Call of Duty 4 : Modern Warfare, le test non scripté

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Exit la seconde guerre mondiale, c’est désormais sur un champ de bataille contemporain qu’Infinity Ward nous appelle à notre devoir. Entre l’ex-URSS et le Moyen Orient, l’équilibre mondiale repose une fois de plus sur votre habileté à essuyer les balles.

Modern Rengaine

Chez Infinity Ward, il semblerait qu’on ait l’ouïe fine. En effet, depuis quelques mois (voire années), un peu partout les joueurs semblent avoir pris en grippe les jeux basés sur la seconde guerre mondiale. Faut dire que depuis le temps qu’on nous bassine avec cette sombre période de l’histoire, dézinguer du nazi commencent à devenir lassant. Surtout qu’à bien y réfléchir, aucun jeu n’a pour l’instant réussi à retranscrire la véritable horreur de cette guerre. La faute à des éditeurs trop frileux ? Vraisemblablement. Toujours est-il que cette lassitude ambiante arrive à point nommé pour Grant Collier et son équipe, puisque leur dernier bébé, Call of Duty 4, se déroule désormais à notre époque.

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Concrètement, qu’est ce que cela change me direz-vous ? A vrai dire, pas grand-chose. Bien sûr, comme le larron ne se garde pas de le préciser, abandonner la seconde guerre mondiale pour une guerre fictive contemporaine offre beaucoup plus de libertés créatives, tant dans le scénario, les situations, le level design ou même le gameplay. Ça c’est pour ce qui est de la théorie. En pratique, n’espérez pas voir un changement radical dans la série : Call of Duty reste Call of Duty.

Alliance américano-britannique

Dans Call of Duty 4, le conflit a beau être fictif, il n’en reste pas moins plausible. En effet, alternant entre le S.A.S. britannique et les G.I. américains, vous allez devoir contrecarrer les plans terroristes d’un psychopathe russe. Ce dernier, afin de couvrir ses agissements en ex-URSS, soutient un groupuscule terroriste au Moyen Orient, dirigé par un certain Khaled Al Assad. Cependant, contrairement à Call of Duty 2, ici vous ne jouerez pas les campagnes des deux camps alliés l’une après l’autre. En effet, ici les missions vont alterner d’un camp à l’autre tout au long des trois actes qui composent cette campagne.
Cela offre un dépaysement total au joueur, puisque ce dernier passera des plaines ukrainiennes froides et boisées aux villes arabes arides et chaotiques.

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La différence entre les anglais et les américains ne se fera pas uniquement sur les environnements, mais également sur la manière de jouer. Car si la progression des G.I. se fera en imposant sa force de percussion, celle des anglais sera plus subtile et la discrétion sera souvent de mise (Rassurez-vous, il ne s’agit pas d’infiltration non plus). On aura même droit à un flashback vous propulsant quinze années en arrière, non loin de Tchernobyl, dans une mission d’infiltration d’anthologie (de très loin la meilleure du jeu), dépaysante, magnifique, enivrante, stressante, bref culte.

Ctrl C / Ctrl V

Comme à son habitude, Call of Duty n’a pas l’intention de nous laisser respirer une minute et mène son déroulement tambour battant, faisant passer les gros blockbusters du cinéma d’action hollywoodien pour des films d’auteur. Les scripts s’enchaînent toujours par wagons et nous guident dans des missions très linéaires où la seule liberté tient dans la largeur du chemin emprunté. C’est d’autant plus dommage que les objectifs multiples du deuxième volet ont pratiquement disparu de cet épisode ; si bien qu’on n’a désormais pratiquement plus aucun choix dans notre progression.

