Battlefield: Hardline, comment tuer la poule aux oeufs d’or ?

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A l’instar d’Activision, EA veut alterner les Battlefield entre deux studios de développement. A l’instar d’Activision, ils ont pris une mauvaise décision. Battlefield / Call of Duty, plus que jamais le même combat !

Les Experts Amateurs Miami

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Une belle brochette de vainqueurs…
Historiquement développé par le studio suédois DICE, le développement de Battlefield: Hardline s’est vu confié à Visceral Games, à qui on doit nombre de jeux bien moisis, comme Dead Space (oui, je sais que la plupart d’entre vous l’aime… mais vous avez le droit de ne pas avoir de goût), Army of Two 3 ou Le Parrain. A notez d’ailleurs que ce sont également eux qui bossent actuellement sur le futur Star Wars: Battlefront (ça promet !). L’idée ici est d’instaurer un turnover entre les studios, afin de sortir un Battlefield par an. Et compte tenu de la médiocrité du précédent opus, pas sûr que cette idée soit la plus judicieuse. M’enfin, au moins sur le papier, cela était censé apporter un peu de fraîcheur à une licence plus stagnante encore qu’une mare d’eau croupie. Car avec Hardline, l’éditeur américain nous promettait de transposer l’univers militaro-militaire de la série, en un « Gendarmes vs Voleurs » très en vogue en ce moment (GTA V, PayDay 2, Rainbow Six: Siege, …). Ce titre, c’était également la promesse d’une véritable campagne solo (loin d’être une priorité chez DICE). Dans Hardline donc, on incarne un gentil flic beau gosse et propre sur lui, qui va être lâchement trahi par ses ripoux de coéquipiers, le tout enrobé façon série policière de TF1 (aka montage moisi, histoire pitoyable, acteurs ridicules, situations bateau, dialogues risibles).

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En solo, vous sortirez plus souvent votre plaque que vos flingues.
Bon, tout ça ne casse pas trois pattes à un canard unijambiste, mais qu’importe. Les scénars dans la plupart des FPS, et à fortiori les Battlefield, c’est un peu comme les licornes, le Yeti ou le monstre du Loch Ness : Ils n’existent pas ! D’ailleurs, du moment qu’on se tape des séquences nerveuses et grisantes, on s’en fout un peu du pourquoi du comment on a atterri là. Mais voilà, les séquences nerveuses et grisantes dans Battlefield: Hardline, elles n’existent pas non plus. En lieu et place, on se retrouve face à un ersatz de Far Cry 3, avec des camps à prendre d’assaut, en prenant garde aux alarmes et soldats qui l’occupent. Sauf que là où la licence d’Ubisoft est exigeante et intelligente, celle de Visceral est laxiste et soporifique. Résultat, on approche des ennemis, on les lock avec notre smartphone puis on se balade en menottant chacun d’entre eux (qui ne peuvent donc plus alerter leurs petits copains puisqu’ils sont menottés), en prenant en photo des indices qui apparaissent comme le nez au milieu de la figure de Zlatan (en plus d’être en surbrillance et d’être indiqués sur la mini-map, la manette vibre quand on est à proximité). S’ils voulaient faire un « Mon premier jeu d’infiltration » à destination des 8-10 ans, ils n’auraient pas fait autrement. Bref, mieux vaut y aller à la bourrin si on ne veut pas s’endormir en cours de partie…

Battlefield du pauvre

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Le mode Sauvetage d’Otages est juste une vaste blague
Bon, vous me direz que personne ne joue aux modes solo des Battlefield. Direction le multijoueur donc, où nous attendent des maps gigantesques, évolutives, avec trouzemille véhicules pour nous permettre de les traverser… ou pas. Car en réalité, ce sont surtout des maps minuscules qui vous attendent, avec des modes de jeu en carton : Un mode Sauvetage (d’otages) qui se résume à du Team Deathmatch sans respawn, un mode VIP qui se résume à un rush vers un point d’extraction, un mode Argent Sale qui se résume à un Capture the flag déguisé, un mode Poursuite Infernale qui se résume à tourner en rond en bagnole sur une map plus petite que mon appartement et un mode Braquage qui se résume à un Team Deathmatch bordélique à souhaits. Exit le mode Ruée où le teamplay était plus important que le ratio, exit le Levolution où l’environnement évoluait en fonction de nos actions. On a l’impression que chaque map du jeu a été spécifiquement créée pour un mode et un seul. Et sitôt qu’elle est utilisée dans un autre mode, ça ne fonctionne plus. Un tel niveau d’amateurisme est assez hallucinant pour une licence connue et reconnue exclusivement pour son multijoueur. Bref à peu près tout ce qui faisait le sel de la licence a disparu dans ce titre. Pourquoi avoir appelé ça Battlefield alors ? C’est un mystère…

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Le mode braquage fonctionne pas trop mal sur la map de la banque… pas sur les autres.
Même graphiquement, on est loin des standards imposés par DICE, à tel point qu’on se demande s’il ne manque pas un pack de textures HD à télécharger. C’est pas beau, pas recherché, mal construit. En tout cas, on est bien loin de ce qu’on est en droit d’attendre sur des consoles soit disant nouvelle génération, payées à prix d’or (et je ne parle même pas des PC à 6.000 boules de nos chers ayatollahs PCistes). Seul le code réseau est digne de la série, ou du moins digne de Battlefield 4, puisque l’un comme l’autre sont complètement à côté de la plaque. Bref, j’ai beau chercher, je ne trouve absolument rien de bon à dire sur ce jeu, raté de la première à la dernière ligne de code. Il y a d’ailleurs un phénomène emblématique, qui illustre parfaitement ce naufrage : L’ensemble des joueurs avec qui j’ai l’habitude de me tirer la bourre en ligne, ont déjà pris la décision de revendre leur jeu. Et ce, le lendemain de leur achat ! Vous voilà prévenus… et EA aussi j’espère. Prenez exemple sur Ubisoft et son Rainbow Six: Siege : Pas de solo dans le prochain Battlefield ! Et surtout, évitez de confier vos licences stars à un studio de bras cassés !!

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