Carnet de routes : Coupe du Monde Fifa 2010

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Comme tous les deux ans, EA Sports nous sort son jeu officiel Coupe du Monde/Coupe d’Europe. Comme tous les deux ans, cette politique est montrée du doigt par les fans. Mais avec un Fifa 10 bien trop buggé, l’occasion de remiser Fifa au placard n’est peut-être pas si dénuée de sens que ça.

Au son des vuvuzelas

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L’un des plus gros défaut du jeu, c’est la présence de Domenech !
Jeudi dernier, Electronic Arts nous invitaient au Players, le plus grand bar sportif de la capitale, afin de découvrir Coupe du monde de la Fifa : Afrique du Sud 2010 qui, derrière ce nom à rallonge, se veut être le jeu officiel de la coupe du monde de football (vous ne vous en seriez jamais douté, hein ?!). Tout fan de Fifa que je suis, c’est avec un certain enthousiasme que je franchissais les cinq cents mètres qui me séparaient du lieu de rendez-vous, la musique à fond dans les oreilles et d’un pas d’autant plus décidé qu’il commençait à pleuvoir (Bienvenue à Paris !). Après avoir passé le checkpoint et m’être présenté au nouveau RP, je m’installais donc au bar pour y déguster un petit café, non sans jeter un œil intrigué à la salle en contrebas, pour y découvrir avec plaisir que des versions 360 étaient bien à dispo. Car il faut le savoir, les jeux de foot en général sont trop souvent à mon goût l’apanage de la Playstation 3, et ce qu’il s’agisse des présentations ou des tournois. Le jour où les tournois permettront aux joueurs 360 de participer, la donne ne sera pas la même je peux vous l’assurer ! Bon, je n’ai rien contre la PS3, c’est une chouette machine, mais depuis le temps que vous me connaissez, vous devez savoir que je voue une haine démesurée à la Dualshock, qui pour moi n’est autre qu’une insulte au progrès et au confort du joueur sur cette génération de consoles. Bon bref, il ne s’agissait pas d’une présentation de la manette Kinder Surprise de Sony, donc revenons à nos moutons. Après un deuxième petit café, je me dirigeais donc vers le vestiaire puis pris place sur l’un des sièges censés soutenir nos séants durant la présentation Powerpoint. L’un après l’autre, les deux producteurs des versions HD et Wii du jeu, s’escrimèrent à nous présenter les nouveautés de ce spin-off. Le soleil, la fête, les confettis et les vuvuzelas… pas de souci, on est bien en Afrique (oui, les confettis c’est un symbole africain !). Pour ceux qui l’ignoreraient (honnêtement j’en faisais partie), les vuvuzelas sont des instruments de musique, sortes de cornes de brumes longues et rectilignes produisant un son si particulier qu’il a failli être interdit par la Fifa (Merci Wikipédia).

Plus 1.8 que 1.5

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Les pénos sont super chauds à tirer… ou alors c’est moi qui suis super nul ou qui n’ait super rien compris.
Honnêtement, je m’attendais à tomber sur le même jeu qu’il y a six mois, les bugs en moins si on a de la chance. Force est de constater que j’avais tort. Certes, le fossé qui sépare les deux titres est bien moins grand qu’entre deux « vrais » Fifa, mais les modifications apportées ne semblent pas si anodines que cela. Graphiquement déjà, le jeu a subi une large amélioration des effets d’ombres et de lumières. Il en résulte une modélisation de visages de plus en plus bluffante et une texture de la pelouse plus réaliste, même si celle-ci ne se détériore toujours pas avec l’usage. Outre l’aspect textures en elles-mêmes, le producteur insistait sur le travail de mise en scène, avec des gros plans récurrents sur les supporters dans le stade ou sur le sélectionneur toujours très actif sur le bord du terrain. On est encore loin de l’ambiance d’un NBA 2K, mais il y a du progrès… et puis c’est l’occasion de voir Maradona dans Fifa ; un petit événement en soi. Plus anecdotique, les développeurs ont pensé à tous ceux qui aiment le foot, mais ont peur des manettes et de tous ces boutons, qui les renvoient peut-être à un traumatisme lié à l’adolescence. Du coup, en sus des contrôles habituels bien entendu, le jeu inclus un gameplay simplifié à deux boutons. Ça n’a l’air de rien comme ça, mais pour avoir vécu un tournoi entre potes, à deux contre deux, avec un boulet qui se jetait sur le bouton frappe dès qu’il avait le ballon et quelque soit sa position sur le terrain, je suis convaincu qu’il s’agit d’une bonne idée. Outre ce point peu utile aux passionnés du genre, le gameplay a bel et bien subit quelques améliorations qui nous furent illustrées par des mini-vidéos comparatives entre Fifa 10 et World Cup Fifa. Le point le plus essentiel reste selon moi la physique de balle. A grand renfort de frappes dans toutes les positions possibles, on pouvait constater que la trajectoire de la balle était plus réaliste, plus flottante… une caractéristique régulièrement soulevée par les joueurs et les entraineurs de foot lorsqu’ils parlent des ballons modernes. Quelques nouveaux gestes techniques font également leur apparition, les déviations de la tête, et d’ailleurs les têtes dans leur globalité, sont plus efficaces et il est désormais possible de faire des contrôles orientés, et même des passes, de la poitrine. Enfin, les sessions de tirs au but ont été complètement modifiées, avec un système de jauge prenant en compte la tension du match (plus ou moins forte en fonction de l’enjeu) et la possibilité de s’arrêter dans sa course d’élan pour tromper le gardien. Pour avoir pu m’y essayer… c’est loin d’être évident ! Heureusement, le studio a prévu un mode entrainement, qui ne sera pas un luxe tant ceux-ci m’ont semblé complexes.