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A cette progression téléguidée, il faut ajouter un gameplay qui n’a pas évolué d’un iota depuis le deuxième opus. Les mécanismes du jeu restent les mêmes, nous plongeant dans des missions accompagné de dizaines d’alliés, combattants des vagues successives d’ennemis qui ne cesseront qu’une fois que vous aurez trouvé le courage d’avancer. Bien sûr, de par le nouveau contexte historique, de nouvelles possibilités s’offrent aux joueurs (vision nocturne, appui aérien, C-4 ou Claymore), mais rien qui n’ait une once d’originalité. Dès lors, on ne peut s’empêcher de se dire qu’une fois encore, Infinity Ward s’est exclusivement appuyé sur l’effet grand spectacle, plus intense que jamais.

C’est beau la guerre

Petite déception donc, que la série ne se remette pas plus en question autrement que sur le simple background historique. Mais il faut reconnaitre que, là où les précédents épisodes nous offraient une qualité graphique en deçà des possibilités de nos machines, aujourd’hui avec Modern Warfare ce n’est plus le cas. Alors oui, Call of Duty 4 ne tient pas la comparaison avec Crysis, c’est évident. Toujours est-il qu’il est plus qu’agréable esthétiquement parlant : Bourré d’effets techniques impressionnants, de textures soignées et d’un level design maitrisé de bout en bout. Même le character design est parfaitement crédible, nous immergeant d’avantage dans l’univers.

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L’immersion, j’avais omis d’en parler justement. Pourtant il s’agit de la marque de fabrique des Call of Duty ; et une fois encore, cet épisode ne déroge pas à la règle. Le joueur se sent véritablement plongé au cœur de cette guerre, une impression d’ailleurs renforcée par quelques petites cutscenes à la première personne (dont la très dérangeante intro) et par la formidable bande son, musique comme bruitages, qui soigne vos oreilles comme rarement un jeu s’en était soucié. Alors, nous autres petits français pourront regretter quelques petites errances des voix localisées, mais dans l’ensemble c’est tout à fait correct. On se surprendra même à écouter le silence qui précède une bataille, puis à s’extasier devant les cris de douleurs de nos adversaires. Ah, y a pas à dire : C’est beau la guerre !

Du FPS au RPG

Bref, vous l’aurez compris, ce Call of Duty 4 n’a rien de très original. Il ne surprendra pas les habitués de la série, et soyons honnête, il n’arrivera jamais à la cheville des kadors que peuvent être Crysis ou Bioshock. Mais il faut avouer que le principe éculé d’Infinity Ward est toujours efficace, même sur les vieux briscards blasés. La réalisation hollywoodienne nous fait plonger plutôt deux fois qu’une dans cette aventure pourtant vue et revue, et même en restant très critique on oublie tous les innombrables défauts du titre de la série, pour ne se concentrer que sur le plaisir de jeu.
D’autant plus que les heureux squatteurs des parties online (sur PC, 360 et PS3), pourront se consoler de la très courte campagne solo, en s’éclatant sur des parties online pas loin de faire la nique à Halo3, pourtant maître incontesté du genre.

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C’est bien simple, en inculquant des notions RPG à ses parties onlines, Infinity Ward relance l’intérêt de ce type de jeu et innove avec bon nombre de possibilités novatrices (comme l’utilisation de raids aériens pour les fraggeurs en série ou l’ajout de capacités spéciales pour votre avatar). Bien sûr ce système possède quelques failles ; la plus évidente étant le déséquilibre qui pourrait s’opérer entre les joueurs expérimentés, bourrés d’armes et de capacités, face aux néophytes. Mais en nous proposant une bien belle carotte en récompense, l’envie de progresser est bien plus grande que dans n’importe quel autre FPS en ligne. Enfin, reste à savoir quel intérêt peut bien avoir un joueur exclusivement solo de lâcher tant d’argent pour une après-midi de jeu… si intense soit-elle. Ça, c’est un choix qui n’appartient qu’à chacun d’entre nous…

Call of Duty 4 a beau être extrêmement intense, il n’en demeure pas moins trop classique et excessivement court. Heureusement, il reste le jeu en ligne absolument fabuleux. Encore faut-il aimer jouer online…

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