Battlefield : Bad Company, les rois du désert

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Oui Battlefield : Bad Company est sorti fin juin, oui on ne poste la chronique que maintenant, oui on est trop des oufs.

(Ne) Soyons (pas du tout) sérieux

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La Bad Company au complet, notez le panneau de signalisation…
La plupart des FPS de guerre ont cette tendance extrêmement nauséabonde à être nationalistes à l’extrême, racistes, façon « les américains sont les meilleurs du monde » ou « les arabes, les russes, les asiatiques c’est tous des terroristes », c’est un fait établi. Call of Duty 4 par exemple est ludiquement génial, mais utilise pour toile de fond des choses vraiment stupides et écoeurantes, très premier degré. Là où Bad Company sort du lot c’est justement de par son second degré omniprésent, même en mettant en scène des soldats américains contre des factions russes (conflit fictif et pas vraiment expliqué d’ailleurs, tant mieux). Si vous connaissez le film Les rois du désert, c’est dans cet esprit qu’est abordé la guerre dans le jeu. On incarne un type, ayant fait quelques conneries dans l’armée, recalé dans la Bad Company, sorte de troupe d’élite à l’envers envoyée comme chair à canon dans diverses missions et composée de deux soldats (un bourrin de service et un geek de service) également recalés, qu’en ont rien à carrer du patriotisme, et d’un sergent qui a accepté de faire le meneur parce qu’il est à quelques jours de la retraite…

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Les éléments du décors volent en éclats mais disparaissent assez vite une fois les débris au sol (sauf pour les arbres).
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Bon alors laquelle je défonce en premier ?
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C’est un Battlefield donc oui il y a pas mal de phases en véhicules.

Ca donne une ambiance assez atypique où l’on s’attache vite à nos comparses, par exemple pendant que le sergent reçoit des instructions à l’oreillette par une intermédiaire dont la voix fait fantasmer l’équipe, les deux bras cassés jouent à papier-ciseaux-cailloux façon je m’en foutisme total. Les phases de jeu sont parsemés de vannes (le doublage est assez bon) entre membres de la petite troupe, on n’hésite pas à s’arrêter dans une maison alentours sous l’influence des copains pour piller ce qu’il y a dedans etc… Vient assez vite une histoire de lingots d’or (Les rois du désert je vous dis) qui va attribuer un objectif un peu plus motivant à nos lascars, assistés ou non de l’armée américaine… Plus

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C’est pas moi chef.
on avance dans l’aventure plus on apprécie l’ambiance, véritable bouffée d’air frais dans un FPS de guerre blockbuster. Et puis sans vouloir intellectualiser quelque chose qui ne l’est pas (c’est pas mon genre), on peut peut-être y voir l’ébauche d’un message anti-guerre qui pourrait donner des idées aux développeurs de jeux vidéo (surtout que même pas deux mois après sa sortie, les ventes du jeu se comptent en millions…).

J’ai tout cassé

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Bon alors je suis à 2 jours de la retraite donc vous fermez vos gueules tous les deux et vous laissez le bleu tout faire. Toutes façons on n’a pas d’I.A. alors.
Je fus conquis par l’ambiance, vous l’aurez compris, ce qui fait déjà beaucoup en faveur du titre. Pour autant malgré un moteur de jeu sympa permettant de tout détruire (des arbres en passant par les murs ou les palissades) et offrant donc de nouvelles possibilités de jeu, il n’en reste pas moins un FPS ludiquement très classique. On circule sur des minis map relativement librement à travers ce qui se transforme vite en course au checkpoint (à la Far Cry Instinct en moins exagéré), les coéquipiers ne servent strictement à rien durant les phases de jeu si ce n’est à lâcher des vannes, l’intelligence artificielle est à chier, on rencontre souvent des petits bugs type clipping, le level design est blindé de lieux communs aberrant typiquement FPS façon grosses caisses en bois et barils explosifs qu’ont rien à foutre dans des décors pareils, les objectifs de missions sont très classiques, lorsqu’on meurt on respawn souvent à perpette mais sans que ça n’ai d’effet sur le jeu en lui-même (autrement dit si on bute un mec puis que l’on meurt juste après => on reprend plus loin et le mec reste mort et nos munitions utilisées…), on arrive en tant que bleu et c’est nous que la team suit d’entrée de jeu… Non vraiment, de ce point de vue là, c’est un FPS de plus, heureusement que le scénario nous fait passer au dessus de tout ça.

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Il n’y a aucun civil, c’est dommage car j’aurais aimé en voir un aux chiottes tout surpris de voir que sa baraque n’a plus de mur.
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Faut pas trop trop m’faire chier moi, comme mec.
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Oui, c’est un méchant. Vous avez deviné ça comment ?

Enfin, j’aimerais revenir encore un peu sur l’ambiance, vraiment chouette. Au-delà du scénario, le son (sauf lorsqu’il baisse bizarrement à l’excès lors des cinématiques) est assez magistral, le bruit des pas, les cliquetis, les tirs, tout est vraiment très bien rendus et DICE semble être un des studios de développement à vouloir vraiment faire évoluer le

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Have fun !
genre à ce sujet (voir Mirror’s Edge…). On apprécie aussi quelques petits détails comme la goupille des grenades en forme de smiley, toujours dans cet esprit humoristique prenant la guerre en jeu vidéo comme une source de fun avant tout. En tout cas je me souviens que DICE avait annoncé, sous les railleries générales, vouloir faire de Battlefield : Bad Company un Battlefield avec une vraie aventure solo, le pari est réussi.

Ok d’un point de vue ludique Bad Company est un FPS ultra classique, mais niveau ambiance on peut enfin se réjouir qu’un jeu de guerre (classé blockbuster qui plus est) mettant en scène des américains soit abordé sans aucun relent patriotique de merde ou racisme à peine masqué, mieux, qu’il soit abordé avec humour, second degré affiché… C’est peut-être le début d’une nouvelle ère…

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