La preuve par trois

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Dans l’ensemble, les gardiens m’ont paru mieux gérés par l’I.A.
Une fois la présentation terminée, je me suis donc dirigé vers l’une des bornes 360 pour vérifier par moi-même si toutes ces améliorations citées par le producteur se ressentaient manette en main. Première bonne surprise, le jeu propose 199 sélections nationales… ça nous change de Fifa 10 où il est impossible de jouer avec l’Egypte et autres Cote d’Ivoire. En grand fan de l’équipe allemande et de ses frappeurs fous, je me suis donc lancé dans un petit AllemagneTunisie des familles, jusqu’alors impossible à vivre avec mon presque obsolète Fifa 10, puis deux autres matchs Pays-BasEgypte et FranceIrlande. Niveau sensation, il n’y a guère de changements. Les habitués de Fifa retrouveront bien vite leurs marques, même si en International il m’a semblé plus galérer que dans le même mode de difficulté à la maison. Bon, c’était peut-être aussi l’enjeu qui me rendait nerveux (je calme tout de suite vos envies de bashage : Galérer ne veut pas dire perdre !). J’avoue qu’en trois petits matchs seulement, je n’ai pas eu le loisir de constater de façon claire et précise ces améliorations du jeu de tête, ni réussit à faire une seule passe de la poitrine. Par contre, pour la physique de balle c’est assez flagrant ; même si je n’ai pas osé essayer le mode tir manuel. De cette physique améliorée, il m’a semble observer une meilleure gestion des centres en manuel justement, qui ont souvent tendance à partir trop en retrait dans Fifa. Le jeu de passes très courtes m’a également paru plus précis… et dieu sait que c’est une plaie dans la précédente mouture. Et bien sûr, les gardiens ne sont plus ces crétins congénitaux qui s’avancent jusqu’au point de pénalty pour se manger douze lobs par match. Rien que pour ça, le jeu est indispensable ! D’ailleurs, s’ils semblent plus sérieux sur leurs relances, ils m’ont paru par contre moins efficaces dans les un contre un. Là aussi, ça me semble logique tant il était difficile de prendre à défaut les gardiens dans ce type d’action par le passé (le gri-gri était 100 fois plus efficace que la frappe dans Fifa 10). Ce premier contact était donc concluant et mon enthousiasme matinal ne s’est point assombri. Il y a fort à parier qu’une fois le jeu entre les mains, je ne revienne plus sur Fifa avant son millésime 2011… même si les clubs sont bien évidemment absents de cet opus Coupe du Monde. Après l’interview du producteur, je m’en retournais donc à mes pénates, sous une pluie battante. C’est trempé mais comblé que j’arrivais donc chez moi, pour m’apercevoir que j’avais oublié mon appareil photo au bar (C’est l’effet bar… même quand je ne consomme pas d’alcool, faut toujours que j’oublie un truc). Un aller/retour plus tard (heureusement que j’habite à coté), je m’attelais donc à la traduction de mon interview, en attendant patiemment que l’embargo autour du titre arrive à son terme.

