Broken Sword 5, la malédiction du Point & Click

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Les éditeurs étant de plus en plus frileux lorsqu’il s’agit de sortir autre chose qu’un FPS de guerre, c’est vers le crowdfunding que se tournent bon nombre de studios historiques pour contourner ce problème. Ce fut le cas de Revolution, qui a financé ce nouveau Baphomet grâce aux fans.

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Paris, comme l’imagine le touriste américain.
Etant passionné de Point & Click depuis ma plus tendre enfance, c’est avec un profond désarroi que je vois le genre tomber en désuétude depuis des années. Outre les TellTale qui sortent un peu des sentiers battus, non sans sacrifier challenge et mécaniques de jeu au profit des dialogues et choix moraux, guère sont les développeurs qui cherchent à faire avancer le genre, se contentant souvent de faire « comme on faisait avant ». C’est le pénible constat qui s’impose à chaque fois que je joue à un Point & Click récent, de Deponia à Secret Files, en passant malheureusement par ce Broken Sword 5. Pourtant, les promesses étaient nombreuses, à commencer par la réputation de la saga. Alors certes, les deux derniers épisodes des Chevaliers de Baphomet n’étaient franchement pas une réussite, mais rien qui n’ait entaché irrémédiablement l’image de la licence. C’était donc avec une certaine excitation que j’attendais ce titre ; d’autant plus après les nombreux commentaires de Charles Cecil, son créateur, désireux de rendre hommage à ses fans et de nous offrir un jeu aux ambitions cinématographiques. Mais à l’arrivée, est-ce par manque de moyens (les limites du crowdfunding) ou par manque de talent, le résultat escompté est loin des attentes que je pouvais nourrir.

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Parfois, tu te demandes vraiment si ce n’est pas un jeu de Pendulo…
Le premier couac dans le développement du jeu, c’est que les retards accumulés et les promesses faites aux joueurs de revoir Georges et Nico avant cette fin d’année, ont poussé Revolution à scinder leur jeu en deux parties distinctes. Une idée à la con, tant il est frustrant de s’arrêter au moment où l’histoire commence à prendre son envol. Qu’importe, le problème est de toute façon ailleurs, partout même ai-je envie de dire. D’abord, techniquement. C’est même sans doute le plus décevant. Car de ce point de vue, le jeu est totalement à la rue. Certes, les décors peints à la main sont vraiment chouettes et dans le pur style romantique des Chevaliers de Baphomet. Mais les personnages en 3D façon Pendulo s’y incrustent tellement mal qu’on a l’impression d’avoir à faire à du boulot d’amateur. Pourquoi ne pas avoir gardé des personnages en 2D dans ce cas ? Cela aurait été largement plus digeste. D’autant plus que les animations sont elles aussi, loin d’être réussies. On se retrouve alors face à des pantins qui ne ressemblent à rien, plantés là au milieu du décor comme une mouche dans la soupe.

https://youtube.com/watch?v=3jQu1riTcYg

Le Point & Click du noob

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Un russe aux airs de Poutine, copain comme cochons avec Kadhafi.
De plus, lorsqu’on décide de faire un jeu pour les fans et qu’on le crie partout, il faut l’assumer. Or, ici c’est loin d’être le cas. Car, arrêtez-moi si je me trompe, mais le fan, c’est celui qui s’est creusé les méninges pendant des heures, voire des jours, sur les énigmes tordues (parfois trop, même) des précédents épisodes. Pas celui à qui on mâche tout le travail pour éviter qu’il ne reste coincé plus de deux minutes dans un lieu étriqué. C’est bien simple, niveau challenge, c’est le néant absolu. Les interactions sont peu nombreuses et guidées par un pointeur qui se meut automatiquement dans la seule action possible, dès lors qu’il passe sur un élément interactif. On s’ennuie ferme, et on suit alors le déroulé de l’histoire en mode automatique, en cliquant de-ci de-là sur un objet à utiliser ou une porte à ouvrir. Passionnant.

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Nico ressemble plus à une émo goth sur le retour qu’à une journaliste sexy en quête d’aventures.
Heureusement, il reste les dialogues, toujours aussi savoureux et bourré d’humour, pour sauver ce navire en perdition. D’autant plus que les doubleurs d’origine (français comme anglais) sont toujours au casting. C’est donc empreint d’une certaine nostalgie qu’on s’émeut de retrouver la voix sensuelle (mais pas toujours dans le ton) de Nico, et qu’on se délecte de l’accent So Yankee de Georges. Les autres personnages ne sont pas en reste non plus, certains sont d’ailleurs de vieilles connaissances, et quelques-uns même (l’inspecteur Navet en particulier) sont absolument géniaux. Il en va de même pour le scénario, très marqué ésotérisme (comme les précédents opus), assez pauvre en révélations et rebondissements hallucinants, mais suffisamment entouré de mystères pour qu’il soit agréable à suivre. En tout cas, c’est la seule raison qui me poussera à investir dans la deuxième partie à venir, car ce n’est pas pour son côté ludique et l’inspiration divine de ses mécaniques de jeu que je vais dépenser mes modestes deniers… Ça c’est certain.

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