Dark Sector : La lame à l’oeil

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Après un développement plutôt chaotique, Dark Sector a tout de même fini par débarquer sur nos consoles. Mais au final, tous ces retards et ces remises en question l’ont-ils vraiment handicapé ?

Développement chaotique

Dark Sector, voilà un nom qui traine dans nos têtes depuis bien des années. Souvenez-vous, avant même que les 360 et PS3 ne deviennent une réalité, ce titre faisait déjà parler de lui. A dire vrai, je crois même qu’il s’agit du second jeu estampillé « Next Gen » a s’être dévoilé, après WarDevil (un autre jeu sacrément en retard…). A l’époque, Dark Sector devait être un jeu d’action/infiltration se déroulant dans l’espace, affublé d’un héros doté d’une armure carapace aux pouvoirs multiples. Il faut bien avouer que nous n’avions pas vu grand-chose, mais ce fut une réelle surprise lorsqu’on appris que les développeurs avaient complètement viré de bord pour nous pondre un jeu d’action post-apocalyptique dont le héros serait cette fois-ci équipé d’un boomerang.

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Et hop, plus de tête !
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Ces connards avec leur bouclier sont super pénibles !
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Avec une roquette dans le cul, tu feras moins le malin

Soit, le jeu change du tout au tout, mais on se dit que désormais les choses devraient rouler tranquillement jusqu’à la sortie du titre, prévue pour octobre 2007. Mais là encore, un rebondissement survient tout juste deux mois avant la sortie: Affolé par les grosses cylindrées à venir en fin d’année (Bioshock, Halo 3, Mass Effect, Assassin’s Creed mais aussi GTA IV qui n’était pas encore repoussé), l’éditeur (ou les développeurs… voire les deux) a alors décidé de repousser la sortie de leur produit à l’année suivante. Alors un retard ce n’est pas quelque chose à laquelle nous ne sommes pas habitués malheureusement, mais celui-ci à la particularité d’être motivé (et assumé) par la peur de l’échec. Un constat bien amer qui ne fait alors plus aucun doute sur l’avenir de Dark Sector, les développeurs s’accordant eux-mêmes à dire qu’il n’a pas les épaules suffisamment solides pour tenir la comparaison avec les kadors qui, pourtant, se sont presque tous effondrés.

Gears of War 1.5

Mais aujourd’hui que le titre est dans les bacs, que vaut-il vraiment ? Et bien à dire vrai, il n’a rien de ce second couteau auquel on pouvait s’attendre. Mieux, j’irais presque jusqu’à dire que certains blockbusters de la fin de l’année précédente ne tiennent pas la comparaison (Qui a dit Assassin’s Creed ?). Alors certes, il ne faut pas s’attendre à un florilège d’innovations en tous genres : Nous sommes ici en face d’un bon gros jeu d’action classique qui se contente de reprendre des éléments de gameplay à droite à gauche. Le principal maitre étalon de Dark Sector, ça se voit comme le nez au milieu de la figure, c’est Gears of War (remarquez qu’il y a pire comme exemple). La comparaison avec le titre d’Epic est inévitable puisque puisant ses ressources techniques dans l’Unreal Engine 3, les environnements de Dark Sector pourrait tout à fait se dérouler sur Sera. Que ça soit la palette de couleurs, l’architecture ou l’ambiance générale, on ne cesse de penser à Gears ; même s’il ne s’agit pas non plus d’un copier coller.

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Mais il n’y a pas que la partie graphique qui rappelle Gears of War. Beaucoup d’autres éléments de Dark Sector viennent de là. Le système de couverture par exemple, avec cette possibilité de se cacher derrière des éléments du décor et de passer de l’un à l’autre d’une simple pression du bouton A. Ou encore la Shakycam (ou CNN Cam) qui filme le héros en contre plongée lors des sprints. Autre point similaire, cette efficace balance constante entre les phases d’action pures et les phases lorgnant d’avantage sur le survival, avec des passages oppressants. Car l’histoire de Dark Sector nous met aux prises avec deux types d’ennemis bien distincts. Les militaires, lourdement armés, et les infectés, sacrément nombreux… Ces deux types d’ennemis demandent une approche différente et si l’on pourra se planquer tranquillement pour arroser les soldats adverses, il sera beaucoup plus délicat de rester sur place lorsqu’on fera face à une horde d’infectés sortant de partout autour de vous.

