Donkey Kong, entre singes de bonne compagnie

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Le deuxième singe le plus célèbre de la planète (après Kiki, notre mascotte), fait son grand retour en signant l’un des meilleurs jeux de plateforme de ces dernières années.

It’s a Family Affair

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Les tonneaux vous permettent de voyager rapidement à moindre frais.
Il est bien loin le temps où Donkey Kong se prenait pour un ersatz de King Kong et balançait des tonneaux sur un certain plombier répondant au nom fort à propos de Jumpman. Depuis, le gorille est passé dans l’esprit des gens, du grand méchant de Game&Watch au gentil singe rigolo et soupe-au-lait, qui n’a toutefois pas perdu sa fâcheuse propension à enlever les princesses (cf. Mario vs Donkey 1 & 2). Mais cette fois-ci, ce sont ses princesses à lui qui viennent d’être kidnappées : Ses bananes ! Et passer de l’arroseur à l’arrosé, ça a le don de le mettre dans une rage folle. Accompagné (ou pas) de son neveu Diddy, le primate va faire des pieds et des mains pour rendre aux ravisseurs, la monnaie de leur pièce. Sauf que voilà, la jungle est un milieu hostile, même pour un gorille, et les pièges retors foisonnent. Et c’est peu de le dire, car comme un bon vieux jeu de plateforme oldschool, Donkey Kong Country Returns n’a rien d’une sinécure. Bien au contraire, il va vous en faire baver le bougre ; d’autant plus si on s’amuse à récolter tous les bonus (qui donnent alors accès à de nouveaux niveaux et un mode mirroir).

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Le gorille a beau être une espèce menacée, les pirates n’hésitent pas à le canarder de boulets.
La difficulté est d’autant plus grande à deux joueurs, puisque le nombre de vies disponibles est alors à partager en deux. Et ce n’est pas le seul point qui le rend plus complexe en doublette, car la vue étant assez proche de l’action, celle-ci n’accepte guère que les deux singes s’éloignent trop l’un de l’autre, sous peine que le retardataire se voit téléporté près de son compagnon. C’est parfois rageur, mais c’est un prix bien dérisoire à payer compte tenu du fun incommensurable que propose le jeu. Le joueur onaniste lui, n’aura pas ce genre de souci. Il pourra même bénéficier des mêmes avantages que ses homologues en couple, puisqu’il est tout à fait possible de jouer avec Donkey et Diddy en étant seul, même si on est incapable de tenir wiimote et nunchuk avec les orteils. En effet, les deux personnages possèdent des caractéristiques qui leurs sont propres : Donkey est lourd et robuste quand Diddy, plus petit, peut tirer à distance ou voler avec son jetpack. Mais sitôt que le petit singe monte sur le second (sur son dos, n’allez pas chercher la perversion là où elle n’existe pas), le joueur peut alors user des habiletés de chacun quand bon lui semble.

Comme des grands

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Difficile de repérer les ennemis des simples buissons à contre jour.
Même si le jeu est développé par un studio américain (Retro Studios) et non par Nintendo, on retrouve dans ce titre toutes les qualités auxquelles nous a habitué le constructeur japonais jusqu’ici : Le jeu est absolument magnifique (toutes proportions gardées, on est tout de même sur un jeu Wii), très coloré, fourmillant de détails et propose un level design pensé au millimètre près. On retrouve également l’habitude de Big N, de nous proposer toutes sortes de bonus cachés (et parfois très bien planqué) et des mondes qui renouvelle le gameplay tout au long de la progression. Ainsi, si on commence par avancer tranquillement dans la jungle, on finit rapidement par sauter de tonneaux en tonneaux, rouler à toute berzingue à bord d’un wagon de mine, profiter d’un soleil couchant pour découvrir un niveau tout en ombres presque chinoises, parcourir la plaine à dos de rhinocéros, courir sur la plage en évitant les déferlantes qui s’abattent tel un tsunami indonésien, etc. Chaque niveau apporte son lot de surprises et c’est à chaque fois ou presque, un émerveillement de découvrir ce que les développeurs nous ont concocté.

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Mieux vaut s’abriter de ce rocher avant que la vague ne vienne vous ajouter à la liste des sinistrés de sumatra.
Bref, encore une fois, la Wii prouve que derrière son image décrépite, elle reste une console sur laquelle il faut compter et qui n’a pas à rougir de ses concurrentes HD lorsqu’il s’agit d’aligner les hits. Donkey Kong Country Returns saura séduire tant les joueurs du dimanche par ses graphismes léchés et son gameplay parfaitement maitrisé, tout aussi bien que les plus gros gamers qui se donneront du mal à parcourir son monde en long, en large et en travers pour y dénicher tous ses secrets. Un plaisir d’autant plus grand que ce genre de titres n’existe quasiment pas sur les autres machines et qu’en y jouant, on ne peut s’empêcher de regretter le déclin du genre au profit des FPS militaires et autres jeux d’action gores et violents. Rien que pour ça, merci à Nintendo d’avoir su prendre le marché à contre-pied !

Après les Mario Galaxy, il s’agit sans doute du meilleur jeu de plateforme de cette generation. Beau, drôle, inventif, difficile et sacrément prenant.

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