Experience 112, le voyeurisme à son paroxysme

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Après nous avoir torturé l’esprit avec In Memoriam, les français de Lexis Numérique nous reviennent avec un tout nouveau titre faisant appel à nos fantasmes de voyeurisme.

C’est à moi que tu parles ?

 

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Lexis Numérique nous avait habitué aux expériences étranges, mais il faut bien avouer qu’en lançant leur dernier bébé, une curieuse sensation m’a parcouru le corps.

Il faut dire que me retrouver en vue plongeante sur une jeune femme pleine de charmes, sans trop savoir ce que je fous là, n’a rien de la situation idéale pour me mettre à l’aise. Quand en plus elle commence à scruter dans ma direction et me parler comme si elle savait, la bougresse, que j’étais en train de la mater, mon premier réflexe est de me retourner pour me persuader qu’elle ne s’adressait pas à quelqu’un dans mon dos. Très vite, avec son aide, je commence à comprendre les mécanismes de ce jeu plus qu’atypique. Car sachez-le, la jeune femme que vous verrez déambuler à l’écran, à aucun moment vous ne la contrôlerez.

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Dans Experience 112, le joueur y joue son propre rôle. Un peu à l’instar d’In Memoriam d’ailleurs, vous vous retrouvez embrigadé bien malgré vous (enfin vous avez acheté le jeu quand même, n’allez pas vous plaindre !) dans une histoire dont vous n’êtes pas le héros.

Plus curieux encore, la jeune femme qui s’impatiente devant la caméra en m’engueulant pour que je revienne l’aider pendant que je suis là à rédiger mon test, débute l’aventure allongée sur un lit, une perfusion dans le bras, sur un immense navire infesté d’arbres et de plantes en tous genres.

Qui est-elle ? Depuis combien de temps dort-elle ? Que me veut-elle ? Que se passe-t-il ici ? Est-ce déplacé si je lui demande son n° de portable ? Les questions fusent de toutes parts et, heureusement, certaines vont rapidement trouver un début de réponse et s’étoffer au fil de l’aventure.

Au cœur de l’intrigue

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Au moins, si je n’arrive pas à obtenir son téléphone, je connais déjà son prénom : Léa… Léa Nichols.

Léa (je l’appelle ainsi vu qu’on est intime maintenant) est une jeune scientifique engagée dans un curieux projet d’expérimentation sur des sujets humains. Un projet qui, semble-t-il, n’a pas dû tourner comme il le fallait, à en juger par l’état des lieux. Très vite je commence à cerner le personnage. Elle est sensible, intègre, forte et fragile à la fois. Mais, je n’en doute pas, elle me cache certaines choses. A vrai dire je ne peux pas trop lui en vouloir, je ne pense pas que je pourrais faire confiance à un ou une inconnue derrière une caméra de surveillance. Pourtant, tout au long de cette histoire, des liens vont se tisser entre elle et moi.

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C’est assez singulier comme sentiment, de se retrouver lier d’une quelconque façon à un personnage de jeu vidéo. C’est déroutant et à la fois attrayant… fascinant.

Je pense qu’avant tout mécanismes de jeu, esthétisme ou autre aspect technique, il s’agit de la grande force de cet Experience 112. Son histoire est originale, construite avec soin et maîtrise et, malgré (grâce à ?) un rythme un peu lent, profondément captivante.

D’autant que, mine de rien, ce vieux navire rongé par la rouille et la végétation luxuriante, n’a rien d’un paquebot de croisière. Les lieux visités sont glauques à souhaits et l’angoisse est palpable à chaque mouvement de caméra.

Lumières, caméras, action !

007-70.jpgJustement, en parlant de caméra, je me rends compte que j’ai omis de vous expliquer les fonctionnements du jeu (C’est qui le roi de la transition, hein ?). Souvenez-vous, un peu plus haut je vous expliquais qu’on n’incarnait pas le personnage à l’écran. Cependant, sachez que même si vous ne la contrôlez pas directement, Léa va se montrer plus que docile… limite soumise.

La première chose à faire dans ce jeu, c’est d’agencer correctement votre bureau : S’il y a bien un truc que j’ai compris en évoluant dans cette aventure, c’est qu’être bordélique ne facilite en rien les choses.

Bien calé sur votre fauteuil, votre but sera d’aider Léa à s’en sortir vivante, et accessoirement à comprendre ce qui se trame sur ce bateau. Pour ce faire, vous avez accès au serveur informatique du navire.

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Grâce à cette intrusion, vous pourrez activer l’ensemble des caméras de surveillance, toutes les lumières, portes et instruments électroniques. Vous avez également accès à une base de données importante, faite de documents protégés, de comptes personnels et autres joyeusetés auxquelles vous aurez à accéder.

Le hic, c’est que le système de surveillance semble endommagé. Dès lors, votre seule possibilité au départ sera de pivoter les différentes caméras. Heureusement par la suite, toutes sortes d’améliorations vont vous faciliter la vie, comme le zoom, la vision nocturne, la vision thermique, la mise au point, etc.

La maniabilité se fait alors directement sur le plan du navire, en actionnant les caméras pour observer votre environnement, lumières et portes pour guider Léa, dans ses pas ou ses actions. Ainsi vous n’aurez absolument pas le contrôle de ses actions, mais devrez lui en donner l’ordre… ou plutôt la conseiller. Car s’il y a bien une chose que j’ai apprise de Léa, c’est qu’elle est bornée : Si elle a décidé de ne pas aller dans cette direction, ou de ne pas faire telle ou telle action, elle ne le fera pas (C’est bien une femme tiens !).

Ko technique

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Fort d’un scénario remarquable et d’une maniabilité aussi géniale que déconcertante, Expérience 112 ne peut alors que séduire. Certes, l’aspect purement graphique (au sens texture du terme) n’a rien de bien extraordinaire ; mais on lui pardonnera aisément cet écart tant le de

sign et la mise en scène sont remarquables.

Les environnements sont dépouillés, les lumières parfaitement rendues et la gestuelle de Léa est criante de vérité. Je mettrais cependant un léger bémol concernant les expressions faciales qui auraient pu être bien meilleures.

Le doublage est excellent, réalisé par des acteurs parfaitement dans leurs rôles respectifs ; avec une mention spéciale pour la comédienne qui double Léa, dont la voix sensuelle risque bien de hanter bon nombre de vos nuits et nous plonge à corps perdu dans un univers à la fois fantastique et inquiétant.

D’ailleurs l’ensemble de l’environnement sonore est une réussite puisque les musiques sont tout autant excellentes, et ce qu’elles soient lentes et posées ou rythmées et bouillonnantes.

En définitive, on pourrait certainement reprocher beaucoup de choses à Experience 112 : Ses graphismes, les déplacements un peu lents du personnage, quelques incohérences… Mais la force des grands titres n’a jamais été de n’afficher aucun défaut, mais plutôt de les occulter par un vrai plaisir de jeu. C’est exactement ce que nous offre le dernier né de Lexis Numérique : Un titre original et accrocheur qu’on déguste avec délectation.

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