FIFA 08, le test balle au pied

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L’histoire est un éternel recommencement. C’est sans doute pour ça que chaque année EA nous pond un énième FIFA, plus médiocre encore que le précédent. Pourtant cette année la donne semble changée…

Du pareil au même

Le football est le sport le plus populaire de la planète, et à fortiori de France. Ce n’est donc pas étonnant de voir tant de ferveur autour des jeux de foot. Que ce soit PES, FIFA, FIFA Street ou même Football Manager, chacun y trouve son compte et sa cible. Du coup, forcément, des clans se forment et les esprits s’échauffent au cours des longs débats entre joueurs. Par le passé, j’étais un de ces fans de FIFA, se battant sans relâche contre les hordes de PESmaniaques. Mais depuis quelques années, la série des FIFA tombe en décrépitude et je ne peux que reconnaitre mes torts et me ranger aux cotés de la série de Konami. Mais mon cœur reste attaché à celle d’Electronic Arts, et chaque année je fais secrètement le vœu que le prochain millésime sera grandiose. Ainsi, en entendant de ci de là les réflexions des journalistes et les bilans des sempiternels comparatifs FIFA / PES, mon sang n’a fait qu’un tour, bouillonnant d’impatience de pouvoir mettre la main dessus.

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Une fois ceci fait, mon avis reste tout de même mitigé.
Commençons par ce qui n’a pas changé : La présentation déjà, la fameuse « arène » où vous pouvez librement vous balader balle au pied en un contre un contre le gardien. C’est complètement inutile je vous l’accorde, mais elle est toujours là. Les menus non plus n’ont pas changé d’un pouce et la multitude de licences qui faisaient cruellement défaut au précédent volet est enfin de retour. Coté bande son, FIFA reste fidèle à sa réputation avec des musiques variées et relativement bien sélectionnée, des chants de supporters, des bruitages convaincants et des commentaires fluides (à défaut d’être toujours très justes). Enfin, l’habillage graphique reste relativement similaire. FIFA fait clairement Next Gen c’est sûr, même s’il y a encore du boulot à faire sur la modélisation des joueurs, même s’il faut reconnaitre que l’effet « Playmobil » a été quelque peu atténué.

Joue comme un pro

Licence, bande son, graphismes… les trois valeurs sûres de la série ne font pas défaut à cet opus 2008. La quatrième de ces valeurs récurrentes, c’est le nombre, la richesse et la profondeur des modes de jeu. Là non plus, FIFA 08 ne déroge pas à la règle. Aux cotés du classique mode exhibition, on retrouve pas moins de huit modes distincts (Deviens pro, Compétition, Carrière, Fiesta, Défi, Match online, Championnat online et Ligue interactive). Le mode carrière n’a bien sûr pas l’envergure d’un jeu de gestion, mais propose largement de quoi faire avec son calendrier réel, ses coupes nationales et internationales, la possibilité d’investir dans le personnel ou dans le transfert de joueurs.

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Et si le championnat offline ne vous émoustille pas d’avantage, libre à vous de filer online pour participer à une ligue en ligne ou aux fameuses ligues interactives (basées sur le calendrier 2007/08). La seule véritable déception viendra du mode « Deviens Pro », qui vous permet de jouer en occupant un poste fixe, à la manière d’un Libero Grande. Ce mode offre une vue assez atypique qui lui réussit parfaitement bien et rend le jeu vraiment plaisant à jouer… très immersif. Seulement s’il est possible de jouer à cinq contre cinq en ligne, sitôt offline vous n’aurez que la possibilité d’effectuer des matchs amicaux. Dommage, on aurait tellement aimé pouvoir se lancer dans un championnat en incarnant un seul et unique joueur et le voir progresser au fil des matchs. Espérons que l’idée se verra optimisée dans FIFA 09.

Sticks and Tricks

Mais l’essentiel de la nouveauté de cette énième version de FIFA, c’est son gameplay revu et corrigé qui semble enfin arriver à maturité.
La physique de balle semble un poil plus naturelle déjà, même si sur les frappes elle prend des allures parfois curieuses. La physique des joueurs, elle, est par contre irréprochable avec des footeux dont on ressent parfaitement le poids et la force lors des contacts. Les tricks ont été complètement revu également, et sont désormais gérés par l’appui simultané des boutons de tranche (en fonction de la configuration du pad) et des sticks analogiques. Pas forcément évident d’emblée, de bonnes heures d’entraînement permettront aux joueurs les plus émérites d’enchainer des mouvements à faire perdre la tête aux plus grands défenseurs, des tricks existants comme le passement de jambe, la roulette ou même le flip flap de ronaldinho… ou même de créer ses propres enchaînements en maniant les sticks avec maestria.

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Plus étonnant encore, l’Intelligence Artificielle semble avoir fait un gigantesque bond en avant avec des alliés susceptibles de prendre les espaces et se repliant défensivement en cas de contre-attaque. Ce soin apporté dans l’I.A. se voit cependant d’avantage chez l’équipe adverse que dans vos propres rangs. Dès lors, les matchs en mode pro ou international (et même semi-pro d’ailleurs) deviennent d’une difficulté rarement atteinte dans une simulation de football. Seulement voilà, à coté d’une physique de balle bien mais pas top, d’une I.A. évoluée, de gestes techniques habiles ou encore d’un rythme de jeu lent et posé, on retrouve quelques errances rédhibitoires. Ainsi le changement de joueur pose de délicats problèmes récurrents et il faudra souvent s’y reprendre à plusieurs fois pour obtenir le joueur souhaité. Pire, un bug stupide (qui aurait pu être supprimé dans n’importe quelle phase de test intelligemment menée) vient littéralement gâcher la partie lorsque vous ratez une tête sur un centre ou un corner, vous obligeant à garder le contrôle du joueur malheureux jusqu’à ce que l’adversaire ait récupéré la balle. Toujours est-il que l’ascension de FIFA cette année est fulgurante, faisant passer Pro Evolution Soccer à deux doigts de la correctionnelle. L’année 2008 s’annonce d’ores et déjà comme une année d’exception…

FIFA fait un bond en avant exceptionnel cette année, mais il reste tout de même du boulot pour atteindre le nirvana footballistique.

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