DeathSpank, la fessée de l’hilarité

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Avec une nouvelle création de Ron Gilbert, pleinement investi, on ne peut que s’attendre à quelque chose de drôle et ce n’est pas pour déplaire à notre état d’esprit.

Dispensateur d’humour bien trouvé

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Il existe un nombre incalculable d’items, de tenues et d’armes. C’est appréciable.
DeathSpank (littéralement, « fessée de la mort ») est inévitablement un jeu drôle et un jeu d’rôle. Catégorie Hack n’ Slash, c’est un peu comme si Diablo avait été trempé dans un tonneau d’humour qui vise toujours juste. Parodique, second degré, absurde, anachronique, tout y passe. Je pourrais m’orienter vers un avis purement ludique sur le titre mais pour dire quoi ? Bien plus riche qu’il n’y parait (merci le côté RPG), une visibilité parfois un peu limite lorsque les ennemis sont nombreux, des tas de petits puzzles… En soi c’est du classique mais du classique assumé et volontaire pour une raison précise, le but même d’une parodie n’est-il pas de ressembler à ses modèles pour mieux les flinguer ? DeathSpank m’a tellement fait marrer que comme pour une comédie, parce que c’en est une, je préfère m’orienter vers une sélection non exhaustive de passages particulièrement « boutadant » qui, nuls doutes, sont déjà cultes. Vous savez comme lorsqu’on se raconte un film, on balance les scènes pour lesquelles on a bien rigolé. Ceci dit, ici, c’est un peu compliqué d’être sélectif, on parle tout de même d’un jeu vidéo, qui dure plus longtemps qu’un film. Tout de même, ça vaut le coup de clavier, ne serait-ce que pour vous donner envie si vous n’y avez jamais mis le pad, parce qu’il le mérite amplement. Bien plus que beaucoup de jeux boîtes 50€ plus chers… Alors je vais spoiler dans les lignes qui suivent, certes, mais c’est pour la bonne cause. Vous êtes prévenus.

Sacré Graal vidéoludique

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Péter la gueule à des moines c’est aussi ça DeathSpank.
Commençons par le protagoniste, « DeathSpank », un nom parfaitement ridicule (qui donnera lieu à une tirade bien sentie avec un PNJ au nom tout aussi ridicule que notre héros tentera de moquer), une dégaine exagérée, et une qualification : « Héros ». « Dispensateur de Justice, Vainqueur des Forces du Mal, Héros des Opprimés », plus exactement. A la recherche de « l’Artefact », « forgé par des mains inconnues à des fins inconnues lors d’une ère inconnue », et certains PNJ ne manqueront pas de lui faire remarquer l’absurdité de la chose aussi. Evidemment il existe un grand méchant qui vit dans un château et qui veut l’Artefact également, et donc nous mettre des bâtons dans les roues. Mais un héros doit toujours faire ses preuves alors on effectuera une tripotée de quêtes pour tout un tas de personnages avant, à travers tout le pays (ambiance médiévale fantastique bien entendu). Pour un promoteur immobilier qui construit des maisons par exemple, et qui trouve plutôt gênant que le coin soit envahi par des streums, que la cloche du monastère voisin n’arrête pas de sonner etc… Pour un arbre parlant dans une forêt enchanté au décor très idyllique, qui veut des objets bien précis et pas du tout Héroïc-Fantasy. Pour le maire d’un village qui trouve assez malvenu pour sa future campagne électorale qu’une pelleté d’orphelins aient été kidnappés, mais que ça serait pas mal de les retrouver pour séduire les électeurs. Et puis aussi il a paumé ses clés…

Un caca culte

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Les combats sont parfois confus, c’est un fait.
La grande quête des orphelins (que l’on transportera dans un « sac à orphelins ») offre une belle occasion de parcourir le level design très varié (aux décors découpés dans du papier), au moins autant que le bestiaire qui va des monstres basiques aux zombies en passant par les licornes ou encore les petits être en cookies et j’en passe. Elle offre aussi une chiée de dialogues franchement bidonnant comme ce passage dans une caverne de démons où l’on arrive enfin au plus fort d’entre eux, qui est en pleure, n’en pouvant plus de cette gamine infernale et qui conjure DeathSpank de le tuer, mais qu’il se défendra quand même pour ne pas que les autres le sache, hé ho. Faut dire que la gamine en question, non contente d’être sauvée, n’acceptera pas de rentrer dans le sac et demandera pour se faire un… téléphone portable (pour mettre à jour son blog). DeathSpank c’est ça, du début à la fin, une vanne à chaque ligne de dialogue ou presque, des situations bidonnantes (un magicien qui a expérimenté le mélange d’animaux, on croisera notamment des kangourous vaches), des items ou des armes à la con (le canon à poulets), des personnages bien tordants (le héros à la retraite en déambulateur avec une hache plantée dans le dos)… Et bien entendu le délicieux caca de licorne arc-en-ciel ultra revigorant (fruit d’une association, à l’ancienne, d’objets dans notre inventaire et d’un aller-retour dans une licorne…) à placer au rang des objets vidéoludiques aussi cultes que le flingue tronçonneuse de Gears of War.

Mort à l’édition bâclée !

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Le crétin à la baguette magique qui s’est cloné c’est le magicien que le deuxième joueur incarne en coop’.
Même lorsque DeathSpank salue un personnage c’est voué à la rigolade, comme lorsqu’il sortit à un moment quelque chose comme « Salutation inénarrable Personnage Non Joueur !» dans une intonation et une prestance vocale purement héroïque. Les voix sont d’ailleurs toutes très chouettes mais si je dois trouver un seul défaut au jeu c’est que tout est en Anglais, textes aussi. Ca ne me dérange pas plus que ça personnellement mais c’est se priver d’un bon nombre de joueurs d’entrée, bravo Electronic Arts… On est en 2010 bordel ! Surtout que la compréhension est essentielle pour se tordre de rire… Ne pas calculer un jeu de mots peut par exemple vous priver de toute une scène pourtant savoureuse. Je ne vois pas comment on peut être un éditeur et vouloir à se point faire l’impasse sur toute une ribambelle de joueurs… A croire qu’ils cherchent absolument à tendre le bâton pour se faire casser le cul, trait commun d’avec Sega triste habitué du fait (Shenmue, Yakuza). C’est pas comme si c’était une daube qui aurait été jugé invendable chez nous, sortie juste pour faire plaisir aux gros nerds, non, c’est un putain de super bon jeu ! Je ne comprends pas… A préciser pour conclure un coop’ offline sympathique mais probablement rajouté à la va-vite avec un second larron typique d’un Jacouille (il se prend potentiellement les coups à votre place avec votre barre de vie et il ramasse des items utilisables juste par vous).

Pour qui comprend l’Anglais et l’humour réellement marrant, DeathSpank est particulièrement délectable. Indispensable.

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