Death Stranding, l’Odyssée solitaire

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Sony livre une de ses dernières exclusivités avec Death Stranding. Entouré de mystère depuis son annonce, le dernier né de Kojima divise lors de sa sortie. Alors Chef d’oeuvre ou simple jeu Fed-Ex ?

À sa sortie, Death Stranding a été (justement) présenté comme un jeu FedEx. Mais il a vite été qualifié de Chef-d’oeuvre par une partie de la presse. Essayons de comprendre ensemble pourquoi les deux sont tout à fait justes. Et vu que Norman Reedus n’était pas dispo, c’est Sam « porter » Bridges qui est venu à la rédaction nous éclairer sur son rôle dans le jeu de Kojima.

Bienvenue à la fin du monde

Salut Sam. Alors tout d’abord est-ce que tu peux nous expliquer d’où tu viens ?

C’est pas super compliqué je viens du monde tel qu’il est aujourd’hui. Enfin pour nous parce que vous n’avez pas l’air d’avoir eu les catastrophes qu’on a connu nous.

C’est à dire ?

Le Death Stranding ! T’es sûr que t’as joué au jeu ? Bon je résume, y’a eu une catastrophe appelée le Death Stranding qui a anéanti une bonne partie de la Terre. La surface est maintenant habitée par des entités appelées des échoués qui sont bloqués entre le monde des vivants et le monde des morts. Et pour faire simple je te déconseille de te balader là où il y a des échoués. Aujourd’hui les gens vivent sous terre dans des refuges et seuls certains vont à la surface pour faire parvenir des marchandises ou des vivres d’un abris à l’autre. On les appelle les porteurs. C’est mon boulot. Après moi c’est particulier j’ai le doom. Enfin un lien avec les échoués. Et si jamais je meurs bah je meurs pas vraiment, je réapparais dans les abysses et je peux revenir à moi. C’est pour ça que je fais ça à la base.

« Quand je te dis qu’il reste plus grand chose sur Terre. »

À la base ?

Oui parce qu’à force de faire ça j’ai rencontré des gens qui avait besoin de moi et ma tâche est devenue moins vide de sens. J’ai commencé à prendre conscience de la société et de mon rôle dans celle-ci. J’avoue que j’aurai du mal à arrêter maintenant, j’aurai l’impression de trahir trop de gens alors qu’au début je m’en foutais.

« Au bout d’un moment c’est lourd alors tu trébuches et là c’est ton expérience qui devient lourde. Alors réfléchis avant de trop de me charger. »

En fait t’es un peu un héros ?

Mais tu comprends rien, bon faut dire que moi non plus j’ai pas toujours suivi. Au final je fais un peu ce qu’on me dit sans réfléchir. Il faut livrer je livre. Mais si tu crois que c’est marrant de livrer une pizza à un mec qui est à 1 heure de marche en traversant la montagne alors que toi t’essaies juste de sauver l’humanité tu te trompes. C’est juste que ce monde est ravagé et connecter les gens reste ce qu’il y a de plus important. Du coup pizza ou autre tu livres et puis c’est tout. Si t’as une montagne sur le chemin bah faut trouver un chemin. A force de passer par là, ce sera plus facile.

C’est beau mais pas forcément super praticable

Ok je crois que je commence à comprendre mais comment ça peut devenir plus facile ?

C’est ma faute, j’ai pas forcément tout expliqué. Je fais ça pour le compte des UCA. C’est comme les USA mais avec les villes. C’est tout ce qui nous reste aujourd’hui. Et le but est de connecter les gens que je livre au réseau des UCA. Une fois connectés, c’est toute leur région qui bénéficie de la puissance du réseau chiral. C’est trop complexe à expliquer mais c’est comme un réseau Internet moderne et surpuissant. Même les installations des autres apparaissent quand on est connecté. Du coup, oui ça devient plus facile. Si on est plusieurs à passer au même endroit, un chemin fini par se tracer ce qui aide grandement. Pareil on peut tomber sur une tyrolienne ou une échelle laissée par un autre joueur et qui peut nous sauver la vie. Comme je l’ai dit moi je voulais juste livrer des trucs et puis c’est en avançant qu’on se rend compte de nos actes. Aujourd’hui le lien c’est tout ce qui nous reste du coup ma mission est primordiale que je le veuille ou non.

Au milieu de nul part construire une installation grâce à la puissance du réseau chiral peut te sauver la vie.

