoncer consciencieusement leur propre jeu. A force de comparaisons, de vidéo, d’exemples triés sur le volet, on vous expliquerait presque que Fifa 12 c’est de la merde.
Bon, ce n’est pas dit comme ça bien sûr, mais franchement un pro-PES aurait bien du mal à trouver des arguments aussi pointilleux que ceux avancé par le producteur, pour descendre l’ennemi juré séculaire.
Bien entendu, tout cela n’est pas fait au hasard, puisque les seuls défauts évoqués, sont ceux qui se trouvent corrigés dans Fifa 13. Et force est de constater que la petite démonstration fait à chaque fois mouche.

Imprévisible

002-793.jpgCette présentation, c’était aussi l’occasion pour le producteur, de nous donner la ligne directrice de ce nouveau Fifa : « Capturing the Drama & the Unpredictability ».
En gros, le maitre-mot de ce nouveau millésime, c’est de donner au jeu le caractère imprévisible des véritables matchs. Car le football n’est pas une science exacte, et les joueurs ne sont pas infaillibles.
Là encore, à la manière d’un coach qui s’apprête à affronter un adversaire coriace, le producteur a usé et abusé d’exemples vidéos pour nous montrer à quel point le contrôle est à la fois essentiel, mais en même temps incertain dans le football. Or, dans Fifa 12, peu importe la distance et la puissance d’une passe, le joueur à la réception réussissait constamment des contrôles Uhu (du nom de la colle), où le ballon venait bien sagement se poser sur le pied du joueur, comme s’il portait une chaussure en velcro. Avec Fifa 13, ce temps est révolu.

003-752.jpgAlors ça ne veut pas dire non plus que désormais, on va rater tous nos contrôles. Ni même que les joueurs professionnels, à fortiori parmi les meilleurs de la planète, ne vont plus assurer un cachou façon PES de la belle époque où il fallait faire Croix+Triangle+arc de cercle+L1 pour contrôler le ballon mais où une simple pression du bouton de tir alignait une bicyclette des 25 mètres (ouais, je suis pro Fifa devant l’Eternel, et je vous emmerde !). Non, c’est juste que les contrôles sont désormais plus lâches, plus aléatoires, et dépendent d’avantage des statistiques du joueur en la matière.
Mais attention, le ballon ne part toutefois pas dans les nuages, ni même passe entre les jambes du receveur pour finir sa course en touche. Il reste généralement dans une zone de deux ou trois mètres maximum autour du joueur, ce qui ne l’empêche pas de développer son jeu, mais peut parfois permettre au défenseur, s’il est bien placé, d’intercepter la balle (ou à l’attaquant dans le cas d’un contrôle hasardeux du défenseur).
Paradoxalement, cela offre aussi plus de vivacité au jeu, plus de réalisme. Et ce simple fait de contrôles aléatoire, permet de casser ce côte « rail-soccer » qu’on ressent parfois lorsque les actions se répètent un peu trop.

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Intelligence de jeu

020-36.jpgMais le point le plus soumis à controverse l’année passée, ce fut l’implémentation de la fameuse « défense tactique », qui a donné bien des sueurs froides à de nombreux joueurs du dimanche.
Cette année, ce système ne semble pas avoir changé. Il est toujours question de garder son joueur en couverture, d’une simple pression du bouton (A ou Croix selon la console), et de se lancer à l’interception au moment opportun, au risque de se faire enrhumer par un crochet bien placé.
Toutefois, cette défense semble avoir gagné en efficacité, grâce notamment à des défenseurs moins benêts et plus physiques qu’auparavant.
Fini les débordements qui mettent régulièrement les latéraux dans le vent, cette fois il va falloir faire preuve de vista et d’un sens du timing aiguisé pour les prendre de vitesse. Terminé également les crochets à répétition qui donnent le tournis à des défenseurs Bisounours, qui se contentent de nous regarder faire. Désormais, ils n’hésitent pas à jouer des coudes et à faire parler leur physique pour récupérer le ballon, déstabilisant constamment l’attaquant. Difficile de garder sa trajectoire, son équilibre et un contrôle du ballon parfait, lors des duels, et la faute pour tirage d’épaule, de bras ou de maillot n’est jamais bien loin.
D’ailleurs celles-ci m’ont paru plus crédibles ; comprenez que l’arbitre ne siffle plus à la moindre épaule effleurée alors qu’il ne bronchait pas deux minutes plus tôt, sur un tacle au niveau des genoux. Le producteur nous a même assuré que les « avantages » donnés à l’équipe attaquante lors d’une faute, seraient mieux gérés (il serait temps). Je n’ai pas vraiment pu en juger par moi-même au cours des trois/quatre matchs auxquels j’ai pu jouer, mais je lui laisse le bénéfice du doute.

008-344.jpgMême chose pour les hors-jeux, un peu trop constants lorsqu’on tergiversait avec le ballon dans Fifa 12, ou qu’on avait le malheur de revenir en arrière avant de centrer.
Les hors-jeux existent toujours, je vous rassure. Il n’est pas question de camper dans la surface adverse. Mais maintenant les joueurs sont plus précis et plus intelligents dans leurs appels. Ils n’hésitent pas à prendre les espaces, et même à piétiner sur quelques mètres pour rester en jeu et recevoir la passe dans le bon timing.
Il semblerait d’ailleurs que les développeurs se soient véritablement transcendés sur l’I.A. du jeu d’ailleurs, tant les choix des coéquipiers (et des adversaires) contrôlés par la console lorsqu’on a le ballon, m’ont paru judicieux et réalistes.
On ne se retrouve plus à déborder avec son latéral, pendant que l’attaquant s’écarte lui-aussi sur le même côté alors qu’il devrait se positionner au centre pour offrir des solutions. Même chose en défense, où le latéral à l’opposé de l’action ne reste plus à la traine comme un connard, pour mettre en jeu l’attaquant adverse qui a alors tout loisir de faire un appel fatal dans le dos de la défense centrale. Bref, le jeu a encore gagné en réalisme et en crédibilité. Et j’ai même vu un journaliste non afficionado, prendre du plaisir à jouer et à regarder les matchs.
014-98.jpgEnfin, détail amusant : Il est désormais possible de faire des combinaisons à quatre joueurs sur les coups francs, et en défense, d’avoir un meilleur contrôle sur le mur. On peut ainsi y placer des joueurs supplémentaires, sauter, foncer vers le porteur du ballon au coup de sifflet et même tenter d’avancer le mur de quelques centimètres, au nez et à la barbe de l’arbitre (mais gare au carton jaune si vous vous faites gauler !). C’est d’ailleurs le seul aspect « tricherie » du jeu, puisqu’il n’est toujours pas possible de simuler une faute en se jetant comme un marseillais, de corrompre les arbitres ou de truquer les matchs comme un italien, pour se faire du blé en plus en pariant sur les résultats…

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