007 First Light, quand Hitman se déguise en agent secret

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Quand un de mes studios préféré reprend la licence 007, ça donne le meilleur James Bond depuis 30 ans, rien que ça.

Le meilleur James Bond depuis GoldenEye

La licence n’en est pas à son coup d’essai dans le monde du jeu mais il faut bien avouer que malgré quelques épisodes réussis, aucun n’aura vraiment marqué les esprits depuis le fameux GoldenEye sur Nintendo 64.

Avec l’arrivée d’IO Interactive, First Light est sans aucun doute le meilleur représentant de la licence depuis maintenant 30 ans.

Suite à un crash d’hélicoptère lors d’une mission militaire, on découvre notre héros au bord de la noyade avant d’en prendre le contrôle pour le sortir des eaux islandaises, grelottant de froid et recherché par des ennemis lourdement armés. Un cache-cache sous haute tension qui nous permet de découvrir toute la panoplie de mouvements de notre James Bond.

Sous les ordres d’un membre du MI6, qui reprend le contrôle de l’opération, James Bond va être embarqué dans un cocktail d’action, de mise en scène bien réalisée et d’explosions avant que l’on se retrouve devant un générique interprété par Lana Del Rey. Une mise en bouche parfaite.

Toujours une bonne idée pour s’en sortir

Un gameplay bien inspiré d’Hitman

On s’en doutait en regardant les vidéos et, vu les développeurs, mais cette scène d’intro confirme tout ce que l’on pouvait imaginer. Éliminations furtives, disctractions, infiltration, IOI est bien à la manœuvre et James a un petit goût de 47. D’ailleurs le moteur Glacier fait des merveilles dans ce début d’aventure et les animations des éliminations sont très réussies ainsi que les scènes plus actions qui concluent ce tuto à coup de QTE sur fond de musique iconique (deux derniers éléments qu’on ne retrouvera quasi plus du jeu d’ailleurs).

La suite… vous êtes recruté par le MI6 qui, malgré votre tempérament, vous lance dans le programme Double Zéro. S’ensuit une multitude de scénettes dans lesquelles on apprend tout le reste du gameplay, simulant les semaines d’entraînement de James. Une idée très cinématographique qui fonctionne à merveille. La découverte de Théia, l’ordinateur quantique au cœur du scénario, puis la rencontre avec Q et un nouveau moment très 007 où l’on découvre les gadgets qui nous accompagneront jusqu’au bout.

Toute ressemblance avec une mission en Allemagne de 47 serait fortuite

À partir de là, vous allez être lancé dans le grand bain.

Une réussite loin du sans-faute

C’est d’ailleurs à ce moment que le jeu perd un peu son rythme. Entre un retour au centre d’entraînement qui traîne en longueur, une première mission de terrain qui va s’avérer être un fiasco avant d’enchaîner sur une « vraie » première mission, elle aussi pleine de rebondissements. Le jeu peine à se lancer et il faut attendre le 10e chapitre pour finalement être pleinement dans l’histoire de First Light.

À partir de là, on est complètement dans un James Bond avec histoire d’espionnage, de complot et des retournements de situations qui suivent les jeux de pouvoir. Les personnages sont très réussis. À commencer par notre Bond de 26 ans, incarné par Patrick Gibson. Séducteur, impulsif, avec un petit problème envers l’autorité, l’acteur excelle dans le rôle et fait totalement oublier les doutes éternels que l’on peut avoir dès qu’une nouvelle figure incarne ce personnage. Mais ce n’est pas le seul. Moneypenny, M, Q, Monroe, Cressila, Isola (la James Bond Girl), ou encore Greenway sont tous très bons. Petit bémol sur les méchants peut-être un cran en dessous niveau charisme mais rien de mauvais non plus.

Autre élément qui souffle le chaud et le froid, le gameplay. Si l’impression de puissance de Bond est bien retranscrite, faisant de lui un bagarreur hors pair, il n’est pas rare de se battre dans des petits périmètres avec une gestion de caméra compliquée pour anticiper notre défense basée sur deux mécaniques essentielles, l’esquive et la parade. Certains combats se transforment alors en purge avec des checkpoints non seulement longs à charger mais parfois mal placés.

Les phases d’action armées s’en tirent finalement mieux. Une fois la prise en main passée, on court, on désarme les ennemis, on récupère leurs armes, on tire avec le mode concentration et on joue avec les décors pour se sortir de situation où les méchants sont largement surreprésentés. Au final, malgré que Bond n’ait pas tout le temps le permis de tuer, on affronte un nombre d’ennemis considérables et on laissera des champs de cadavres derrière nous.