« Le lien c’est tout ce qui nous reste »

« Oui ça pèle alors tu penses vraiment que c’est le moment de faire une capture d’écran. »
« Voilà t’es content maintenant ! »

Tu as donc des interactions avec les autres joueurs ?

Oui. Enfin non. Je peux juste laisser des « Likes » à ceux qui m’ont aidé. C’est exactement comme sur les réseaux sociaux. Ça sert à rien du tout mais ça fait tellement plaisir. Avant que la région soit connectée c’est vraiment pas facile. Tu dois tout faire tout seul, c’est une véritable odyssée solitaire. C’est une impression unique de découverte, quelque chose de jamais vu. Du coup une fois que t’as utilisé l’échelle de quelqu’un qui t’as tellement aidé, tu ressens ce besoin d’entraide. Alors quand tu peux tu laisses à ton tour une tyrolienne, une ancre d’escalade ou même un simple panneau indiquant un abris contre la pluie. Saloperie de pluie. Et si tu reçois un like en retour bah t’en demandes pas plus, le principal c’est de savoir que t’as aidé quelqu’un à ton tour.

On ne laisse pas BB dans un coin (désolé)
Désolé Tahiti_Vanille sache qu’elle m’a été tellement utile avant qu’elle finisse sur un toit.

Pourquoi t’aimes pas la pluie c’est à cause des chaussures mouillées ? Ça fait des ampoules ?

La vache ils ont raison à la rédac t’es sacrément… Bref. Non je voulais pas entrer trop dans les détails mais la pluie n’est plus comme avant. Il faut absolument l’éviter. Déjà à son contact le vieillissement est accéléré. Du coup tout ce qui est vivant s’accélère. L’herbe pousse plus vite mais ton corps vieilli aussi plus vite. Donc tu te protèges. Et accessoirement c’est aussi dans les zones de précipitations qu’il y a des échoués. Je vais pas vous mentir Death Stranding c’est très chelou mais complètement hypnotique.

Une plage et des cétacés échoués… Bizarre vous avez dit bizarre…

« Death Stranding c’est très chelou mais complètement hypnotique »

Oui d’ailleurs, on veut pas trop spoiler votre aventure mais quand-même je ne peux m’empêcher, ce chapitre 4 c’est quoi ?

Non mais What the Fuck. Moi quand j’ai vu ça je me suis dit « ça y est, Kojima a pété un plomb et je suis parti pour en chier jusqu’à la fin, je vais rien comprendre ». Mais en fait tout se met en place au fur et à mesure. Je vous rassure l’histoire est même prenante mais si vous voulez pas spoiler je peux pas raconter.

Une scène WTF en plein milieu de mon odyssée c’est sûr c’est la touche Kojima.

D’ailleurs en parlant de cette scène on peut dire que c’est un sacré casting avec Mads Mikelsen, vous enfin Norman Reedus, Léa Seydoux, Guillermo del Toro pour ne citer qu’eux ?

Tant mieux s’ils sont connus dans votre monde mais en tout cas dans le mien ils ont fait le taf comme on dit.

Vous espérez revenir pour un second épisode ? Comment ça se passe pour vous une fois l’aventure finie ?

Bon c’est bien mignon vos questions philosophiques mais moi je n’ai pas que ça à faire du coup si ça vous dérange pas j’ai une pizza à livrer alors je vais faire un saut. Bye.

« Fragile me permet de faire des sauts dans l’espace. Elle est cool comme meuf. et mignonne hein ? »

Tu nous envoies un photomaton de chez toi en souvenir de ton passage ?

Si j’ai le temps je cale ça entre une douche et une boisson Monster.

« Pour Polygamer et merci pour l’invitation ».
« Je kiffe le Monster alors oui, je fais du placement de produit » Sam Bridges

Conclusion

Au final Death Stranding est complètement un jeu FedEx. Vous allez passer des heures et des heures à effectuer des livraisons et c’est tout. Bien entendu, une histoire vous sera contée tout du long et celle-ci est assez intrigante pour vous donner envie d’aller plus loin. Mais là où le jeu est fort c’est que les livraisons elles-mêmes vous accrocheront à la manette et que votre aventure vous scotchera à la console un paquet d’heures. Si je resterai mesuré sur le chef-d’oeuvre pour les problèmes expliqués dans l’article, Death Stranding est sans aucun doute un jeu marquant de la PS4 que seuls les joueurs ayant fait le jeu pourront comprendre.

 

Bonus

Deux bons moments passés avec Sam en vidéo, nos descentes en « surf » et notre réseau de tyroliennes  :

Voilà où en est mon histoire avec Sam
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