Yedo, pour l’honneur du clan

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Plongée au cœur du Japon féodal, dans ce titre où vous devrez hisser votre clan dans les plus hautes sphères de l’état, afin de vous attirer les faveurs du nouveau Shogun.

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C’est quoi ?

Yedo est un jeu pour deux à cinq joueurs, de Thomas Vande Ginste et Wolf Plancke, édité chez nous par Iello. Les joueurs y incarnent un chef de clan dans le Japon féodal, au cœur de la ville de Yedo, plus connu de nos jours sous le nom de Tokyo. Avec l’arrivée d’un nouveau Shogun à la tête des armées de l’empereur, les cartes de la ville sont redistribuées. Pour entrer dans ses petits papiers et vous faire une place au soleil (levant), vous allez devoir gagner en influence et ne laisser que des miettes à vos rivaux, quitte à ce que pour cela vous vous égariez sur des chemins peu glorieux, comme le vol ou l’assassinat. Après tout, tous les moyens sont bons pour accéder au pouvoir, non ?

Dans la boite

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Lorsque deux adversaires sont sur un même quartier, ils peuvent s’échanger/vendre des cartes…
Grosse boite bien lourde, beaucoup de matos et un plateau de jeu gigantesque, voilà ce qui vous attend avec Yedo. C’est simple, entre le plateau principal et les plateaux individuels, je suis dans l’impossibilité absolue de jouer à plus de deux joueurs sur ma table de salon, pourtant de taille raisonnable. C’est d’autant plus dommage que, selon moi, il n’y a pas vraiment d’intérêt à une aussi grande aire de jeu. Et puis, graphiquement je ne le trouve pas forcément très engageant. Les couleurs sont un peu ternes et je pense que pour représenter le Japon du XVIIème siècle, il y avait plus inspiré. Mais bon, l’essentiel est ailleurs, comme dirait l’autre. Autour de ce plateau, on retrouve un nombre incalculable de cartes (action, bonus, événement, missions de différentes difficultés…), ainsi que quelques tuiles représentant des geishas, des armes ou des annexes pour votre QG (Dojo, Karesansui, etc.). Les disciples de chaque joueur, ainsi que la garde impériale, sont eux représentés par des petits pions de bois, tout comme les marqueurs de score et de tours. Bref, autant que vous le sachiez, la mise en place ne sera pas de tout repos.

Comment on joue ?

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La couleur des cartes vous donne une idée de sa difficulté, des plus faciles (vertes) aux plus compliquées (noires)
Avec toutes ces cartes, ces pions et ces multiples points de règles abordés dans le manuel, on a l’impression que Yedo est un jeu compliqué (d’autant plus que la boite arbore un fier 150 mn de durée de jeu). Pourtant, il n’en est rien. Si vous êtes habitué aux mécaniques des jeux de poses d’ouvriers, vous pourriez presque vous lancer sans lire la règle (d’autant que les tours de jeux sont détaillés sur chaque plateau individuel). Il suffit de lire les pictos pour comprendre l’utilité de tel ou tel quartier. A chaque tour, vous allez donc devoir planifier les déplacements de vos disciples (au nombre de deux au départ, quatre par la suite), tout en anticipant les rondes de la garde impériale qui peuvent être influencées par vos adversaires. De plus, à chaque début de tour, un événement vient pimenter la partie. Parfois il s’avère positif, pour un ou plusieurs joueurs, parfois il peut s’avérer véritablement catastrophique, allant jusqu’à vous faire perdre la moitié de votre fortune, ou encore vos annexes et geishas douloureusement acquises les tours précédents. Le jeu se déroulant en onze tours, il peut s’avérer extrêmement délicat de s’en relever, surtout si ces événements interviennent dans les derniers tours (j’ai, pour exemple, perdu une partie alors que je m’apprêtais à assassiner le shogun – LA mission ultime – à cause d’une maudite carte événement).
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Le quartier du marché vous permet d’acheter des armes
Une fois placés, vos disciples vont vous permettre d’accomplir toutes sortes de tâches (gagner de l’argent, acheter des annexes, recruter d’autres disciples ou des geishas, acheter des armes ou des cartes action/bonus). Toutes n’ont qu’un but et un seul : Acquérir les éléments nécessaires à vos missions. Car pour devenir le clan le plus influent de Yedo, vous ne reculerez devant rien : Opérations militaires, vols, kidnappings et autres exactions en tous genres ; il sera même possible de mettre prématurément fin à la partie en assassinant le Shogun. Toutefois, accomplir ces missions requiert de remplir certaines conditions, généralement d’avoir placé un disciple sur un ou plusieurs lieux, de posséder certaines armes ou certaines annexes, etc. Bien entendu, plus les missions rapportent (argent et/ou points d’influence), plus les conditions s’empilent, rendant alors la tâche bien plus ardue. Il est donc primordial d’avancer dans la partie en jonglant adroitement entre des missions simples et rapides, rapportant généralement de l’argent, et des missions plus compliquées, rapportant d’avantage de points d’influence. C’est dans cette pondération que réside la clé du succès, même si la chance et les coups de putes entre rivaux ne sont jamais bien loin pour venir briser cet équilibre précaire.

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Entre les pions, les tuiles, les cartes, les pistes de scores, de tours et d’enchère, c’est bien le bordel sur la map

Conclusion

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La seule différence entre les clans réside dans leurs couleurs respectives
Plutôt friand des jeux de pose d’ouvriers, c’est tout naturellement que j’ai été séduit par Yedo. J’émettrais toutefois quelques réserves quant au thème, un thème que j’affectionne particulièrement d’ailleurs, pas assez mis en valeur à mon goût. Je trouve un peu dommage également que le décompte final manque à ce point d’importance. En effet, si vous prenez du retard sur la piste de score en cours de partie, ne comptez pas renverser la vapeur avec les bonus de fin… car au mieux, vous ne gagnerez qu’une dizaine de points. Et comme vos adversaires en feront sûrement de même, vous ne rattraperez que trois ou quatre points max (et encore). Du coup, avec mon amie on s’est permis quelques aménagements de règles (4 cartes bonus max au lieu de 2), (1 point par mission rouge ou noire accomplie, ½ pour les missions vertes et jaunes), cela relance quelque peu l’intérêt et le challenge. Malgré ces quelques couacs, le jeu est une franche réussite, notamment grâce aux différentes missions qui vous demandent de jongler constamment entre des objectifs à court et long terme, ou des cartes actions particulièrement cruelles (ou jouissives, tout dépend de quel côté de la carte vous vous trouvez) qui peuvent renverser une situation mal engagée.

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