La partie qui s’en sort le mieux reste l’infiltration. Rien de surprenant de la part des développeurs qui reprennent avec succès leur expertise acquise sur Hitman. Les possibilités sont diverses, les chemins se multiplient, les diversions sont légion et on trouve toujours un moyen d’atteindre son objectif de manière discrète. D’ailleurs, le jeu reprend le système de défis d’Hitman pour vous inciter à refaire certaines scènes en utilisant différentes méthodes.

Le dernier point qui me reste un peu en travers de la gorge concerne l’escalade. Pourquoi doit-on encore avoir des bâches bleues ou des peintures omniprésentes pour nous indiquer, comme si nous étions des espions de très mauvaise qualité, par où il est possible de passer. Certains passages sont mieux fléchés qu’une visite chez IKEA et c’est un peu navrant.

Je passe par où ?

007 comme au cinéma

Mais dans l’ensemble on parle de détails car l’ambiance nous emporte complètement dans cette aventure que l’on suit avec grand intérêt. Mes sessions de jeu ont souvent été plus longues que prévu car je n’avais jamais envie de reposer la manette. Toujours une petite scène en plus avant de se rendre compte que ça fait une heure que j’aurai dû arrêter. D’ailleurs j’ai fini le jeu en moins d’une semaine et pas seulement parce que je devais en faire le test. Non, ce Bond est très bon et comme je le disais dès l’introduction, c’est sans aucun doute le meilleur depuis GoldenEye.

Autre point fort agréable, le découpage en petits chapitres (17 au total) nous fait voyager aux quatre coins du monde, Malte, Islande, Londres, Slovaquie, Mauritanie, Vietnam… dans des décors sublimes et variés. L’ambiance est très soignée et que ce soit la première mission de Bond où l’on joue un simple chauffeur, en Jaguar avec une conduite très soignée ou l’arrivée en hors-bord à l’hôtel de luxe au Vietnam, chaque scène bénéficie d’un souci du détail emprunté au cinéma. James enchaîne aussi un véritable défilé de mode (à la manière d’un 47) en fonction de son environnement, sans oublier qu’il en sera de même pour la James Bond girl.

Les tenues (de James) varient et sont toujours au top

Sans révéler l’histoire, on se laisse embarquer jusqu’au bout et même jusqu’au bout des derniers rebondissements avec plaisir dans une expérience bien équilibrée entre action, infiltration et scènes narratives. Une expérience juste, portée par une mise en scène soignée qui manque peut-être un poil de grandiose à la James Bond. Surtout le thème musical est largement sous exploité alors qu’on aimerait l’entendre plus souvent et le laisser nous emporter dans certains passages plus Hollywoodiens.

La fin ne suffit pas

Oui je m’essaie aux titres à la James Bond. Pour ceux qui resteraient sur leur faim malgré une aventure très riche, Io a largement ajouté de quoi faire. J’évoquais plus haut les défis qui accompagnent toute l’histoire. Une fois le jeu terminé, on peut rejouer n’importe quel chapitre (eux-mêmes divisés en 20 points de sauvegarde) pour tenter des approches différentes sur des moments spécifiques afin d’accomplir toute sorte de défis proposés par le jeu.

Mais ce n’est pas tout. On a aussi un mode TacSim, pour simulation tactique, dans lequel on retrouve des contrats « escalade » et des « opérations ». Le principe est simple, dans un lieu dédié, le MI6 testera vos capacités avec des objectifs à remplir et encore des défis à relever.

ENFIN !

On gagne de l’expérience propre à ce mode qui sert à débloquer des armes, des tenues et des gadgets qui augmentent les possibilités in-game de remplir les défis restants. Une progression un poil lente que je trouve frustrante mais de toute façon ce mode est totalement annexe et à le mérite d’être présent pour profiter un peu plus du titre en relevant les défis qui nous amuse. On notera tout de même le soin apporté à ce mode avec tout un décor mis en place qui rend la chose très sympa.

En conclusion

S’il est loin d’être parfait, le James Bond d’IO Interactive est sans aucun doute le meilleur depuis GoldenEye à mes yeux. Mieux, il nous embarque dans une aventure prenante, soignée, avec un gameplay apportant autant de possibilités que de plaisir. Une franche réussite qui fait oublier ses défauts.

 

Jeu testé sur PS5 via à un code fourni par l’éditeur

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