Interview

Interview de Simon Humber, producteur de Coupe du Monde Fifa 10.

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De temps à autres, le cadreur nous offre quelques plans sur des supporters bon enfant… J’ai hâte de voire cette feature dans Fifa 11 au Parc des Princes !
Polygamer : Quelle est l’importance d’un jeu comme celui-ci comparé à un Fifa classique ?
Simon Humber : C’est réellement important. La coupe du monde de football est sans doute l’une des plus grandes compétitions sportives, si ce n’est la plus grande. Donc nous nous devons de faire un jeu qui lui fasse honneur. Vous savez, nous avons deux équipes : L’une travaillant sur le jeu Coupe du Monde et l’autre sur Fifa. Nous nous entraidons bien sûr, mais il y a aussi un peu de rivalité entre nous… chacune voulant être la meilleure. On a donc beaucoup travaillé sur la présentation, la mise en scène et les modes de jeu. Le gameplay, lui, est central. Lorsque Fifa était terminé, nous avons repris le flambeau là où ils s’étaient arrêtés pour l’affiner, et ce que nous faisons aujourd’hui servira par la suite à Fifa 11.
P : L’autre jour, j’ai emmené ma console chez un ami qui n’a pas Internet (oui, ça existe… c’est fou !). Je lui ai mis un but d’anthologie mais n’ai pas pu le sauvegarder car il est impossible de le faire sur disque dur. Pensez-vous que ça puisse être possible un jour ?
SH : Malheureusement pour ce titre, nous nous sommes avant tout concentrés sur les modes de jeu et le gameplay. Il ne sera donc pas possible de sauvegarder ses ralentis sur son disque dur. Mais c’est un point dont nous sommes conscients, donc j’ai bon espoir que cela soit possible prochainement.
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Tiens, voilà mes favoris pour cette coupe du monde… mais j’sais pas qui a osé jouer avec la Hollande en bleu, mais c’est limite de l’ordre du blasphème !
P : A sa sortie, Fifa 10 était buggé de partout, et certains de ces bugs ne sont toujours pas corrigés à l’heure actuelle. Pouvez-vous nous garantir que celui-ci ne sera pas aussi bancal ?
SH : Cette expérience avec Fifa était quelque peu perturbante. On aurait du s’apercevoir de tout ça avant la sortie du jeu pour ne pas avoir à le patcher par la suite. On s’assure donc cette fois-ci que ça ne se reproduise pas. Mais vous savez, le premier jour de la sortie du jeu, le nombre de parties qui sont jouées à travers le monde, c’est juste hallucinant… ça se compte en millions. Donc forcément, les chances de constater ce qui ne va pas sont bien plus nombreuses qu’avec n’importe quelle phase de pré-test. Donc bien sûr, nous travaillons dur pour rendre le jeu aussi clean que possible, mais si c’est un problème que nous n’avons jamais vu, je ne vois pas comment nous pourrions le résoudre.
P : Pour ce jeu, vous avez beaucoup travaillé sur la physique de balle et les ballons flottants. Mais qu’en est-il du vent ? Pourquoi n’est-il jamais pris en compte ?
SH : Je pense que c’est parce qu’il s’agit d’un élément qui n’est pas consistant. L’idée est séduisante bien sûr, mais la réalité ne l’est pas forcément. Si nous incluons le vent au jeu, et qu’il a une incidence sur le gameplay, cela va faire entrer une variable incontrôlable par le joueur qui risque de lui être défavorable. Donc je pense qu’au final, les joueurs pourraient être frustrés par cette gestion du vent. Et puis il faut vraiment que le vent souffle très fort pour qu’il ait une incidence sur le jeu… et ça n’arrive pas si souvent que ça.
P : Vous avez retravaillé les pénalties afin de mettre d’avantage de pression sur les joueurs. Qu’en est-il des coups francs ?
SH : Nous avons rehaussé la difficulté pour les coups francs et corners, qui étaient un peu trop faciles dans Fifa 10. Mais sinon nous n’avons rien changé.
P : Le jeu inclus un mode scénarisé pour les qualifications, basé sur ce qu’il s’est réellement passé durant cette phase. Cela veut-il dire qu’on va pouvoir marquer de la main ?
SH : [Rires] Non, mais pour le match France-Irlande, nous avons inclus un scénario où, en tant qu’équipe d’Irlande, vous reprenez la partie juste après ce but et devez revenir au score.
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