Condemned 2, il faut cesser le feu

0

Faire suite au jeu le plus flippant de l’histoire n’est pas chose facile, Monolith avait donc la pression pour Condemned 2 : Bloodshot. Digne suite ? Déception ? Copié/collé ? Changement radical d’orientation ?

Commencez par le début, c’est mieux

Condemned 2 se déroule un an après les évènements terrifiants du premier épisode, on retrouve une ville toujours sujette à une montée inexpliquée et encore plus conséquente d’ultra-violence. Ethan Thomas quant à lui n’est plus ce qu’il était (il faut dire qu’après avoir vécu ce qu’on sait personne ne le serait…), il a morflé sévère. D’agent brillant de la SCU (branche du FBI spécialisée dans la traque de Serial Killer) il est passé à un statut d’alcoolique au chômage à la dégaine limite clodo, cernes autours des yeux, cradasse au possible. Toujours victime d’hallucinations et maintenant hanté par ses souvenirs en prime, la boisson est la seule échappatoire qu’il a trouvé pour oublier, une réaction plutôt logique, en fait. On commence le jeu alors que la SCU reprend contact avec Ethan par besoin d’aide, un ancien collègue, Van Horn (oui, le même que dans le premier épisode), a disparu et n’est retrouvé de lui qu’un enregistrement où il mentionne le nom d’Ethan Thomas…

001-90.jpg002-85.jpg003-86.jpg

Nous revoilà donc parti à la chasse aux indices dans une multitude d’endroits glauques, où Van Horn n’est pas le seul personnage à faire son come back… Pile dans la continuité du premier, le scénario donne vraiment l’impression de suivre la première intrigue naturellement, comme si c’était le deuxième épisode d’une série télé et non pas la suite forcée d’un film. Une bonne chose donc, en tout cas pour les joueurs de l’original qui vont retrouver pas mal d’éléments, avoir enfin quelques explications de petits mystères restés en suspend (le coup des oiseaux morts par exemple), et assister à une sérieuse évolution de l’intrigue surnaturelle. Pour ceux qui découvrent Condemned via cette suite par contre (déjà faut être con), le scénario peut se suffire à lui-même mais on passe quand même à côté de pas mal de références et je pense qu’on reste même très probablement sur sa faim. A mon sens c’est plus une véritable suite qu’un jeu qui peut se jouer sans avoir besoin de connaître l’épisode d’avant (comme les Splinter Cell par exemple), ne serait-ce que pour l’empathie bien particulière envers Ethan qui ne sera pas du tout la même si vous découvrez la saga avec ce jeu.

Cachez moi ces flingues que je ne saurais voir

Succession d’endroits super glauques et pesants, sentiment d’oppression, combats au corps à corps bien violents, quelques scripts bien placés, quelques sursauts provoqués, ambiance sonore prenante, I.A. bien foutue, on retrouve les éléments géniaux du premier épisode avec un grand plaisir. Alors évidemment vous qui êtes habitués au premier opus vous ne serez plus autant paniqué à la découverte d’un enculé de junkie qui se cache au coin d’un mur avec un tuyau de canalisation arraché dans les mains, mais ça a toujours son petit effet sur notre façon de jouer, toute en prudence… Enfin en théorie… Oui parce qu’un élément de taille vient gâcher la recette pourtant très efficace et prometteuse de Condemned : Criminal Origins : la présence assez conséquente d’armes à feu. C’est bien simple, on passe la moitié du jeu avec un fusil d’assaut, un pistolet, un fusil à pompe ou une carabine à la main… Là où la grosse rareté des flingues (et de leurs cartouches) de Criminal Origins provoquait en nous un sentiment permanent et assez extrême de prudence, d’oppression, de stress et même de peur, sans oublier le bon gros soulagement à la découverte d’un pouchka rempli de balles…

004-82.jpg005-81.jpg006-81.jpg

Condemned 2 : Bloodshot prend des allures de vulgaire shooter la moitié du temps, où l’on trouve sans mal des cartouches de rechange avec des ennemis en face qui canardent eux aussi, shooter quoi… Pour celui qui découvre la saga avec cette suite il aura sans doute l’impression de ne pas être souvent armé (par rapport aux autre FPS du marché c’est indéniable), pour nous autres on ne peut que tristement constater qu’on l’est deux fois trop. Les sensations de jeu en pâtissent et même si elles reviennent au galop dans l’autre moitié des niveaux où là il n’y a vraiment aucune arme à feu, la saveur générale n’est plus la même. Bordel, qu’est-ce qui est passé par la tête de Monolith ? C’est à cause du développement parallèle de la suite de F.E.A.R. dans les studios ? D’ailleurs il y a carrément tout un niveau de ce Bloodshot qui fait directement penser à F.E.A.R., dans les bureaux etc… c’est assez… troublant, ça m’a laissé un peu amer même, comme un genre de foutage de gueule subit…

J’aime étudier les scènes de crime horrible

Bon, pour autant j’ai quand même apprécié le titre. Moins que le premier vous l’aurez compris, mais hormis ce beau point noir amèrement constaté sur la page précédente, le trip est quand même toujours là, moins atypique mais toujours plus que la moyenne. Sur le plan purement ludique il y a évidemment les améliorations inhérentes aux suites, plus d’interactions, plus d’armes (éclater la gueule de mecs à la boule de bowling ça a son charme), les bastons mains nues ont évoluées avec un système de combo et une parade mieux pensée, tout ça tout ça, cool. Un effort a même été fait pour les phases de relevés d’indices sur les scènes de crime, où l’on participe à un petit QCM ayant pour but de mettre en œuvre notre déduction et qui si justement répondu nous fera obtenir de meilleurs renseignements sur notre marche à suivre auprès de notre contact dans les bureaux de la SCU. Ce n’est pas très poussé et même un peu anecdotique mais le côté enquête est un peu plus présent qu’avant et c’est bien plaisant, au moins.

007-80.jpg008-78.jpg009-75.jpg

Disposant de bien moins de passages cultes que Criminal Origins, il y a tout de même quelques moments mémorables et de bonnes petites idées. Pouvoir jeter des objets à la gueule d’un adversaire notamment… Et Ethan ayant la tremblote typique des alcooliques en manque, viser n’est pas la chose la plus facile à faire, ne vous demandez donc pas à quoi sert la possibilité de boire… M’enfin vu que cette idée sert surtout pour les armes à feu, on s’en serait bien passé (ouais je le garderais en travers de la gorge). Passons le mode multijoueurs vraiment médiocre parce que confus et bourré de bugs (dire que dedans y a quasi pas d’arme à feu en plus, monde cruel) et accordons un petit bon point à l’espèce de mode baston (dans l’esprit des modes survival des jeux de baston classiques justement) disponible en sus du solo et du mode multijoueurs. Et puis tiens pour finir sur une mauvaise note, il y a toujours pas mal de PNJ atteint de clonage (ça passait encore pour le premier mais là merde), les sous titres (très bonne VO) ne s’affichent pas tous en entier, et le passage du « boss » de fin est franchement ridicule.

Difficile d’apprécier à sa juste valeur le scénario de Bloodshot sans avoir joué à Criminal Origins, difficile d’apprécier pleinement l’ambiance générale de Bloodshot en ayant joué à Criminal Origins… Un jeu sympa mais une suite assez décevante bien que disposant de nombreuses améliorations (paradoxe).

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.