Le Glaive et la Balance

Ceci dit, les infectés ça vous connait. Pour la simple et bonne raison que vous en êtes vous-même un ! En effet, à la suite du premier niveau, vous vous retrouvez avec le virus inoculé dans vos veines et commencez doucement à vous transformer. La plus rapide (et la plus improbable) évolution due à votre état, c’est la poussée subite d’une excroissance au bout de votre bras, en forme d’étoile à trois branches. Le glaive, puisque c’est son nom, va alors devenir votre arme maitresse. Une sorte de boomerang aussi tranchant qu’un katana capable d’assimiler les éléments qu’il croise, comme le feu, le froid ou l’électricité. Mais l’avantage, c’est que comme il s’agit d’une excroissance ayant poussé sur votre corps, ce glaive fait intégralement parti de vous. Ainsi vous allez progressivement en avoir le contrôle total et pourrez, par exemple, modifier sa trajectoire en temps réel dans un effet de caméra absolument jouissif.

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Ces particularités du glaive, vont bien évidemment vous servir en combat, mais également pour résoudre quelques puzzles. Rien de bien compliqué cependant, juste un sas électronique endommagé qu’il faudra réparer à l’aide d’une décharge ou encore une porte condamnée par une étrange mixture pétrolifère rappelant les sécrétions organique des Aliens dans le film du même nom, qu’il faudra faire fondre en l’embrasant. Le glaive a également d’autres fonctions très pratiques, comme attraper des objets à distance ou découper un ennemi au corps à corps. Bref, c’est l’arme ultime est elle est d’autant plus appréciable qu’elle élargit son éventail de possibilités au fur et à mesure de la progression ; évitant ainsi de tomber dans la redondance en nous offrant de nouveaux « jouets » régulièrement.

L’arme à gauche

Mais que les malades de la gâchette se rassurent, si la part belle est donnée au glaive, notre héros s’accommode également très bien avec les armes à feu. Du moins, au départ il va surtout très bien s’accommoder avec son petit pistolet. Car avec la recrudescence des infectés, l’armée à du prendre des mesures sécuritaires en munissant leurs armes d’un détecteur qui les fait exploser au contact du virus. Ainsi, vous pourrez toujours récupérer les armes sur les corps encore fumant de vos ennemis, mais en moins de dix secondes, celle-ci sera inutilisable. Ce détail amusant est pour le moins original car il vous empêche de faire des provisions de munitions, tout en pouvant vous sortir d’une situation délicate en cas de pénurie, en vidant le chargeur d’une arme ennemie avant qu’elle ne tombe en rade.

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Par la suite, bien entendu, le joueur va pouvoir passer par le marché noir pour obtenir de nouveaux flingues piratés, qui vont vous permettre des les utiliser de façon constante. Il sera même possible de les modifier afin d’obtenir un chargeur plus grand, un rechargement plus rapide, une précision accrue ou une cadence de tir plus élevée. Bref, la panoplie s’élargit mais au final il faut reconnaitre que le couple Glaive/Pistolet fait suffisamment de ravage pour ne pas s’embêter trop souvent avec les fusils d’assauts et autres fusils à pompe.

Pour patienter

Bref, même s’il n’a rien du jeu qui marquera le genre et que son manque total de scrupules à piller le gameplay de Gears of War laisse un arrière goût amer en bouche, Dark Sector reste un jeu d’action ultra efficace où chaque aspect a été peaufiné au mieux pour un plaisir de jeu intact. Difficile en effet de lui trouver de réels défauts rédhibitoires comme il peut en pleuvoir dans d’autres titres du même genre. D’autant plus que même si l’aventure est très linéaire, les quelques éléments RPG offrent une diversité suffisante pour éviter la monotonie. Même l’histoire se permet d’être plus intelligente que la normale, même si on ne tombe pas non plus dans le best seller scénaristique.

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On passera par contre sur les deux modes en ligne proposés, qui sont certes originaux, mais lassent très vite. Pour être honnête, je les aurai pensé pire que cela. Surtout si on les compare à ceux de Stranglehold par exemple. Mais il ne faut pas se leurrer : ils ne vous amuseront guère plus qu’une ou deux heures. En tout cas, si vous êtes en manque de shooter, vous avez ici l’occasion idéale de vous adonner à votre sport favori. Et puis il rentre pile poil dans le créneau « temps » qui nous sépare de la sortie de GTA IV… et c’est toujours plus sympa d’attendre en bonne compagnie que d’attendre seul, non ?

Si vous cherchez un jeu original, passez votre chemin. En effet, Dark Sector se contente de plagier tout ce qui s’est fait dans le genre. Seulement voilà, même s’il n’est qu’une copie, le titre de Digital Extreme est une copie sans doute plus soignée que nombreux originaux.

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